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Le jugement de Kippour : téchouva individuelle ou collective ?

Pourquoi la téchouva personnelle est plus exigeante, et comment la rendre réelle chaque année.

2 h 02

Rav Élie Kling

Ensuite : Kippour, la techouva collective et la techouva individuelle, 5 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Premièrement, reconnaître qu'il y a un problème, que tu as fait quelque chose qu'il ne fallait pas. Quand on se fait pardonner nos fautes, il faut savoir par quels moyens Dieu va décider que nos fautes seront pardonnées. Deuxièmement, regretter. C'est pour cela qu'en réalité on doit avoir une influence sur nos propres sentiments, pour arriver à s'améliorer. C'est ça le but de la téchouva, et c'est ça qui est en train de se jouer. Et ensuite, prendre sur soi de ne pas le refaire. Ma Serret Chabbat nous dit:

Quelqu'un qui est agréable aux créatures de Dieu, aux autres hommes, il est agréable aux yeux de Dieu.

Il y a dans Kippour deux Masloulim, deux voies. Il y a la voie de la téchouva collective et la voie de la téchouva individuelle. Celle qui a le plus de chances de réussir, c'est la téchouva collective. Et les Juifs ont bien compris cela instinctivement, puisqu'ils viennent tous au Beit HaKnesset à Kippour. Si tu restes tout seul à la maison, tu risques de te faire remarquer.

Mais ce n'est peut-être pas le mieux à faire. Si tu viens avec tout le monde, tu es fondu dans la masse, et c'est en tant que peuple que tu demandes la Kapparah.

Ce qu'il faut savoir, c'est que lorsqu'on vous dit Ben Adam, les Khaveros, la priorité, c'est dans les familles. D'abord avec ses parents. D'abord avec ses enfants. Ne pas chercher l'erreur chez l'autre, comme l'a dit le Rav Atal au début. Chercher ce qui ne va pas chez nous.

Alors ce qu'on demande à Kippour, ce n'est pas seulement la Kapparah. On demande aussi la Tahara. On demande de se sentir autre, lavé. Différent. Mieux que ce qu'on était avant de commencer Kippour.

La véritable téchouva, c'est quand moi je vais me regarder dans le miroir et que je me dis: je dois changer des choses chez moi. La téchouva collective du peuple juif ne suffit pas. Il faut une téchouva individuelle. Plus dure, pas évidente, mais la seule qui peut amener à la Tahara. La seule qui peut amener à la Tahara.

Mais la téchouva est possible toute l'année. Toute l'année. Et chaque veille de Roch Hodesh, on peut tout changer. À travers une petite action, rien du tout. À travers une sédaka. À travers le fait de prendre sur soi, de dire les Tehillim, d'arrêter de dire du Lachon Hara.

Et il ne faut pas faire téchouva par crainte. Il y a la téchouva qu'on fait parce qu'on a peur. On a peur de la punition, on a peur de ce que vont dire les autres. La Tahara, la purification, c'est la téchouva, mais par Ahava. Seulement lorsqu'on fait une téchouva par amour.

Donc le fait d'habiter sur la terre d'Israël, c'est la plus grande Ségoula pour la Kapparat Avonot. Mais attention, le Rambam nous dit…

Ça ne suffit pas. Arba Amot, tout le monde, quand il marche Arba Amot, fait une mitsva. Mais celui qui prend sur lui de faire Torah et mitsvot, quand il est en train de marcher sur la terre d'Israël, celui-là, on lui pardonne ses fautes.

Mais à un moment ou à un autre, on se regarde dans la glace, on se dit: « Qu'est-ce que je suis loin ! Qu'est-ce que je suis loin ! Ça me manque ! » Et au moment où l'on se dit « Qu'est-ce que je suis loin, ça me manque », on devient fou, comme mon copain. Et on se met à courir pour essayer de retrouver cette proximité-là.

Et on se demande où elle est, où elle est passée.

