Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le pectoral du Kohen Gadol et la loi des enfants d'Israël

Les Ourim Vetoumim, les lettres de l'âme d'Israël et le sens du Mishpat selon les dix paroles.

37 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : L'âme d'Israël, flamme permanente et Torah, 44 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on va étudier aujourd'hui les cinq dernières lignes de ce paragraphe. Vous voyez, il y a marqué Hamishpat, les deux tiers, exactement, Hamishpat.

Alors on va expliquer de quoi il s'agit: du fait que notre âme est pleine de lettres, et que ces lettres vont s'illuminer, vont éclairer, quand notre âme va rencontrer ce qui lui convient, évidemment, c'est-à-dire la Torah, c'est-à-dire les mitsvot, c'est-à-dire en fait la lumière divine qui a été intégrée dans la Torah et les mitsvot, qui n'est que mitsva.

Maintenant, dans le cadre de toutes les institutions, il y avait une institution particulière, qui était le Kohen Gadol. Le Kohen Gadol, le grand prêtre, devait porter sur sa poitrine un pectoral. Sur ce pectoral, il y avait des pierres précieuses, sur lesquelles étaient gravés les noms de toutes les tribus, d'Avraham, Yitshak, Yaakov et de toutes les tribus.

À quoi cela servait ? C'était un des habits du Kohen Gadol, et on appelait ça les Ourim VeToumim. Ourim vient du mot or, du mot lumière. C'était quelque chose de très particulier.

Quand on avait une question grave à poser, qui concernait soit la Torah, soit la marche que le roi devait suivre par exemple, il pouvait s'adresser au Kohen Gadol, et le Kohen Gadol, en priant, recevait la réponse par l'intermédiaire des lettres qui commençaient à s'illuminer. Ces lettres étaient gravées sur les pierres précieuses du pectoral que le Kohen Gadol portait sur sa poitrine. Et avec la possibilité de rassembler toutes ces lettres et de les lire convenablement, le Kohen Gadol pouvait donner réponse à celui qui s'adressait à lui, une solution à des questions qui, en général, étaient d'ordre national.

Donc, en fait, le Kohen Gadol, sur sa poitrine, dans le cadre des huit vêtements qu'il portait, avait un vêtement qui servait à refléter la collectivité d'Israël. Comme je le disais tout à l'heure, sur ce pectoral, chaque tribu avait une lettre, et il y avait en plus gravés les noms des patriarches. Et on avait suffisamment de lettres pour avoir la réponse qui devait être donnée.

Alors, qu'est-ce que ça vient nous indiquer ? En fait, le Kohen Gadol porte sur sa poitrine, on peut dire, l'âme d'Israël. Et ça rejoint ce dont on a parlé les fois précédentes: sur l'âme de chacun de nous, sur l'âme de chaque personne, il y a des lettres, des lettres qui sont les signes des lumières qui sont présentes sur notre âme, qui sont canalisées jusqu'à notre âme.

Ces lumières-là, évidemment, elles vont nous inonder de lueurs, elles vont nous inonder de la présence divine en nous-mêmes, ce que l'on pourrait appeler l'image de Dieu qui, à travers ces lettres-là, vont nous donner notre caractère, notre caractère particulier, notre caractère qui fait que chacun de nous porte en lui une personnalité, porte en lui une mission. Et évidemment, il y a aussi un cadre collectif à la mission de cette âme.

Il n'y a pas seulement un cadre individuel, il y a aussi un cadre collectif. C'est pour ça que le Kohen Gadol portait ce pectoral sur sa poitrine, parce qu'à travers ces lettres-là, toutes les facettes de l'identité d'Israël se révélaient, apparaissaient. Et quand on avait des questions à poser, des questions qui concernaient l'avenir du peuple, par exemple les rois s'en servaient pour savoir s'ils avaient l'approbation divine pour faire la guerre, pour être sûrs que la guerre serait accompagnée d'une présence divine, alors ils s'adressaient aux Ourim VeToumim.

Donc, quand on arrive à ce niveau-là, au niveau du Kohen Gadol, on se hisse à la dimension de l'âme de l'ensemble de la collectivité d'Israël. Le peuple d'Israël tout entier, en tant que peuple, a une âme. Et cette âme, c'est toute la Torah, ce sont toutes les lettres de la Torah. Et c'est pour ça qu'on venait s'adresser au Kohen Gadol, non pas en général pour des questions à un niveau individuel, mais à un niveau collectif. Le but du Kohen Gadol, évidemment, est de représenter le peuple tout entier devant Dieu, devant le Créateur.

Alors, ce qu'il portait sur sa poitrine s'appelle Mishpat Bné Yisraël, c'est-à-dire la loi des enfants d'Israël. Pourquoi est-ce qu'on appelle ça le Mishpat ? Parce que le Rav veut nous expliquer l'importance précisément de ce qu'est le Mishpat, ce que l'on pourrait appeler la justice.

