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Hanouka, le combat intérieur contre l'exil de Yavan

La lumière cachée de Hanouka, venue de l'avenir, et le danger d'un exil qui éteint les yeux d'Israël.

44 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Hanouka, la lumière cachée et le combat contre l'exil grec, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, nous allons traiter de Hanouka en nous fixant sur le secret de la lumière cachée, que nous appelons en hébreu Or HaGanouz, et qui se rapporte à cette fête spéciale de Hanouka. Cette fête tire sa lumière de l'avenir et non pas du passé. Généralement, on a l'habitude de fêter des fêtes qui se sont passées dans le passé, et on commémore ces fêtes.

La fête de Hanouka est une fête qui, effectivement, s'est passée dans l'histoire, mais son énergie vient du futur. C'est-à-dire qu'au moment où on en a le plus besoin, une lumière céleste est descendue, une lumière qui n'est pas encore descendue sur Terre, jusqu'à maintenant, totalement.

Et donc Hakadoch Baroukh Hou nous a fait goûter une lumière qui, dans l'avenir, dans le futur du peuple d'Israël, dans le futur du monde, dans le futur de l'histoire, va apparaître complètement. C'est comme si on avait goûté une lumière qui va apparaître dans le futur, et Hakadoch Baroukh Hou nous a fait descendre une petite goutte de cette lumière pour pouvoir nous sortir de la situation dans laquelle nous étions, dans cette boue, dans cette notion de vase que représente Yavan.

En hébreu, Yavan ne veut pas dire seulement la Grèce. Yavan veut dire la boue. Autrement dit, dans le mot Yavan, dans le mot Grèce, se cache une notion de boue, une notion où l'on rentre, où l'on s'enlise sans comprendre ce qui se passe. Pourquoi ? Parce que, contrairement à tous les exils, l'exil de Grèce était sur notre terre. Nous n'étions pas à l'extérieur de la terre d'Israël. Cela veut dire que cet exil est complexe. Nous sommes apparemment sur notre terre, apparemment dans une plénitude, mais il n'en est rien. Pourquoi ? Parce que nous sommes dominés par un autre peuple, par une autre culture.

On n'a pas la souveraineté sur notre terre. Cela veut dire que les Grecs ne voulaient pas annuler la Torah d'Israël. Au contraire, ils l'ont même traduite en grec. Ils voulaient annuler la souveraineté du peuple d'Israël sur sa terre. Cela veut dire que la notion qui était mise en jeu était une notion politique et pas une notion religieuse. C'est ce que nous rappelons d'ailleurs dans le Hallel.

Pourquoi disons-nous le Hallel le jour de Hanouka ? Justement parce que nous avons été sauvés de la mort vers la vie, c'est-à-dire de la destruction de la souveraineté de ce peuple d'Israël. Lorsque nous avons relevé la tête, le Rambam nous raconte, dans l'histoire de Hanouka, que la royauté est revenue dans le peuple d'Israël pour une période de plus de 200 ans. Il faut donc bien comprendre que le Al HaNissim que nous disons dans la prière, lui aussi, ne traite que de la victoire militaire sur nos ennemis. Il n'est pas question d'un miracle dans le Al HaNissim. On ne rappelle pas du tout le miracle. Cela nous interpelle et nous dit clairement que le miracle d'Hakadoch Baroukh Hou s'est habillé dans notre victoire militaire.

Et pour bien comprendre que cette victoire militaire était elle aussi un miracle d'Hakadoch Baroukh Hou, celui-ci nous a fait une sorte de clin d'œil en nous faisant aussi le miracle de la fiole. Mais le miracle de la fiole vient en second degré. Le premier degré, c'est d'abord la victoire militaire, sans laquelle on ne pouvait pas rentrer dans le Temple. Donc, lorsque nous sommes revenus dans le Temple de Jérusalem après avoir vaincu, on s'est retrouvé avec cette huile que l'on a retrouvée pour allumer cette fameuse fiole, qui a duré plus que le temps voulu.

