Hanouka, la lumière cachée et le combat contre l'exil grec
Le 25 Kislev, la lumière cachée réapparaît, et l'exil grec veut vider la Torah de sa neshama.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Hanouka et la fiole d'huile : la neshama d'Israël, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Notre cours traite donc de la fête de Hanouka. Nous avons rappelé la fois dernière que le midrach nous enseigne que le deuxième verset de la Torah, Véhaarets haïta tohou vavohou vé'hochekh al pnei tehom, traverse en filigrane tous les exils que le peuple d'Israël connaîtra au cours de son histoire. Et l'un des termes qui apparaît dans ce deuxième verset, c'est Hochekh, les ténèbres. Nous avons expliqué, par la bouche de Rabbi Shimon ben Lakish, que Hochekh représente la Grèce, l'exil grec, lorsque cet exil a lieu sur la terre d'Israël, en laissant le Temple de Jérusalem, en essayant d'une manière vicieuse d'annuler le contrôle d'Israël sur sa terre. Nous avons expliqué la notion de noir, qui aveugle, et qui éteint donc la sagesse, qui éteint le degré du peuple d'Israël.
Je vous propose de continuer. La lumière et le noir ne viennent pas indiquer seulement la lumière et le noir au premier sens de ces notions. Ces notions viennent enseigner deux manières d'appréhender le monde, deux manières de voir la vie. Or, la lumière, lorsqu'on parle de lumière dans la Torah, Ro'é mi-sof ve-ad sof kolela tumekifa, c'est une vision, une capacité à voir d'une manière globale.
Le récit de la Torah: le 25e mot de la Torah, donc Béréchit, bara, Elohim, et, hachamaïm, véet, haarets, véhaarets haïta, tohou, vavohou, vé'hochekh, al, pnei, tehom, vé'ruah, Elohim, mehaféket, al pnei, hamaïm, puis Vayomer Elohim, Yehi or, Vayehi or. Le mot or apparaît en 25e position, petite allusion à Hanouka, qui tombe le 25 du mois de Kislev.
Cela veut dire que la première lumière dans le monde apparaît au 25e mot de la Torah, justement après cette partie de noir.
Oui, mais c'est le premier or. Ok, or ha-ganouz. Parce que lorsque tu vois, regarde, maintenant il fait jour, tu vois tout: tu vois ce qui est proche et ce qui est loin. Alors que lorsqu'il fait nuit, tu ne vois ni l'un ni l'autre, la seule chose que tu peux toucher...
Le 25 de Kislev, alors ?
Réapparaître: la lumière qui s'était en réalité cachée lors de la création du monde. Et cette lumière est bien entendu apparue grâce à la fête de Hanouka. C'est pour cela que nos sages disent que cette lumière est la lumière qui a été cachée, rassemblée, mise de côté par HaKadosh Baroukh Hou pendant la création du monde, parce qu'Il ne voulait pas encore la dévoiler. On l'appelle donc Or ha-ganouz, la lumière cachée, guenizah, on l'a mise dans une archive.
On attend de la sortir un jour dans l'histoire. Elle est effectivement sortie à Hanouka, à l'époque du miracle, mais la nouveauté, c'est qu'elle sort à chaque Hanouka à nouveau. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on approche du 25 Kislev de l'année, la première fois que vous allumez la première bougie de Hanouka, vous faites en réalité apparaître cette même lumière première qui avait été cachée.
— C'est donc la même lumière ?
— Oui, c'est la même lumière. Le 25, c'est le miracle de la bougie ou le miracle de la guerre ? C'est au moment où ils sont rentrés dans le Temple, c'était le 25 qui se levait, et c'est en même temps que le premier miracle s'est produit, parce qu'ils ont rallumé, en fait. C'est ça. C'est une période qui peut être mauvaise, c'est un dommage pour les gens de la lumière...
— Je ne comprends pas ta question, sois clair.
C'est une période qui est noire. Ce n'est pas une période mauvaise, c'est une période où la lumière est cachée, et notre rôle est de révéler la lumière. Quand la lumière est cachée, qu'est-ce qui apparaît ?
— L'écorce ?
L'écorce, c'est-à-dire la klippa, l'élément qui vient cacher la lumière. Si je dévoile cette lumière, la partie extérieure se remet en réalité à son véritable niveau.
J'explique. L'exil de Grèce a causé quelque chose de très grave dans le judaïsme: il a déconnecté, c'est comme s'il avait enlevé l'essence même de notre Torah. Il n'était pas contre la Torah, mais la Torah au niveau de son extériorité, de sa façade, de sa facette externe. Mais il a enlevé la neshama, le souffle de cette Torah. Autrement dit, il voulait faire de la Torah un élément humain et non un élément divin. Cela veut dire que la Torah n'est pas une prophétie. La Torah, c'est juste une sagesse. On ne sait pas trop d'où elle est arrivée. C'est le peuple d'Israël qui a offert une nouvelle sagesse au monde. Et nous, les Grecs, nous sommes très contents de ce don. Nous allons d'ailleurs utiliser cette Torah, la traduire en grec, et la mettre avec les autres livres de philosophie que nous avons déjà.
Quel est le problème à ce niveau-là ? Il est marqué que la Torah a été traduite en grec le 8 du mois de Tevet, comme le dit la Guemara, le Choulhan Aroukh, Siman 580, petit b, et que pendant trois jours, le monde a été en fait plongé dans le noir.
Trois jours de noir dans le monde, lorsque la Torah fut traduite en grec. Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsque tu traduis quelque chose, tu ne traduis en réalité que la face extérieure. Tu ne peux pas traduire le sens profond. Tu prends un mot, tu le traduis, et cela peut donner n'importe quoi. C'est comme si tu prenais un texte et le traduisais avec un programme d'ordinateur: tu perds le sens profond de ce texte. Or la Torah ne peut pas se traduire.
Ne serait-ce que le premier verset: Béréchit bara Elohim et hachamaïm véet haarets. Comment peut-on traduire cela ? Tu ne peux pas dire « au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». C'est faux, c'est déjà une fausse traduction, parce que Béréchit ne veut pas dire « au commencement ». Il existe beaucoup, beaucoup d'explications. Alors comment faire ? La Torah ne peut donc se traduire dans aucune langue. C'est pour cela que je vous dis sans arrêt que parler en français, c'est déjà une trahison. Traduction égale trahison. On ne peut pas.
Il faut donc toujours revenir à l'hébreu. Il y a des gens qui ont le plaisir d'étudier la Torah dans une langue étrangère à la Torah elle-même. Ce n'est pas possible. La Torah est le langage du divin, béni soit-Il. C'est avec cette Torah qu'Il a créé le monde, avec des codes, des paroles, des mots, des lettres, des verbes collés au Créateur lui-même, en hébreu. À partir du moment où tu parles cette Torah extérieurement, tu es en réalité déconnecté de la face extérieure de sa neshama.
Regardez dans le mot Yavani, il y a le mot hitson, qui veut dire extérieur. Si tu enlèves le mot Yavani du mot hitson, il te reste hatz. Hatz Yavan. Qu'est-ce que cela veut dire, Hatz Yavan ? Hatz, en hébreu, est la racine de hatsitsa, c'est-à-dire séparation, obstacle, écran. Donc, en somme, la Grèce vient faire un écran entre le hitson, l'extériorité, et l'intériorité. C'est pour cela que vous pouvez maintenant faire attention à ce que nous disons dans Al ha-Nissim. Qu'est-ce qui est écrit dans Al ha-Nissim …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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