En général, quand on parle du caractère du fait que chaque peuple doit avoir un système judiciaire, le but de tout ce qui concerne la justice est de faire que les hommes puissent vivre ensemble, en société. Et c'est pour ça qu'il y a des règles qui font que chacun profite d'une liberté, mais que chacun est tenu de respecter la liberté de l'autre. On essaie de trouver un compromis entre les besoins de la collectivité, la liberté de l'individu, les nécessités de la vie en collectivité, et en même temps la volonté de chacun de mener sa vie telle qu'il l'entend.

Or, le Mishpat, c'est-à-dire tout le système qui fait que la Torah a une place importante, énorme, dans le cadre de la Torah, c'est tout ce qui concerne la justice à rendre. Parce qu'à travers les lois de la Torah, on découvre comment Dieu veut que la société des individus soit régie. Non pas seulement pour permettre un équilibre entre les besoins de la société et la volonté de liberté de l'individu, mais beaucoup plus: à travers le Mishpat, on peut faire apparaître ce que Dieu attend de voir dans son monde.

Quelles sont les règles qui vont permettre de faire apparaître quelque chose de divin dans le quotidien, dans le cadre d'une vie qui semble a priori seulement profane ? Quand quelqu'un cause un préjudice à l'autre, c'est une formalité que celui qui a causé le préjudice s'acquitte de son devoir et dédommage l'autre du préjudice qu'il lui a occasionné ? Au niveau de la Torah, c'est quelque chose de beaucoup plus important.

Alors, voilà, c'est une belle question: comment se fait-il que ça soit lié au Mishpat ? Parce que le Mishpat, c'est la capacité de faire apparaître quelque chose d'unifié à travers toute la gamme des occasions de vie qui se présentent sur Terre. La grande difficulté, c'est que quand on parle d'une origine divine de la vie, on parle de quelque chose qui est unique, de quelque chose qui est harmonieux, de quelque chose qui fait... Étant donné qu'un seul Dieu est à l'origine de tout, on arrivera à trouver quelque chose qui surmontera toutes les contradictions, tous les paradoxes.

On sait que quand les hommes essayent de mettre au point une vie selon une théorie, une idéologie, on rencontrera toujours des paradoxes, on rencontrera toujours des contradictions. Il y a dans le cadre du système judiciaire beaucoup de questions qui se posent. Par exemple: est-ce qu'on a le droit de se défendre en tuant l'autre alors qu'il n'a pas encore porté atteinte à votre propre vie ? C'est-à-dire que quand tu te sens menacé, tu as le droit de te défendre, même au prix de la vie de l'autre, alors que ta vie est restée saine et sauve. Dans certains systèmes judiciaires, ça paraît insupportable que tu …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

Dans la même série

Lecture des premiers chapitres d'Orot du Rav Kook : Erets Israël, l'exil, la guerre et l'identité nationale.

  1. 6
    L'exil, la source purifiée et la lanterne du Mashia'h
    Le Rav Kook explique comment l'exil a dispersé la force créative d'Israël, et comment elle renaît avec le retour.
    45 min
  2. 7
    Orot : la Torah d'Erets Israël et le don prophétique
    Pourquoi la Torah se reçoit pleinement en Erets Israël, selon le paragraphe Yod-Ghimel d'Orot et le Midrash sur l'or de Havila.
    48 min
  3. 8
    Le lien de l'âme à la terre d'Israël selon Orot
    Comment l'attachement à Erets Israël reste en nous en exil, à travers Ézéchiel, Naomi et les sages de Babylone.
    44 min
  4. 9
    L'âme, lettres de vie et lumière de la Torah
    Le Rav Kook montre comment les lettres gravées dans l'âme s'éveillent au contact de la Torah et des mitsvot.
    43 min
  5. 10
    Le pectoral du Kohen Gadol et la loi des enfants d'Israël
    Les Ourim Vetoumim, les lettres de l'âme d'Israël et le sens du Mishpat selon les dix paroles.
    En cours de lecture
  6. 11
    L'âme d'Israël, flamme permanente et Torah
    Le Rav Kook explique comment la flamme d'Israël se nourrit des mitsvot et s'éclaire dans le monde.
    44 min
  7. 12
    Hamilchama : la guerre comme purification du monde
    Pourquoi les grandes guerres peuvent évacuer le mal accumulé et ouvrir la voie au retour d'Israël.
    43 min
  8. 13
    La guerre comme étape de l'histoire dans Orot
    Le Rav lit la Première Guerre mondiale comme une étape vers le projet divin, avec le sacrifice des justes et la déclaration Balfour.
    23 min
  9. 14
    Baal Milchamot, le Maître des guerres et la lumière nouvelle
    Le Rav explique la bracha de Yotzer Or : Dieu sème les épreuves pour faire lever les délivrances et la rédemption.
    45 min
  10. 15
    Guerre et grandeur d'âme chez les héros de la Bible
    Comment le Rav Kook explique que les grands hommes de la Bible mènent des guerres sans renoncer à leur élévation morale.
    47 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav