Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le lien de l'âme à la terre d'Israël selon Orot

Comment l'attachement à Erets Israël reste en nous en exil, à travers Ézéchiel, Naomi et les sages de Babylone.

44 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : L'âme, lettres de vie et lumière de la Torah, 43 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chavoua tov à tous et à toutes. On continue avec le paragraphe du chapitre concernant Erets Israël dans le livre Orot. Aujourd'hui, nous allons apprendre qu'il existe une relation intime entre l'homme et le lieu où il se trouve, entre la personne et l'endroit où elle vit.

On a l'habitude de considérer que le sol est partout égal et que le makom, le lieu, n'a pas d'influence sur l'être. Or, nous avons reçu l'enseignement que le makom est quelque chose de déterminant pour la vie de l'homme. Le mot makom vient du mot kiyoum. Nous allons lire la première partie de notre paragraphe.

Le Rav dit la chose suivante: quand on a vécu en Erets Israël, on a intégré quelque chose de kadoch en nous. Et cette force, qui a été intégrée par nous et qui s'est inscrite dans notre âme, continuera d'avoir un effet sur nous, même lorsque, pour une raison ou pour une autre, on est obligé de partir. Que cela ait été fait par erreur ou pour une raison nécessaire, cela ne change rien.

Le Rav nous révèle ici quelque chose: notre être est sensible au lieu où nous vivons, au lieu où nous nous trouvons. Quand on vit en Erets Israël, on intègre en nous quelque chose de particulier à cette terre. Il y a un effet, qui se fait sur notre être.

Et cela va nous accompagner là où nous allons. Nous restons reliés, au plus profond de notre être, par ce que nous avons intégré lorsque nous vivions en Erets Israël.

Au niveau collectif, cela se manifeste de façon évidente. Le peuple d'Israël n'a jamais cessé de se languir de sa terre et de ce qu'il y a vécu. C'est évidemment ce qui a toujours fini par influer sur notre volonté de retour. On veut retourner à quelque chose que l'on a connu, à quelque chose qui est présent en nous et que l'on veut retrouver. On ne veut pas retourner à quelque chose qu'on n'a jamais connu. Imaginez que quelqu'un vous dise: « J'ai envie de retrouver un endroit que je n'ai jamais connu. » Cela n'existe pas. On a envie de retrouver une personne que l'on a connue et un lieu que l'on a connu.

La force d'Erets Israël est de laisser une empreinte sur l'être de la personne, et cette attache continue de se manifester là où l'on est. Le peuple d'Israël, bien qu'il ait été dispersé aux quatre coins du monde, a continué de porter en lui ce souvenir. Ce souvenir était marqué en filigrane dans son être, et là où nous allons, nous continuons de le porter en nous.

C'est vrai au niveau collectif, parce que notre terre est évidemment la terre d'Israël. C'est là que nous avons vécu notre histoire, et nous portons en nous cet attachement à cette terre. Mais c'est vrai aussi au niveau individuel.

Au niveau individuel, cela se manifeste également. Des gens se sont éloignés des rites d'Israël, mais ils portent en eux ce souvenir. Ils restent attachés à cette terre qu'ils ont connue. Parfois, cela se réalise à travers leurs propres enfants: quitter cette terre, puis les enfants veulent y revenir. Ils ont reçu de leurs parents cet attachement.

Et le Rav va mettre cela en relief à travers quelque chose d'autre.

Le Rav va s'appuyer sur ce qui est dit à propos du prophète Ézéchiel. Ézéchiel est un prophète qui se situe au moment de la destruction de Jérusalem, de la destruction du Temple et du départ en exil vers la Babylonie. Ézéchiel accompagne les exilés là où ils se trouvent, en Babylonie.

Il y a quelque chose d'extraordinaire: des prophéties du prophète Ézéchiel ont été révélées alors que le prophète se trouve ici, c'est-à-dire en Babylonie. Or, nous avons un principe: depuis notre entrée en Erets Israël, il n'y a pas de prophétie en dehors d'Erets Israël. Comment se fait-il donc que le prophète Ézéchiel ait pu avoir des révélations prophétiques alors qu'il se trouve en dehors d'Erets Israël, en Babylonie ?

La réponse donnée par nos sages est la suivante: Ézéchiel a commencé sa prophétie en Erets Israël, et sa prophétie s'est prolongée même lorsqu'il était hors d'Erets Israël. Par son âme, le prophète Ézéchiel reste rattaché à Erets Israël, et par son âme, il capte ces messages divins qui, en général, ne se font et n'apparaissent qu'en Erets Israël. Il existe une sorte de tunnel qui relie le prophète, là où il se trouve, en dehors d'Erets Israël, en Babylonie, jusqu'à la terre d'Erets Israël, qui est la terre de la prophétie.

On vient d'avoir la preuve de ce phénomène dont le Rav nous a parlé plus haut: une fois qu'on a intégré cette valeur qui s'appelle Erets Israël, on ne s'en sépare plus, même lorsqu'on est parti très loin.

