Hanouka : le 25 Kislev contient l'infini
Pourquoi les sages disent « le 25 Kislev, il y a huit jours » et ce que le chiffre 8 révèle de la fête.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Hanouka #3 (Machon Meir), 55 min
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Aujourd'hui, nous allons résumer ce que nous avons vu concernant Hanouka et avancer dans notre texte. Nous avons cité une Guemara, celle de Chabbat à la page 21b, qui pose la question: pourquoi Hanouka ? Quelle est la raison de Hanouka ? Quel est le sens de Hanouka ?
Les sages nous disent: « le 25 Kislev, il y a huit jours », c'est-à-dire Hanouka. Or les sages savent très bien parler l'hébreu, et la tournure de la phrase ne correspond pas. On aurait dû écrire: « à partir du 25 du mois de Kislev, il y a huit jours de Hanouka ». Si les Rabbanim ont utilisé cette tournure, c'est qu'ils sont venus nous enseigner autre chose. Et quoi ?
C'est que la journée elle-même du 25 Kislev contient en elle la valeur du 8, c'est-à-dire de l'infini. Ce monde est basé sur le chiffre 7, comme l'enseigne le Maharal de Prague dans Netzach Israël. Donc si le 25 contient le 8, cela veut dire que le 25 du mois de Kislev a en lui une qualité de l'ordre de l'infini, du Netzach. On est d'accord ?
Quelque chose d'intéressant: quand je fais 2 plus 5, j'obtiens 7. Le 7 contient le 8. Cela veut dire que le monde du 7, dans lequel nous sommes, contient l'infini qui est en nous, à l'intérieur de nous, mais caché. Les sages viennent donc nous dire qu'une fois par an, un jour par an, en tout cas pour l'instant c'est de ce jour-là que nous nous occupons, une date limitée, dans le temps structuré, dans les valeurs de l'espace-temps que je peux désigner, c'est-à-dire dans mon calendrier, contient l'infini. Incroyable.
Et si elle contient l'infini, elle contient ce qui était avant le fini, car l'infini précède le fini. Si cette journée du 25 du mois de Kislev, qui a en fait la valeur 8, contient tout cela, elle est à la source de tous les 7. Et si elle est à la source de tous les 7, je peux dire facilement que c'était la pensée de Dieu avant de créer le monde. Donc, au moment où tu allumes tes veilleuses de Chamach pour la première fois, tu es en réalité au moment même de la pensée divine, qui est en dehors du temps, qui est avant le temps, qui contient tous les temps.
Dans cette pensée, il y a la volonté de créer le monde, avec l'idée qu'avait HaKadosh Baroukh Hou pour la création de ce monde-là. Et si je m'associe à ce moment-là, dans mon monde à moi, en allumant ma première lumière de Hanouka, je peux moi aussi décider d'être à la source de ma vie, comme si je venais de naître. Je peux donc changer toute la structure de ma vie, tout simplement en prenant une résolution dans mon cerveau: je suis maintenant à la source de tous les 7. Je suis donc moi-même de l'ordre du 8. Je deviens comme un 8 dans ce monde de 7.
C'est-à-dire que je fais sortir en relief ma neshama, qui est de l'ordre du 8, et c'est elle qui me montre, de manière très claire, au travers de cette bougie, de cette lumière, tout ce que ce monde doit avoir comme lumière pour bien avancer, selon la première volonté qui a précédé toute cette création. C'est extraordinaire. Je me transforme totalement le soir de Hanouka, face à cette veilleuse. Cela devient plus qu'un rituel religieux d'allumer une veilleuse parce que les Rabbanim m'ont dit de l'allumer. C'est autre chose.
Tout ce que je suis en train de vous dire est contenu dans cette seule phrase de nos sages: le 25 de Kislev, c'est déjà 8 jours. De là découle une règle: pas de mispedim. Attention. On ne rentre pas dans ce domaine de vie, d'infini, où il n'y a aucune notion de mort. Donc tu n'as pas le droit de faire ni des mispedim, ni des mortifications. Si tu fais des choses comme ça à Hanouka, c'est que tu n'as rien compris. Tu vas à l'inverse de la vie, tu introduis la mort, alors qu'on parle de vie, alors qu'on est en train de te ramener vers la vie. Tu n'as rien compris au système.
—Quoi ?
Tu as raison. Cela veut dire qu'il y a dans le mois de Kislev quelque chose, dans sa nature, qu'on n'a pas encore appréhendé, qu'on n'a pas encore touché. Mais dans la nature du temps qui se lève, du mois tout entier, se cache cette capacité à faire le lien entre les mots. Nous, nous sommes limités par le temps, mais il y a une réalité qui nous dépasse.
Chabbat Shalom à tous. Nous avons expliqué la dernière fois, dans la Guemara du Talmud de Chabbat, que les sages traitent de la fête de Hanouka d'une manière très spéciale. Ils savent parler l'hébreu et utilisent une tournure qui n'est pas immédiatement compréhensible. En effet, ils disent: « le 25 Kislev, il y a huit jours de Hanouka ». Au lieu de dire: « à partir du 25 du mois de Kislev, on compte huit jours ». Bekafhe, de Kislev, Yomed de Hanouka, Tmania, Inun. Le 25 Kislev, un jour bien limité dans le temps, contient en lui l'infini.
Dans le monde fini dans lequel je suis, puisque 2 plus 5 font 7, c'est notre monde à nous. Donc, dans notre monde limité, il y a une valeur qui dépasse le monde des limites dans lequel je suis. Exactement comme moi: je suis limité dans mon corps, mais à l'intérieur de moi vit un aspect de l'ordre du 8, ce qu'on appelle la neshama. L'infini vit dans le fini. Et moi, je vis simultanément dans ces deux mondes. Effectivement, je ne comprends rien à ce monde qui est au-delà, mais il existe. Il est là. Je vis de lui. C'est lui qui me fait vivre. Je n'ai pas besoin de prouver à qui que ce soit que je suis vivant, mais ce qui me fait vivre est une notion qui me dépasse complètement. Je la vis pourtant. Donc le 8 vit dans le 7.
Le 25 du mois de Kislev, 2 et 5 égale 7: l'infini, le 8, vit dans le 7 et se dévoile dans le 7, dans le mois de Kislev. Et si cela se passe dans le mois de Kislev, c'est que le mois de Kislev lui-même a déjà été doté de cette capacité de faire le lien entre l'infini et le fini. Et ce n'est pas par hasard que cette fête s'appelle Hanouka. Qu'est-ce que c'est, Hanouka ? Divisez le mot en deux: Hanou veut dire « ils ont trouvé une assise », une hanaya, un campement. Qui a trouvé une assise le 25 ? L'infini. Je traduis avec des mots simples: le 25 qui se lève, l'infini a enfin trouvé un endroit pour poser ses pieds.
Traduction encore plus simple: le 25 de Kislev est un point qui permet, dans le temps, de me relier à des notions qui dépassent le temps, l'espace et l'homme. Autrement dit, l'infini et le fini se rejoignent …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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