Korah, les cinq hommes qui ont donné leur nom aux parachiot
Cinq manières de réagir au groupe, et pourquoi Korah suit les explorateurs dans la Torah.
Rav Élie Kling
Ensuite : Myriam, la mort passée inaperçue et le puits de la vie, 8 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Erev tov à toutes et à tous. On est très contents de se retrouver avec le Rav Élie Kling. On espère que tu as réussi ta campagne de dons. On espère aussi que tu as bien bronzé dans le Golan pendant cinq jours, que tu as profité. Et on va t'écouter ce soir sur Korah, ce fameux bonhomme qui a eu le mérite d'avoir une paracha à son nom. Il n'y en a pas beaucoup, hein. Il y a Noa'h, il y a Korah, il y a Yitro.
Allez, Chaye Sarah, on peut passer. — Non, Chaye Sarah, ça compte pas. — Ça compte pas, bon, ok. Bon, en tous les cas, il a quelque chose à nous dire. — Ah, il y en a cinq. C'est quoi, t'es tunisien ce soir ? Il y a cinq, il y a cinq. Il y a Pinhas, il y a… Bilal. — Bilal, oui. Donc, en fait, il y a Noa'h, Yitro, Korah, Balak et Pinhas. — Noa'h. Et d'ailleurs… Et Ha'vol.
— Tu veux nous parler du film, du fil rouge… non, pardon, du fil bleu. — Le Rav… — Ouais, ouais. — Attends, je retrouve le texte. Le texte est envoyé, moi je l'ai plus. — Non, mais c'est des… D'ailleurs, vous savez pourquoi ce sont les cinq seuls qui ont donné leur nom à la paracha ? Quel est le rapport entre les cinq ? Il doit y avoir un rapport, ce n'est pas un hasard quand même. — C'est un hasard, vous pensez, non ? — Ce n'est pas un hasard. Ils représentent quoi, les cinq en question ?
— Tu nous fais le coup des cinq fils de l'Aggada ? — Non, je crois… Il me semble que les cinq en question, ce n'est pas du tout de ça que je veux parler, mais c'est toi qui as commencé. Il me semble que chacun représente une autre manière de gérer le problème qu'il a avec les autres de son groupe. C'est-à-dire, voilà, « Tal Noir », qui est l'indifférent: on lui dit « fais une arche », et il fait une arche.
Mais il va y avoir un Mabboul là, ça va quand même faire un certain dégât. Voilà, on me dit de faire une arche, je fais une arche. Puis il y a Yitro. Lui, il est beaucoup plus à l'écoute. Il entend, Yitro entend quand même, il voit ce qui se passe, ça l'intéresse, il fait l'effort de venir, d'essayer de comprendre. Donc, contrairement à Noa'h, Yitro, c'est le solidaire, en fait.
Ensuite, vous avez celui de notre paracha, Korah. Alors celui-là, Vayikar. Ce n'est pas ve-lo shomea, il n'entend pas, mais il prend. Et « Rachid » prend qui ? Il se prend lui-même. Il suit l'enseignement de Onkelos, qui traduit par… il a fait un parti politique, Vayiflag, Vayiphlag.
Il palège, ça veut dire qu'il s'est mis de côté. Alors lui, par rapport à son groupe, son groupe, en fait, ce sont des gens qu'il peut exploiter à sa seule fin. En fait, la seule chose qui intéresse Korah, c'est Korah lui-même. Vayikar Korah: l'essentiel, c'est qu'il prenne ce qu'il y a à prendre. Donc, il y a l'indifférent, il y a le solidaire, il y a l'égocentrique, donc Korah. Après, il y a Balak. Alors Balak, lui, vayar, il regarde. Il n'entend pas, il ne prend pas.
Lui, il regarde, et ce qu'il voit ne lui plaît pas beaucoup. Et il est un petit peu paranoïaque, il pense qu'il y a un grand danger, il doit se préparer à ça. Donc lui, c'est celui qui se sent menacé par rapport au groupe. Et puis le dernier, c'est Pinhas. Pinhas, c'est celui qui intervient carrément. Il ne laisse pas passer les choses, et il fait ce qu'il avait à faire là-bas. C'est le justicier, quoi. Donc on a vraiment différentes facettes.
Deux personnages, dont chacun réagit différemment face au groupe qu'il a en face de lui. Enfin, là, vous m'entendez quand même ? — Non, mais c'est marrant, parce qu'on te voit plus, mais on t'entend moins bien aussi. Je ne sais pas pourquoi. — T'es d'accord. Alors ? — Bah, je ne sais pas. Attends, attends. J'arrive pas à ouvrir le truc. — Ah, c'est qu'ils ont donné leur nom.
Mais en fait, on va parler de ce qu'on appelle Smikhout Parachiot. Smikhout Parachiot, ça veut dire essayer de comprendre pourquoi tel passage se trouve à côté de tel autre passage.
La vérité, c'est qu'il n'y a pas de date concernant la révolte de Korah. On ne sait pas trop à quel moment ça s'est passé. Ce n'est pas écrit. Il y a des dates, en général, dans les événements de Bamidbar, des dates très précises. On sait ce qui s'est passé la deuxième année, la quarantième année, etc. On connaît même les mois. Mais pour Korah, ce n'est pas écrit. Il y a écrit « Vayikar Korah », et on ne sait pas trop.
La paracha de la semaine précédente, Chela'h Lecha, on sait que c'était la deuxième année, ça, c'est clair. La paracha de la semaine suivante, la quarantième année, entre Chela'h Lecha et Houkat, eh bien toutes les options sont possibles: on peut dire que c'est près de la quarantième année, on peut dire que c'est près de la deuxième année.
On peut dire aussi que c'est quelque part entre les deux, au milieu, etc. Et la vérité, les commentateurs se penchent là-dessus. Celui qui est le plus logique, il me semble, c'est Nachmanide, c'est le Rambam. Le Rambam dit que ça s'est certainement passé juste après les Meraglim. En fait, c'est donc la deuxième année également. Quelle est la preuve du Rambam ?
Alors, lui raconte que Korah est un super bon politicien, comme vous le savez. Les revendications qu'il affiche officiellement, mais les revendications qu'il a vraiment, c'est à propos du fait qu'il n'a pas reçu le poste qu'il voulait. Et il a fait le calcul: son père s'appelle Yitsehar, le deuxième des enfants de Kehat, et il ne comprend pas pourquoi.
Le premier fils de Kehat, Amram, a eu le droit d'avoir deux enfants qui sont tous les deux de grands chefs du peuple: Moshé, d'une part, pour le côté, si vous voulez, politique et le côté enseignement, et Aaron, pour tout le côté service. Son oncle a donc eu le droit d'avoir deux enfants qui sont tous les deux responsables, alors que lui, qui est le fils du suivant, le fils de Yitsehar, n'a rien eu du tout.
Et même être responsable de la tribu de Lévi, ça n'a pas été donné à lui-même, mais au fils du quatrième fils, Ouziel. On a sauté sur lui, donc ça l'énerve énormément. Mais cette frustration-là date de l'époque où l'on a fixé les différentes attributions. Or, ce n'est pas à ce moment-là que Korah a commencé sa révolte, parce que…
Tous les politiciens le savent: l'essentiel, le plus important, c'est le ittouï, c'est-à-dire bien choisir son moment. S'il faut attendre pour ça, eh bien, on attendra. Et Korah, en fait, depuis ce jour-là, il achète tous les jours le …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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