Vous entendez, par exemple, ce qui est dit à propos de Naomi dans la Méguilat Routh. Vous savez que Naomi est partie au pays de Moab avec son mari Élimélekh et ses deux fils, Mahlon et Kilion. Son départ à elle a été un départ forcé: Naomi n'a pas voulu quitter Erets Israël, elle voulait rester, mais elle a été obligée de suivre son mari, et elle est donc partie au pays de Moab.

On connaît le sort triste qui lui est arrivé: son mari Élimélekh est mort, et ses deux fils, Mahlon et Kilion, sont morts également, punis d'avoir quitté Erets Israël. Et voilà que Naomi revient de Moab en Erets Israël. Qu'est-ce qui l'a marquée ?

Il est écrit qu'elles ont quitté, Naomi et Routh, sa belle-fille, toutes les deux le pays de Moab, jusqu'à ce qu'elles arrivent à Bethléem. Et en entrant à Bethléem, tout d'un coup, on s'aperçoit que Naomi revient. C'est évidemment une grande rumeur qui court dans les rues de Bethléem: comment se fait-il que Naomi revienne à Bethléem ? Parce qu'elle en est partie. Naomi est toujours restée attachée à la ville d'où elle est partie. Lors de son retour, elle est attirée par le lieu où elle a vécu. Elle est profondément liée à ce lieu qui s'appelle Bethléem. Dans son cœur, elle ne l'a jamais quitté. Même lorsqu'elle était au pays de Moab, elle voyait les plaines de Bethléem.

Et vous comprenez pourquoi, finalement, notre retour après 2000 ans en Erets Israël. On aurait pu évidemment se sentir étrangers ici. Pendant 2000 ans, on a quitté la terre d'Erets Israël, on a vagabondé dans le monde entier, on a connu d'autres pays, d'autres terres, d'autres peuples, d'autres civilisations. Et voilà que notre retour en Erets Israël nous fait retrouver ce que nous avions quitté, comme si cela s'était passé hier seulement.

Quand quelqu'un va dans un pays qui lui est étranger, il doit évidemment s'habituer, à tout, parce que tout lui est étranger. Quand le peuple d'Israël revient sur sa terre, le temps de réadaptation est très bref, parce qu'il porte en lui ce sentiment d'attache. Il va retrouver Bethléem comme s'il ne l'avait jamais quittée. Il va retrouver Yerouchalaïm comme s'il ne l'avait jamais quittée. Il va retrouver Chekhem, il va retrouver Hévron, il va retrouver ce …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

Dans la même série

Lecture des premiers chapitres d'Orot du Rav Kook : Erets Israël, l'exil, la guerre et l'identité nationale.

  1. 4
    Le lien à Eretz Yisrael et l'exil selon le Rav Kook
    Pourquoi l'exil a affaibli notre attache à la terre, et comment l'essence de la Torah la rétablit.
    44 min
  2. 5
    La capacité créative nationale d'Israël et l'exil
    Comment le peuple a créé la Bible en la vivant, et pourquoi l'exil réduit cette capacité créative.
    45 min
  3. 6
    L'exil, la source purifiée et la lanterne du Mashia'h
    Le Rav Kook explique comment l'exil a dispersé la force créative d'Israël, et comment elle renaît avec le retour.
    45 min
  4. 7
    Orot : la Torah d'Erets Israël et le don prophétique
    Pourquoi la Torah se reçoit pleinement en Erets Israël, selon le paragraphe Yod-Ghimel d'Orot et le Midrash sur l'or de Havila.
    48 min
  5. 8
    Le lien de l'âme à la terre d'Israël selon Orot
    Comment l'attachement à Erets Israël reste en nous en exil, à travers Ézéchiel, Naomi et les sages de Babylone.
    En cours de lecture
  6. 9
    L'âme, lettres de vie et lumière de la Torah
    Le Rav Kook montre comment les lettres gravées dans l'âme s'éveillent au contact de la Torah et des mitsvot.
    43 min
  7. 10
    Le pectoral du Kohen Gadol et la loi des enfants d'Israël
    Les Ourim Vetoumim, les lettres de l'âme d'Israël et le sens du Mishpat selon les dix paroles.
    37 min
  8. 11
    L'âme d'Israël, flamme permanente et Torah
    Le Rav Kook explique comment la flamme d'Israël se nourrit des mitsvot et s'éclaire dans le monde.
    44 min
  9. 12
    Hamilchama : la guerre comme purification du monde
    Pourquoi les grandes guerres peuvent évacuer le mal accumulé et ouvrir la voie au retour d'Israël.
    43 min
  10. 13
    La guerre comme étape de l'histoire dans Orot
    Le Rav lit la Première Guerre mondiale comme une étape vers le projet divin, avec le sacrifice des justes et la déclaration Balfour.
    23 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav