Le Rambam et les cinq catégories de la loi orale
Comment le Rambam range les lois de la Torah orale en cinq degrés, du reçu à Moshe jusqu'aux takanot.
Rav Raphaël Kohane
Ensuite : Le Rambam sur la transmission de la Torah orale et les marloquettes, 57 min
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Chalom, chalom, Raza koubaro, Raza koubaro, chavoua tov à toutes, chavoua tov à tous. Et sans transition, on continue dans notre livre du Rambam. Je vous fais tout de suite un partage d'écran. Voilà. La semaine dernière, on avait vu que le Rambam divise en fait toutes les halakhot, c'est-à-dire toutes les lois de la Torah, en cinq parties.
Et il va nous faire lui-même un résumé de ce qu'on a vu la semaine dernière. Autant le lire dans ses mots à lui, c'est ce qui est marqué là en gras. On voit que tous les dinim, donc toutes les halakhot, toutes les lois qui sont dans la Mishna, c'est-à-dire dans toute la Torah orale qui a été reçue et transmise depuis Moché jusqu'à Rabbi Yehouda Hanassi, Rabbénou Hakadoch, sont donc en cinq parties.
La première partie, c'est celle que Moché a reçue, et il y a quand même une allusion dans la Torah écrite, ou au moins on peut l'apprendre par une des clés, une des midot d'apprentissage de la Torah écrite. Ça, c'est la première partie. Par exemple, le hétrog. Comment sait-on que, lorsque la Torah parle du fruit qu'on doit prendre à Souccot, c'est bien le hétrog ? Eh bien, il y a une allusion. C'est une halakha que Moché a reçue directement: on lui a dit que le fruit qu'il faut prendre, c'est le hétrog et pas un autre fruit. Mais il y a quand même une allusion dans la Torah écrite.
La deuxième partie, c'est le même principe: c'est une halakha que Hachem a donnée à Moché directement, mais sans qu'il y ait d'allusion dans la Torah écrite. Ça veut dire que c'est comme ça, et c'est tout. Il n'y a pas forcément, on va dire, de valeur dévoilée de cette halakha. C'est quelque chose qui est purement oral.
La troisième partie, elle, est totalement à l'oral. Elle n'a pas été reçue de manière claire par Moché. Ce sont les hachamim de chaque génération qui ont réfléchi et qui sont arrivés à telle conclusion. Et par contre, il y a eu entre les deux une mahloket: certains pensent que c'est comme ça, certains pensent que c'est comme ça, et on décide selon la majorité.
La quatrième partie, ce sont les guezerot, c'est-à-dire aussi les hachamim des générations qui vont faire une barrière autour de certaines lois selon leur vision, c'est-à-dire selon ce qu'ils voient dans la réalité. S'ils voient que le peuple a du mal avec telle halakha, ils vont faire une barrière aussi. Eux-mêmes pensent que c'est ça qu'il fallait faire depuis le début. Ça, ce sont les barrières, donc les guezerot, ou même les takanot.
Alors, takanot, c'est ce qu'on rajoute en plus. Ce n'est pas une barrière pour protéger une halakha, ce sont, on va dire, des halakhot en plus qui vont, selon les hachamim de ces générations, dans le sens de la Torah. On peut voir en réalité que ça va crescendo, pratiquement. C'est-à-dire que c'est de plus en plus de la Torah orale, on pourrait dire, c'est de plus en plus entre les mains de l'homme. Puisque la première partie, c'est une halakha donnée à Moché, mais il y a quand même un dévoilement dans la Torah écrite. La deuxième partie est totalement à l'oral, mais elle est quand même reçue de Hachem à Moché. La troisième partie, on fait déjà marcher notre intellect pour savoir ce qui est marqué, ce que ça veut dire, etc.
La quatrième et la cinquième partie, c'est vraiment, quelque part, on invente quelque chose qui n'est pas marqué, parce qu'on pense que ça va dans le sens de la Torah.
Alors, la semaine dernière, on m'a demandé à la fin du cours, je crois que c'était Yourtevet qui m'a demandé: Hanouka et Pourim, dans quelle partie ça rentre ? Et sans tellement réfléchir, j'ai dit que ça rentrait dans la partie 3. Et je pense que c'est une erreur, ça ne rentre pas dans la partie 3 du tout. La partie 3, ce sont des mahloketot qu'il y a eu entre des hachamim sur l'intention de l'écrit. Et ce n'est pas du tout ça pour Hanouka et Pourim. Hanouka et Pourim, ce sont des fêtes, des événements historiques dont les hachamim de ces époques ont décidé d'instaurer ça comme fête pour toutes les générations.
Donc, en vérité, a priori, je pense que ça rentre plutôt dans la partie 5, c'est-à-dire les takanot, des institutions de sages, de générations, qui vont dans le sens de la Torah. Ça, je pense que c'est ça, Hanouka et Pourim.
On continue dans les mots du Rambam. Et là, le Rambam va poser la question: pourquoi, je vous rappelle qu'on est dans l'écriture de la Mishna par Rabbi Yehouda Hanassi, pourquoi est-ce que, lorsque Rabbi Yehouda Hanassi écrit la Mishna, il va mettre les mahloketot ? Je crois que ça a coupé un peu. Pourquoi est-ce qu'il va mettre les mahloketot, c'est-à-dire que lorsqu'il y a eu une discorde, une controverse entre deux hachamim, ils n'étaient pas d'accord sur telle halakha, et il y en a un qui a dit
permis, l'autre qui a dit interdit, et puis on a tranché, on a dit que c'était permis. Très bien. Mais alors, pourquoi, dans la Mishna, ramener l'opinion de celui qui n'est pas la halakha ? C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de lui, puisqu'il a dit ce qu'il voulait dire. On a présenté ça devant le Beth Din, ils ont voté. Donc, pourquoi, malgré tout, ramener les mahloketot dans la Mishna ?
Parce que si vous ouvrez un livre de Mishna, vous verrez que ce n'est pas dit de manière consensuelle. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement « la halakha est comme ça », etc. Il y a plutôt marqué: « Rabbi Akiva dit comme ça, mais les sages disent autrement », différemment. Ils marquent les mahloketot. Et donc, ce que pose comme question le Rambam, c'est: pourquoi ?
Et il va donner à ça trois raisons. Ce sont les trois paragraphes qu'on a devant nous. Donc, la raison pour laquelle il a marqué les mahloketot, c'est telle que je vais l'expliquer.
Donc, il dit comme ça. En fait, il fait un raisonnement, entre guillemets, par l'absurde. C'est-à-dire que si Rabbi Yehouda Hanassi, le compilateur de la Mishna, n'avait pas écrit les mahloketot dans la Mishna, il y aurait eu un danger. Quel danger ? Il écrit que la halakha, c'est-à-dire là où tout le monde est d'accord, qu'il faut faire comme ça. Seulement, je vous rappelle qu'on commence une période de galout juste après l'écriture, même pendant l'écriture de la Mishna. Donc on va dire que le peuple juif est dispersé, et que la tradition, elle aussi, est dispersée. Et imaginez-vous que quelqu'un a reçu, on va dire comme ça, il y avait une mahloket entre Rabbi Meïr et Rabbi Akiva, mais on a voté comme Rabbi Akiva. Justement, Rabbi Meïr avait des élèves.
Et donc, imaginez-vous qu'un élève de Rabbi Meïr continue à transmettre ce que son maître lui a transmis, mais sans savoir que la halakha était comme Rabbi Akiva. Et donc, …
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Ce cours fait aussi partie des séries « Introduction au Rambam (Rav Raphaël Kohane, 2020-2021) », « Toutes les vidéos d'Orot veKelim ».
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