Vous pouvez savoir si, à la fin de Kippour, quand le Chofar retentit, chacun de nous peut savoir s'il est arrivé à la Tahara ou non. Si à la fin de Kippour, au moment où le Chofar retentit, vous vous sentez autre, vous vous sentez différent, vous vous sentez pur, vous vous sentez soulagé, vous vous dites: « Ah, quel Kippour j'ai passé ! » Alors là, vous savez que vous avez atteint la Tahara.

Le Maïmonide, le Rambam, a écrit une énorme encyclopédie sur le judaïsme, une très grande encyclopédie, qu'il a appelée le Michné Torah, la deuxième Torah. Nous, on préfère l'appeler Yad HaKhazaka, parce que Michné Torah, ça fait un petit peu prétentieux quand même, « deuxième Torah ».

Yad HaKhazaka, la main forte. Pourquoi l'appelle-t-on Yad HaKhazaka ? Parce qu'il y a 14 volumes dans l'encyclopédie, et Yad, c'est 14. La main forte, Yad HaKhazaka.

Dans cette formidable encyclopédie de Maïmonide, il y a un chapitre entier consacré aux règles relatives à la téchouva. Comment fait-on téchouva ? Et il y a un Rav du siècle précédent, connu, qui habitait aux États-Unis, qui s'appelle le Rav Soloveitchik. Il avait dit que puisqu'il y a 10 chapitres dans Ilkhot Téchouva, et qu'il y a dix jours de téchouva, dix jours de pénitence entre Roch Hachana et Kippour (puisque Roch Hachana, c'est le premier Tichri, et Kippour, c'est le dix), ce serait bien de consacrer chaque jour à l'étude d'un chapitre. Et comme ça, dans les dix jours, on a terminé les dix chapitres d'Ilkhot Téchouva.

C'est ce qu'il faisait chaque année. Il donnait donc des cours dans sa communauté sur les Ilkhot Téchouva du Rambam. Ensuite, ils ont sorti un très joli livre, qui s'appelle Al HaTéchouva du Rav Soloveitchik. Et c'est de là que je vais m'inspirer pour vous faire une petite réflexion sur le début des lois de la téchouva.

Voilà comment Maïmonide commence les lois relatives à la téchouva. Le Rambam dit la chose suivante:

Mi chéhé 'hata oh 'hayav lehitvadot. Quels que soient les mitsvot que vous avez transgressées, qu'elles soient positives ou négatives (positives, ce sont des choses qu'il faut faire; négatives, ce sont des choses qu'on n'a pas le droit de faire), quand quelqu'un a transgressé l'une de ces mitsvot, que ce soit de manière volontaire ou involontaire, eh bien, lorsqu'il fera téchouva, il est obligé de faire ce qu'on appelle un vidouï.

Qu'est-ce que le vidouï ? On le traduit en français par « confession ». Mais vous savez, ce genre de terme, dès que vous le traduisez en français, prend une connotation un petit peu catho, qui n'a rien à voir avec le truc. Dans les confessions, on pense au confessionnal, au curé, tout ça. Ǩhayav lehitvadot, cela veut dire que tu dois sortir avec les mots ce que tu ressens dans ton cœur.

Je ne vous raconte pas ce que les commentateurs posent sur cette manière qu'a Maïmonide d'aborder le thème de la téchouva, parce que la vérité, c'est que ce n'est pas comme ça qu'on devrait commencer les lois concernant la téchouva. Ils auraient dû dire: « Il y a une mitsva de faire téchouva lorsqu'on fauté, et voilà comment on fait la mitsva. » Et on a l'impression que la téchouva est quelque chose d'évident, puisqu'il dit « lorsque quelqu'un fauté et lorsqu'il fera téchouva », comme si c'était évident.

Ǩhayav lehitvadot: la téchouva consiste d'abord à prononcer, à dire ce qui ne va pas. C'est-à-dire que pour faire téchouva, la première chose, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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