Hanouka et la fiole d'huile unique du Temple
Pourquoi la fiole retrouvée au Sanctuaire révèle un miracle caché, lié à la réparation de la faute du premier homme.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Hanouka, le sens caché de la fête des lumières, 57 min
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Alors, les Adachem, aujourd'hui nous allons développer un cours exceptionnel concernant Hanouka, puisque nous sommes à la veille de Hanouka. Donc le cours d'aujourd'hui portera sur ce sujet. J'ai apporté devant vous un extrait du livre que j'ai eu la bénédiction d'écrire concernant Hanouka. C'est l'une des pages du livre, qui parle d'une fiole unique.
C'est-à-dire que je reprends le terme que les Sages nous ont laissé dans la Guemara de Chabbat, qui traite du sujet de Hanouka, et j'ai simplement souligné l'élément de la nature la plus profonde qui soit, c'est-à-dire l'expression de nos Sages.
Ils disent que les Sages d'Israël, les Hachmonaïm, lorsqu'ils sont entrés dans le Saint des Saints, dans le Hékhal, ont trouvé une fiole d'huile qui est restée. Donc nous allons essayer aujourd'hui de parler de cette fiole. Ha-téva bé-taharato lifné kishlono: la nature telle que le Créateur l'a créée, avant que cette nature ne tombe et ne perde de son niveau, à cause de la faute du premier homme.
La nature était donc au départ telle que, par rapport à ses frontières, à ses mesures, elle était par nature. Puisque la création du monde est une création de limite, une mise en limite, toute la nature est en fait une mise en limite de l'infini, entre guillemets, qui a créé des limites, qui a créé un ustensile capable de recevoir cette infinité. Ça, c'est la création de la nature.
Cela passe par un terme qui s'appelle Tsimtsoum dans le langage des kabbalistes, c'est-à-dire une contraction. L'infini se contracte pour se dévoiler et permettre à la vie, au monde tel que nous le connaissons aujourd'hui, d'être.
La nature humaine du départ, au moment où cette création de limite a été faite, Yitzmach HaNetzach Shehu Biltikvouli, devait, dans sa vraie nature profonde, nous donner la capacité suivante: bien qu'elle soit dans la limite, bien qu'elle soit dans les mesures, bien qu'elle ne soit pas l'infini lui-même, la limitation nous permet de trouver à l'intérieur de cette nature l'éternité.
J'explique avec d'autres termes. La nature telle que Dieu l'a créée devait pouvoir nous permettre de trouver à l'intérieur de cette nature l'éternité. Ce qui paraît paradoxal: à partir du moment où nous sommes dans un monde naturel, limité, avec des mesures, on ne peut pas concevoir le dévoilement de l'infini. Eh bien, la vraie nature que Dieu a créée nous permettait ce degré-là.
Le problème, c'est qu'il y a maintenant une faute qui s'est installée et qui a perturbé cette machine. La faute du premier homme, sans rentrer dans les détails de la faute elle-même, a créé une conséquence: à partir de ce moment-là, la nature n'a plus cette capacité. On n'arrive plus à trouver d'une manière claire l'infini dont ce monde est issu, alors que c'est ce que HaKadosh Baroukh Hou avait créé et laissé comme possibilité dans ce monde. À partir de la faute, cette capacité a été détériorée, endommagée.
On n'arrive plus à trouver l'infini, le Netzah, l'éternité, dans ce monde de passage, dans ce monde où le temps gère toute l'existence. Nous ne sommes pas là pour approfondir aujourd'hui la faute du premier homme, mais ta question est intéressante. On voit déjà ici que cette faute n'a pas seulement créé une faute privée entre lui et le Créateur, ni même une faute au niveau de la descendance. La conséquence de la faute est beaucoup plus grave: elle nous a bouché l'accès à l'éternité.
À partir du moment où cette faute a été faite, le lien entre le Créateur et les créatures, donc entre le Créateur et la création tout entière, est bouché. Il y a maintenant un écran qui sépare le Créateur de toute sa création. Cela veut dire que la faute a créé un nouvel espace, et qu'il va falloir trouver maintenant une solution pour recréer le lien entre l'infini et nous. Ok ?
Alors je reprends. L'ifné ha-het, c'est-à-dire avant la faute, avant cette déviation, en hébreu ha-het, de la racine ḥ-t-a, dévier, rater, fauter. Avant de fauter, avant de dévier, on pouvait voir, c'est ainsi que HaKadosh Baroukh Hou avait créé le monde, de telle façon qu'on puisse voir l'infini dans le fini. Ce qui nous paraît aujourd'hui incroyable. Aujourd'hui, on arrive tout doucement à ça, puisque même la science trouve, prouve que l'infini se trouve même dans la plus petite matière, très déterminée, très finie: nous ne sommes jamais venus à bout de ces micro-éléments qui se trouvent dans chaque nature, dans chaque objet.
On arrive donc à trouver à l'intérieur de la matière même des notions d'infini et d'espace, ce qui n'était pas possible avant l'époque de la fin des temps. Pour l'instant, je m'adresse à ce qui s'est passé avant, sans compter sur la science d'aujourd'hui qui donne référence aux paroles de la Torah. Et même si elle ne donnait pas de référence aux paroles de la Torah, cela n'aurait rien changé. C'est juste une question de temps: la nature que Dieu a créée sera, dans un temps plus ou moins proche, de toute façon retrouvée par les hommes.
Il y a quelques semaines, quelques mois, une conférence a été donnée, je ne sais plus où dans le monde, concernant par exemple le lever de l'homme de son sommeil. Par une étude très approfondie sur quelque chose qui nous paraît très anodin, elle conclut que lorsque la personne se réveille le matin, elle ne doit pas se lever immédiatement de son lit, mais rester quelques secondes, exactement douze secondes, avant de se lever et de marcher.
Aujourd'hui, ce qu'elle a dit a été accueilli par des applaudissements extraordinaires, par cette chercheuse qui a travaillé pendant des années pour arriver à cette conclusion. L'un des spécialistes présents dans ce forum s'est levé, un Israélien, juif, et lui a dit: la Torah nous a déjà donné ce secret, qui correspond à votre trouvaille d'aujourd'hui. Nous, les juifs, en nous réveillant le matin, récitons la prière Modé ani, qui est composée de douze mots. Chaque mot correspond à peu près à une seconde pour le dire. Donc vos douze secondes sont retrouvées depuis la nuit des temps.
Il prend référence sur la Guemara, qui nous dit que l'homme, lorsqu'il se lève le matin, est beaucoup plus proche de la mort que de la vie, et qu'il ne faut donc pas se lever d'un bond. Nous n'avons pas de peur ni d'angoisse: un jour, la science retrouvera peut-être ce que la Torah nous dit. Malgré tout, il est important de voir les choses et de savoir que la Torah nous donne ici quelque chose de très important.
La faute a donc perturbé cette nature, qui permettait de voir dans le monde matériel l'infini, ce qui était le cas avant la faute. Ke-lomar: Ve-hagadol bétokh hakatan. Aujourd'hui, nous n'avons pas la possibilité de voir le grand dans le petit, c'est-à-dire l'infini dans le fini. Nous sommes à la cinquième ligne, à la fin. Mi-zavit aheret: si nous abordons ce sujet par un autre angle, l'abstrait pouvait être reconnu, retrouvé dans le monde des mesures, dans le monde des frontières.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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