Il faut donc bien comprendre que cette notion de Hanouka, qui d'ailleurs est au féminin — pourquoi n'appelons-nous pas cette fête Hanor ? Pourquoi Hanouka ? Parce que les sages nous expliquent que Hanouka est de l'ordre de la féminité. Quand on parle de féminité dans la Torah, on parle de dévoilement. C'est-à-dire que pour dévoiler quelque chose, il faut une partie femelle. On ne peut pas dévoiler quelque chose dans une partie mâle. Un homme et une femme: la femme est là pour révéler ce qui se trouve en potentiel chez l'homme. En l'occurrence, un bébé. Le bébé se trouve dans la pensée de l'homme, mais il ne deviendra jamais bébé, sauf s'il passe dans le corps de la femme qui va le développer et l'accoucher.

Chez nos sages, il y a toujours une notion qui se rapporte à la fécondation, au développement et à l'extériorisation de la chose. Hanouka vient nous montrer que ce n'est que lorsqu'on arrive à cette partie féminine que l'on peut se reposer. Hanou, en hébreu, veut dire trouver une place, Hanaya. Hanou, Ka. Ka s'écrit Kaf-Hé. Les deux lettres hébraïques ont la valeur numérique 25, qui représente en réalité la royauté d'Israël. Comme lorsque Abraham a pris son fils pour le sacrifice: il y est écrit « moi et mon fils, nous allons monter jusqu'à un certain degré qui s'appelle kafé », jusqu'à un dévoilement, donc un côté féminin.

À chaque fois que vous rencontrerez le Hé dans la Torah, c'est une notion de dévoilement, donc une notion féminine, une notion qui dévoile la royauté d'Israël, qui elle aussi, bien entendu, est féminine. La royauté d'Israël, c'est le dévoilement du côté masculin, entre guillemets, d'Hakadoch Baroukh Hou. Tout à fait. Elle est intérieure, elle est introvertie, mais elle a une capacité intrinsèque de dévoiler les choses, de les mettre en volume, on va dire. D'accord ?

Et ça, c'est la qualité féminine. D'ailleurs, même chez nous, les hommes, la partie qui nous permet d'extérioriser ce que nous sommes, c'est notre partie féminine. Par exemple, maintenant que je vous parle, c'est ma partie féminine qui est en train d'agir, et ma partie masculine qui est en train de penser. Vous comprenez ? C'est pour cela que la bouche, le dévoilement de la bouche, de la parole qui sort par la bouche, est automatiquement un degré qui est de l'ordre du féminin, car il est dévoilé. Tout ce qui est dévoilé, vous pouvez le mettre égal à femme, égal à féminité. Tout ce qui est potentiel est égal à masculin, égal à homme. Donc homme et femme, c'est potentiel et réalisation. Une idée est masculine, et l'action de cette idée est féminine.

Pourquoi est-il très important de comprendre cela ? Tout simplement pour comprendre de quelle sorte d'exil il s'agit, avec quelle sorte de prison nous avons un contact durant la fête de Hanouka. Pourquoi ? Tout simplement parce que chaque fête juive du calendrier hébraïque vient nous révéler une force négative qui contrarie le peuple d'Israël et ce qu'il doit faire. Vous comprenez ce secret ? Cela veut dire qu'à Hanouka, je dois faire un certain travail, et qu'une force contradictoire va venir, en l'occurrence ici la Grèce, pour étouffer mon processus de dévoilement.

Et tout le secret de la fête, comme de chaque fête — mais maintenant nous parlons de Hanouka —, c'est de savoir combattre l'ennemi potentiel qui se réveille précisément dans cette même fête. Donc ici c'est la Grèce, Yavan, et il s'agit de savoir comment combattre ce degré-là, pour me permettre de gagner, de dévoiler ce que je devais faire. …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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