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L'exil, la source purifiée et la lanterne du Mashia'h

Le Rav Kook explique comment l'exil a dispersé la force créative d'Israël, et comment elle renaît avec le retour.

45 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : Orot : la Torah d'Erets Israël et le don prophétique, 48 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, shalom à tous et à toutes, chavoua tov à tous nos auditeurs qui sont là, et à ceux qui veulent étudier le livre Orot. On est dans le troisième paragraphe depuis le début du livre. Je résume ce dont nous avons parlé précédemment: à cause de nos erreurs, nous avons quitté notre pays, nous avons quitté notre terre, mais nous avons quitté en même temps notre force créative. En quittant cette force créative, il est clair que nous n'avons plus été ce que nous avions été pendant longtemps, avec tout ce que nous avons apporté à l'ensemble de l'humanité, mais de façon très spécifique, puisque nous l'avons fait à travers une dimension prophétique.

En partant en exil, cette force créative nous a quittés, et elle est montée très haut pour nous attendre. Pour nous attendre jusqu'à quand ? Jusqu'au moment où nous nous sommes purifiés, où nous nous sommes purifiés de tout ce qui avait malheureusement souillé notre force créative, par les fautes aussi bien individuelles que collectives. Nous avons tous appris que le premier Beth Amikdash a été détruit par trois fautes graves, l'idolâtrie, l'inceste et le crime, et que le deuxième Beth Amikdash a été détruit par la haine gratuite, qui était une faute collective. Il fallait se libérer de cela, il fallait évidemment se purifier de tout cela, et c'est ce que nous avons fait.

Pendant notre long exil, nous avons donc quitté cette force créative qui était nationale, qui était collective, mais qui avait malheureusement reçu l'empreinte de toutes les fautes qui ont marqué l'époque du premier Temple et l'époque du deuxième Temple. Le fait que cette force créative nous ait quittés n'a été que momentané. Nous allons maintenant voir qu'au bout de cet exil, il n'y a plus eu la manifestation de ces fautes-là, celles qui avaient fait que notre source créative avait cessé de donner ses eaux, parce que nous l'avions malheureusement souillée. Et voilà qu'elle s'est purifiée, voilà qu'elle s'est libérée.

Alors je reprends à partir de la phrase « Hamma'ayan ». Est-ce que vous voyez ? « Hamma'ayan »… Yaakov, est-ce que vous pouvez nous présenter la suite du texte du paragraphe ? Voilà, je vais vous indiquer où cela se trouve. Il faut remonter un peu. Voilà, très bien. La dernière ligne de la page précédente. Alors je vous lis le texte: « et il s'entraîne comme quoi. Et les événements de la vie, est-ce que vous nous suivez ? Et les événements de la vie et de la pensée sortent par le sonore général, qui est un bruit dans tout le monde. »

Explication de cette longue phrase que nous venons de lire: la source, qui est notre source créative, a cessé de donner ses eaux. Petit à petit, les eaux se filtrent, et elles ne sont plus imprégnées des fautes qui ont marqué le premier et le deuxième Temple. Les différentes manifestations de vie et de pensée dont nous étions capables apparaissent maintenant à travers quelque chose de beaucoup plus général, de plus en plus universel. Cela n'apparaît plus comme une force créative à l'échelon national, puisque nous sommes dispersés aux quatre coins de la Terre. Nous n'avons donc pas œuvré pendant ces deux mille ans en tant que collectivité, en tant que peuple. Notre force créative, qui était présente en nous, s'est maintenant dispersée dans le monde.

## La dispersion et la force créative

Les Juifs, partout dans le monde entier, ont donné ce qu'ils avaient encore de cette force créative, mais à un niveau extrêmement réduit, et par un canal beaucoup plus universel, général, et non spécifique à Israël. Voilà ce qui nous est arrivé avec notre dispersion. C'est pour cela que le Rav amène maintenant un verset. Le verset est, évidemment, la fin de la première ligne que vous voyez: « Je vous ai dispersés aux quatre coins du ciel. » Voilà où nous en sommes. Nous étions dans cet état pendant ce temps-là, dans notre long exil.

Et l'individu n'a plus eu d'influence sur l'avenir, sur la vie de la collectivité.

Il y a ici un point important. Quand nous vivons en tant que peuple, en tant que nation, chaque individu a une influence énorme sur la vie du peuple, sur la vie de la collectivité dans son ensemble. Mais à partir du moment où nous nous sommes dispersés, l'influence de chacun a énormément diminué. Nous avons tous, évidemment, le souvenir de cette vie communautaire. Mais la vie communautaire était une vie très limitée, et l'ensemble du peuple n'a plus de vie collective. Il n'a plus connu cette force créative collective. Et cela a permis de libérer le peuple de toutes les influences individuelles, qui ont parfois été très fâcheuses.

## L'influence des individus dans l'histoire

Si l'on parcourt l'histoire que nous avons vécue pendant le premier Temple et surtout pendant le deuxième Temple, on s'aperçoit que des individus ont réussi, par leur influence, par leur présence, à avoir une répercussion énorme sur l'ensemble du peuple. Il y a eu des gens qui sont sortis de chez nous, qui sont venus de notre propre peuple, et qui ont créé des systèmes de pensée qui ont malheureusement été très néfastes. Nos sages, par exemple, nous parlent des Sadducéens, ils nous parlent des Bétuséens. Ces hommes-là, qu'on appelait Baïtos, avaient une influence importante sur les courants de pensée qui traversaient le peuple.

Pourquoi ? Parce que, dans le cadre d'une nation, on le constate aujourd'hui à nouveau, les individus qui ont une forte personnalité, les individus qui sont des meneurs, ont une influence énorme sur l'ensemble de la collectivité. Alors que lorsque le peuple se disperse, leur influence cesse de se faire sentir. Nous avons eu très peu de cas de personnes qui ont réussi à attirer l'ensemble du peuple, à conduire l'ensemble du peuple, parce que notre situation d'exil ne le permettait pas. Notre condition d'exil a fait que l'influence de chacun était en fait limitée. Et il y avait à cela une raison positive: empêcher précisément que les individus aient l'influence qu'ils ont eue dans les temps anciens.

Et petit à petit, donc, la source s'est purifiée, comme on l'a dit tout à l'heure.

Deuxième ligne, vers la fin: « Et la source redevient pure. La source retrouve sa pureté, tout ce qu'elle était. » Et alors, elle retrouvait ce qui l'empêchait. Et alors, elle a dépassé la galout complètement, c'est-à-dire qu'elle s'est améliorée. Et l'histoire générale me rappelle d'être négatif quant à mon propre état individuel dans le monde.

## Le sentiment que l'exil devient insupportable

Le Rav nous dit quelque chose d'intéressant: puisque cette source collective s'est tant purifiée, et qu'elle est redevenue limpide, nous arrivons maintenant à une situation où l'exil devient superflu, parce qu'il ne remplit plus de rôle. Il y a ici un hidouch très important, qui nous est donné par le Rav Kook. C'est un enseignement que certains ont peut-être entendu de ce maître extraordinaire qu'était le Rav Yehouda Ashkenazi, surnommé Manitou. Cet enseignement, il le tirait probablement de ce dont nous sommes en train de parler: à un moment donné, alors que …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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