Orot HaTechouva, partie 14
Le Rav Kook montre comment la techouva des justes illumine le monde, à travers l'exemple de la nuit d'étude et la tristesse purifiante.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Crainte, désespoir et réparation dans la Techouva, 42 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Il y a tout, il y a tout, il y a tout. Ne t'en fais pas, il y a tout.
Bonjour à tous. J'espère que je ne vous dérange pas trop. Excusez-moi de vous déranger dans vos entretiens importants. Je rappelle à tout le monde de fermer son micro et de ne l'allumer qu'en cas de question. Merci beaucoup.
Chabbat Chalom à tous. Nous continuons donc dans Orot HaTechouva, huitième chapitre, paragraphe Vav. Nous sommes dans le chapitre où le Rav Kook discute de la souffrance liée à la techouva. Faire techouva n'est pas une chose facile, cela entraîne une transformation intérieure, et cette transformation intérieure est analysée par le Rav Kook.
Il s'agit donc ici de la techouva des tsadikim. Je lis au paragraphe Vav: lorsque les tsadikim, les justes, font techouva, que veut dire le fait qu'ils font techouva ? Cela peut vouloir dire qu'ils font techouva pour des péchés qu'ils ont, mais enfin, les péchés des tsadikim sont, de manière générale, infimes, puisque ce sont des tsadikim, par rapport aux péchés des méchants, des rechaïm.
Il y a également une techouva intérieure qui se fait au niveau de l'être. C'est-à-dire que, par exemple, le tsadik sent qu'il n'a pas assez d'adhésion à Dieu, il n'a pas assez d'amour ou pas assez de crainte. Ce ne sont pas forcément des péchés au niveau formel. En tout cas, ils font techouva. Les tsadikim font techouva.
Ce que le Rav Kook va aussi innover, c'est que la techouva du tsadik est utile non pas seulement pour lui, mais qu'elle est également utile pour les autres. Ah bon, comment ?
Ils illuminent, d'une lumière de sainteté, tous les brouillards et les défauts qu'ils trouvent dans leur être. C'est-à-dire qu'ils ont des brouillards. Les tsadikim ont des brouillards dans leur conscience. Ils ont le sentiment d'un manque.
Et quand ils font techouva, ils illuminent ces brouillards. Qu'est-ce que cela veut dire, illuminer les brouillards ? Cela veut dire qu'ils arrivent à découvrir comment transformer l'obscurité en lumière. Ce n'est pas simplement chasser l'obscurité. Par exemple, chez les rechaïm, qui ont de graves péchés, il faut évidemment faire disparaître ces graves péchés. Tandis que chez les tsadikim, les manques qu'ils ont peuvent être transformés
en, disons, quelque chose de gracieux. C'est comme, par exemple, si vous avez un enfant qui fait des grimaces: les grimaces peuvent être considérées également comme des sourires. C'est un peu ça. Donc, ils mettent de la lumière dans les brouillards qui les troublent. Et là, le texte dit: « Véhaétsot shéhem mèkhakhim lé'atsmam », et les conseils, les moyens qu'ils innovent en eux-mêmes pour remonter de la chute et du désespoir qu'ils ressentent dans leur cœur, pour entrer dans la lumière claire de la sainteté et de la droiture suprême, se transforment en grande lumière qui illumine le monde.
Pour cela, je voudrais vous donner un exemple tiré d'un autre domaine, celui de l'étude. On raconte à propos d'un des tsadikim qui a passé toute la nuit à étudier parce qu'il devait élucider un problème de halakha. C'était très compliqué: il a parcouru des livres et des livres, il a beaucoup réfléchi, il a apporté des arguments pour et des arguments contre. À la fin de la nuit,
il arrive enfin à une conclusion qu'il met par écrit. Tout content, il s'en va à la synagogue. À la synagogue, il entend un juif poser à son prochain la question que lui-même avait étudiée toute la nuit. Il dit: « Qu'en penses-tu ? Quelle est la halakha ? » Et l'autre lui répond immédiatement par la conclusion qu'il avait mis une nuit entière à découvrir.
Le tsadik en question est très embêté. Il se dit: « Enfin, j'ai travaillé toute une nuit, et ici, c'est un simple juif qui a réussi tout de suite à trouver la réponse. » Et alors, du ciel, on lui répond: c'est grâce à toi que cela est arrivé au monde. C'est-à-dire que tu as ouvert le canal de la révélation, et maintenant, cela est devenu une évidence pour tout le monde.
C'est un peu la même chose pour la techouva du tsadik. Il y a des innovations de techouva chez certains tsadikim, qui ensuite vont servir au monde entier. Comme on le voit dans le texte que vous n'avez pas devant l'écran, mais que je vais vous lire, puisque maintenant, sur l'écran, c'est aussi possible. Je reprends donc: les recommandations qu'ils innovent pour eux-mêmes,
afin de remonter de la chute et du désespoir qui est dans leur cœur pour entrer dans la lumière claire de la sainteté et de la droiture supérieure, ces conseils, ces cheminements deviennent de grandes lumières qui illuminent le monde.
Je pense qu'ici, entre autres, le Rav Kook a dû penser à Rabbi Nahman de Breslev, qui ressentait souvent une chute intérieure et qui inventait, si vous voulez, des moyens de sortir de l'obscurité vers la lumière. Et par la suite, ce sont devenus les Likouté Etsot, ce sont devenus les recueils de recommandations de Rabbi Nahman de Breslev, qui sont devenus des lumières pour le monde entier.
Et tout celui qui ressent en lui-même la profondeur de la consolation que donne la techouva, et l'amertume qu'on ressent dans sa pensée parce qu'il faut réparer ses défauts, que ce soient les défauts qu'on arrive déjà à réparer, et même s'il s'agit également des défauts que l'on n'a pas encore réussi à surmonter,
celui-là espère pour eux la miséricorde. Il faut simplement qu'il s'inclue dans le cadre des tsadikim, dont les pensées font renaître le monde d'une nouvelle lumière.
On peut comprendre cette dernière phrase du Rav Kook de deux manières. Soit cela veut dire que celui qui fait techouva doit compter sur les tsadikim qui ont déjà fait techouva pour lui. Mais je pense qu'il y a ici autre chose. Même quelqu'un qui n'est pas un grand tsadik, quand il ressent une certaine souffrance de la techouva, peut se dire qu'il est en train d'inventer un remède de techouva, et que ce remède servira aux autres par la suite. Que ce soit un remède qui a déjà réussi ou un remède qui n'a pas encore réussi.
Le fait même de souffrir des insuffisances qu'on a en soi, c'est déjà creuser une route, c'est déjà former un chemin qui va permettre aux autres de faire ces choses.
Indépendamment de cela, il y a ici deux questions sur le texte, je ne vais quand même pas les laisser tomber.
Qu'est-ce qu'un tsadik, tout d'abord ? Un tsadik, c'est quelqu'un qui fait le bien et qui ne fait pas le mal. C'est ça, la définition du tsadik.
— Rien à voir avec la Torah ? Avec les mitsvot ?
Une seconde. Je crois avoir donné une définition assez claire: le tsadik est celui qui fait le bien et qui ne fait pas le mal. Ce qui reste à définir, c'est: qu'est-ce que le bien et le mal ? Le bien et le mal se définissent en fonction de l'état de conscience de chacun. Si quelqu'un sait l'importance des mitsvot, alors pour lui, le bien et le mal sont définis, entre autres, …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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