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Jabotinsky, le sage qui comprend l'histoire

Comment Jabotinsky a prédit la Shoah et la création de l'État, et ce que ce constat nous enseigne sur qui sait lire l'histoire.

7 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Le judaïsme américain et la montée du nazisme, 1 h 13

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Est-ce que vous êtes au courant qu'il y a une mitsva d'étudier l'histoire ? L'histoire juive. Oui, c'est une mitsva, comme il est écrit. Qu'est-ce qu'il a écrit ? C'est un verset. — ça, c'est la mitsva de transmettre. Mais il y a une mitsva d'apprendre l'histoire. Il y a écrit comme ça.

C'est-à-dire qu'il faut se souvenir de ce qui s'est passé. Donc il faut connaître l'histoire. Binou shnot dor vador, c'est Binou lehavin. C'est-à-dire que non seulement il y a une mitsva de connaître les événements, mais il y a une mitsva supplémentaire de les comprendre. Donc, pas seulement savoir ce qui se passe, mais également comprendre. Et le verset continue.

Il est donc écrit qu'il y a une double adresse pour apprendre l'histoire: il faut demander à son père, qui te racontera, et pour comprendre — parce que vous vous rappelez qu'il faut connaître, il faut comprendre — et pour comprendre, il faut demander à un ancien.

Un ancien, c'est un type avec une barbe, un type qui est censé comprendre quoi. Voilà. Moi, ce que je me suis rendu compte, justement, c'est que depuis à peu près une centaine d'années, et un peu moins en fait, en gros depuis une centaine d'années, on ne sait plus très bien qui est le zaken, celui à qui il faut demander d'expliquer l'histoire. Parce qu'on s'est aperçu — je ne sais pas si vous vous en êtes aperçus comme moi — que le fait d'avoir étudié beaucoup de Torah…

…eh bien, ce n'est pas obligatoirement une garantie de comprendre les événements que nous sommes en train de vivre. C'est-à-dire que lorsque le texte dit « il faut comprendre, et pour comprendre, demander à un ancien », qui est l'ancien qu'il faut demander ? Qui, de nos jours, est capable non seulement de te raconter l'histoire, mais de comprendre le sens profond qui se cache derrière l'histoire ? Là, la vérité, je crois qu'on est en train de vivre un grand changement pour savoir qui est le sage, qui est l'ancien.

Je vous donne un exemple. En 1938, il y a un bonhomme qui s'appelait Ze'ev Jabotinsky. Ce garçon a eu de petits problèmes avec les Anglais — on ne va pas rentrer dans le détail ici. Il était interdit de… il ne pouvait plus rester en Israël. Alors qu'est-ce qu'il a fait ? Il a passé les trois années jusqu'à la déclaration de la guerre

à aller de communauté en communauté, en Europe, en faisant des discours alarmistes, mais très précis, en disant: voilà ce qui va vous arriver. Un véritable prophète. Un prophète sans barbe. Un prophète sans kippa. Mais un véritable prophète. Et il disait: attention, c'est ce qui va vous arriver. Et il ajoutait: je sais bien que vous ne me croirez pas.

Il y a par exemple un discours très connu de lui à Varsovie, à Ticha BeAv, à la grande synagogue. On l'a laissé parler. Il a dit: « Je sais que vous n'allez pas comprendre ce que je vous dis, parce que vous êtes pris avec vos petits problèmes, vous ne voyez pas ce que je vois. Mais je vous le dis quand même, parce que je ne peux pas me taire. Le moment est venu de partir. Non seulement je sais ce qui va vous arriver, mais je sais que celui qui aura l'intelligence de partir au bon moment verra de ses yeux

le plus grand accomplissement que connaîtra l'histoire d'Israël depuis la destruction du Temple, c'est-à-dire la résurrection d'un État juif en Terre d'Israël. Moi, personnellement — il a ajouté: moi, personnellement, Ze'ev Jabotinsky, je ne suis pas sûr de pouvoir le voir de mes yeux, mais je sais que mes enfants le verront. » Le pauvre Jabotinsky est mort en 1940. Il n'a pas vu la création de l'État.

Mais au moment où Jabotinsky parlait à Varsovie en 1938, les rabbins de Varsovie — sans vouloir faire de grandes généralisations, bien sûr — ne tenaient pas obligatoirement le même langage. Du coup, qui est celui qui comprend l'histoire de nos jours ? Pas obligatoirement celui qu'on pense. Et quelquefois, pour bien saisir le fond du fond de l'histoire, il faut entendre ce que nous avons de plus profond en nous-mêmes.

Le zekenecha — c'est peut-être pas une personne extérieure avec une grande barbe, mais c'est peut-être le zaken, la sagesse qui se trouve en chacun d'entre nous. Parce qu'au plus profond de l'âme de chaque Juif, il y a une petite voix qui te dit exactement ce qui est en train de se passer. Et c'est cette petite voix qu'il faut écouter. C'est ça, le Zaken et Yom Roulas.

Je suis tellement ému d'être avec vous aujourd'hui — pas parce que je vous ai connus, comme tout le monde ici, de manière virtuelle, par le site, mais parce que vous faites partie, nous faisons partie, de ce grand miracle qui est arrivé à notre peuple, qui a commencé il y a maintenant une centaine d'années, et qui est en train de se réaliser.

C'est la réalisation, mot à mot, des versets, des prophéties. Et quand on sait que c'est ce qu'on est en train de réaliser, la seule question qu'on doit se poser, c'est: pourquoi justement nous ? Pourquoi avons-nous ce privilège que nos grands-parents n'ont pas eu ? C'est une question, c'est un vrai mystère, c'est une question à laquelle je n'ai aucune réponse. Je ne sais pas pourquoi. Mais ce que je sais, en tout cas, c'est que puisque nous avons ce privilège de vivre ce que nous vivons, nous n'avons pas le droit de passer à côté. Nous avons l'obligation de remercier Celui grâce auquel tout cela

est réalisé, et surtout l'obligation d'apporter chacun notre pierre à l'édifice. Le fait que vous n'ayez pas seulement fait votre alya, chacun à des moments différents — certains à peine il y a quelques semaines, d'autres il y a quelques années — mais qu'en plus vous soyez maintenant réunis ici, autour d'un groupe, et ensuite à à Jérusalem, cela veut dire que vous avez compris non seulement qu'on vit un moment particulier et historique, mais qu'en plus il est de notre devoir

non seulement d'assister à ce qui se passe, mais de prendre une part active à notre propre destin, et de contribuer, grâce à cela, grâce à l'abnégation dont nos anciens nous ont donné l'exemple depuis une centaine d'années. Grâce à la mesirout nefech, grâce à l'amour de D.ieu, grâce à la prise de conscience de ce moment particulier que nous sommes en train de vivre, faire en sorte que D.ieu n'ait plus d'autre choix que de nous faire venir le Machiah Tsidkénou, bimhéra béyaménou. Amen !

C'est tout.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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