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Crainte, désespoir et réparation dans la Techouva

Le Rav Kook montre que l'ébranlement de la Techouva est réparateur, et que la crainte mûrit en confiance.

42 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La volonté, origine de l'être, révélée par la techouva, 43 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde ! Bonjour ! Quelle joie de vous rencontrer !

Au paragraphe Yud Gimel. Yud Gimel, voilà. Je rappelle que le chapitre Hé parle des souffrances intérieures, de la souffrance de la vie intérieure lorsqu'on fait techouva: des tensions que l'on peut ressentir, des tremblements, des ébranlements, tout ce qui est lié au processus de la techouva.

L'enseignement général du Rav Kook par rapport à ce phénomène est, d'une part, qu'il est normal, et d'autre part qu'il est prévisible: il est tout à fait prévisible que la techouva entraîne un certain ébranlement de la personne.

Mais, et c'est une chose très importante, cet ébranlement est réparateur. Il n'est pas en soi quelque chose qu'il faut fuir. C'est quelque chose qui s'adoucit, dont l'amertume est adoucie par le fait de savoir que cela fait partie de la réparation de la personne, de l'élimination des péchés et de tout ce qui s'ensuit. Voilà ce que nous dit le Rav Kook: restons calmes.

Passons maintenant au paragraphe du guillemet. « Kol chet ma til harada miyuhedet ala nefesh »: « Toute faute introduit une certaine crainte, une certaine terreur, pourrait-on dire, dans l'être. » C'est-à-dire que le fait d'avoir péché ébranle la personne, que ce soit le fait même d'avoir péché ou le contenu même du péché. « Sheinam ista leket kimal eda techouva »

...car avec la techouva. Et plus la techouva est profonde, plus la crainte se transforme en confiance et en courage.

La trace de la crainte qui vient des péchés peut se reconnaître. Que ce soit dans les traits du visage, dans les mouvements, dans ce qu'on appelle le langage du corps, dans la voix, dans le comportement, dans l'écriture. Aujourd'hui, il existe toute une science de la graphologie.

Que ce soit par le style de la langue, dans la parole, et encore plus dans l'écriture, dans la présentation des idées et leur mise en ordre. Ce que nous dit le Rav Kook, c'est que nous pouvons découvrir ce qui se cache dans une personne à travers énormément de signes extérieurs, ce qui demande une certaine intuition, une certaine connaissance de la personne humaine. C'est ce que font souvent les psychologues. Mais même sans être psychologue, on peut découvrir, dans le comportement presque involontaire d'une personne, ce qui se cache en elle. On peut voir s'il a péché ou pas.

Manitou disait que l'on peut reconnaître, à la manière dont quelqu'un parle, si cette personne, si c'est un homme, j'entends par là, est circoncis ou pas. D'ailleurs, on le voit dans la révélation de Yosef à ses frères. Lorsque Yosef se révèle, il dit: « Voilà, je suis Yosef, votre frère », et il dit, entre autres choses: « Vos yeux voient, et les yeux de mon frère Binyamin voient, que c'est ma bouche qui vous parle. » C'est quoi, cette histoire de « ma bouche qui vous parle » ? Qu'est-ce qu'ils voient ?

Alors, Rachi dit quelque chose d'assez surprenant. Pour les convaincre qu'il est vraiment Yosef, il leur a montré qu'il était circoncis. Et en plus, il leur a dit: vous voyez bien que je parle en hébreu, que je parle belachon hakodesh, par le langage de la sainteté.

La scène n'est pas très esthétique. Vous vous rendez compte de tout ce qu'il y a d'admirable dans cette rencontre entre Yosef et ses frères, et puis il y a un moment où Yosef dit: « Excusez-moi, mais je voudrais vous montrer quelque chose. » Et alors, il montre qu'il est circoncis. Ce n'est pas très présentable, et cela ne correspond pas tout à fait à l'harmonie de la scène, au sublime de la scène. Et Manitou disait qu'en fait, ce n'est pas seulement, techniquement parlant, qu'il leur a montré qu'il était circoncis; il leur dit: vous voyez, à la manière dont je parle, que je suis circoncis. C'est-à-dire que je parle le Lachon Hakodesh. C'est plus que de l'hébreu. Le Lachon Hakodesh, cela veut dire l'hébreu avec les kavanot, c'est-à-dire l'hébreu des prophètes. Et je ne pourrais pas parler cet hébreu des prophètes si je n'étais pas circoncis.

Et on peut le reconnaître. Il y a beaucoup de choses. Par exemple, chacun de nous, je pense, peut voir si son prochain est joyeux ou triste. Ça, on peut le voir. Mais on peut aller plus loin. On peut même se dire: tiens, je vois que tu as mangé un peu trop de piment fort. « Ah bon, mais comment tu le vois ? » On le voit à la manière dont ton visage est contracté.

On peut même aller plus loin. Je me rappelle une fois, quand Omar Khadmir est entré dans mon bureau, un jeune homme, et j'ai vu à son visage que quelque chose n'allait pas. Alors je lui dis: « Alors, elle t'a quitté ? » Et il me dit: « Mais comment tu sais ? » Bon, c'était une devinette, ça a marché. Il était persuadé que j'avais le roua hakodesh, n'est-ce pas ? Mais en fait, il suffit simplement d'avoir une certaine connaissance de la vie.

Alors, cela va plus loin. Cela peut aussi se voir dans la manière dont le visage est formé, dans l'écriture, la graphologie, tout ce que nous avons dit. Il y a beaucoup de choses de ce genre qui sont aujourd'hui reconnues, d'ailleurs, scientifiquement parlant, comme des signes qui expriment, à l'insu de la personne, ce qui se passe dans son intériorité.

À propos de la même chose, le tremblement, cette terreur qu'impose le péché à la personne, se ressent également dans des signes extérieurs, dans ce qu'on appelle le langage de son corps.

— Excusez-moi, j'avais une question.

— Oui, allez-y, mais parlez sans crainte.

— Il y a certaines situations, certains moments dans la vie où l'on n'est pas vraiment dans les mitsvot à proprement parler. On n'est pas à la synagogue, on n'est pas à l'eglise, on ne fait pas de tefila. Mais, en revanche, ce sont des moments où l'on se sent profondément en harmonie à sa place, en harmonie avec soi-même. C'est un moment où l'on se dit: c'est ma place, je suis bien là. On sent un moment d'harmonie. Est-ce que, quelque part, on est dans une forme de techouva ?

Depuis que nous suivons ces cours, j'ai de plus en plus le sentiment que la techouva est un processus général, global, et pas du tout une correction dans le détail, mais quelque chose de très… Là, on le voit bien dans le comportement de la personne, dans la manière de parler, etc. Est-ce que ce processus général peut s'inscrire dans quelque chose qui ne soit pas purement religieux ? Je ne sais pas si je suis très clair.

— Si vous avez ce sentiment que la techouva n'est pas seulement la réparation des péchés au sens religieux du terme, vous avez déjà fourni la réponse.

La techouva est un processus général de remise en place. Ressentir une harmonie intérieure fait donc certainement partie de ce processus de techouva. Je pense que la réponse était déjà incluse …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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