Pourquoi la paracha Houkat contient toute la Torah
La vache rousse, la vie venant de Hachem et la faute du veau d'or expliquées par le rav Benharrouche.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, nous allons essayer de comprendre quelques données concernant la paracha que nous allons lire Chabbat, la paracha de Houkat. La question que posent nos sages est la suivante: pourquoi considérons-nous que cette paracha de Houkat représente toute la Torah ? En effet, si cela concernait seulement l'histoire de la vache rousse, la Torah aurait dû écrire: Zot houkat haPara, « Voici les lois de la vache ». Or ce n'est pas ce que la Torah écrit. Elle écrit: Zot houkat haTorah. Alors qu'elle ne parle que de la vache, elle dit apparemment que c'est la loi de la Torah, de toute la Torah. Nous sommes donc obligés de comprendre que, lorsqu'on traite de cette vache, on traite de toute la Torah. C'est l'essentiel même, c'est l'essence même de toute la Torah. Et la question qui se pose est: pourquoi ?
Il faut d'abord remettre les pendules à l'heure. Le lien que nous avons avec l'Éternel est avant tout un lien de vie, c'est-à-dire que nous vivons de son être. En hébreu, son nom, le tétragramme, s'appelle Chem Havaya, le nom de l'être.
Ani hovè, je vis, je suis: c'est la même racine que le mot Havaya. Chaque fois que vous entendez vehayou, c'est qu'il y a cette force divine qui fait vivre la chose en question. Par exemple, vehayou lebassar echad: lorsque le Kadosh bahu parle du couple, il est écrit: « ils seront une seule chair ». Et la Torah emploie le mot vehayou, qui a la même racine que Havaya, c'est-à-dire le tétragramme. Donc, dans le couple réside la vie. Pas le nom d'Hachem: cela ne veut rien dire. Nous vivons de lui. Il n'y a rien d'autre que le fait qu'il fasse vivre tout. Absolument tout. Tout ce qui existe ne vit que par son être infini.
Et d'ailleurs, le présent, c'est lui: Hovè, c'est la même racine que Havaya. Haya, c'est lui, c'est la même racine. Ihyé, c'est toujours lui, « il sera », c'est toujours la même racine. Havaya, le nom de l'être, l'apostrophe, E-T-R-E. Donc nous sommes de son être. En hébreu: je ne suis que parce qu'il est. S'il n'était pas, il n'y aurait rien. Il faut bien comprendre cette racine. C'est la racine de la vie. Cette vie nous traverse naturellement, primitivement. On n'a pas besoin de comprendre: on est.
Un chat ne sait pas qu'il est chat. Il vit sa vie de chat, naturellement, parce que l'être suprême le fait traverser par sa vie, à son niveau. Il est capable de percevoir la vie de l'éternité avec les ustensiles qu'il a reçus. Donc un chat vit pleinement son monde de chat, mais c'est toujours l'infini qui l'anime. Il est animé par l'infini. Animé, en hébreu, émouna: ce sont les mêmes lettres. Être animé par l'Éternel, c'est vivre et certifier l'éternité par le fait que je vis.
En conclusion, un chat est rempli de émouna, parce qu'il certifie la vie qui passe à travers lui, sans mentir. Il vit tout simplement. Il est fidèle à sa racine, fidèle à son identité, et il est donc à son niveau sadique. Il ne se déguise en rien, sauf dans l'esprit des hommes. Il y a des chats beaux. Évidemment, je n'ai donné qu'un exemple. Moralité: tous les êtres vivants vivent naturellement le divin qui les traverse. Tous, sauf l'homme.
L'homme a besoin de comprendre ce qu'il vit. C'est très important. Mais il peut parfois remettre en question sa propre vie par son intellect. Il peut mettre fin à sa vie, alors que tous les animaux se protègent. Dès qu'ils se sentent en danger, ils se protègent. L'homme qui a perdu cette notion de vitalité peut aller jusqu'à se donner la mort. Il y a donc ici quelque chose de primordial à comprendre. C'est une base: nous vivons de son être. Cela s'appelle en hébreu émouna. Ce n'est pas comme vous le traduisez, « j'ai la émouna ». Cela ne veut rien dire, absolument rien.
Maamin veut dire, en hébreu, textuellement: je certifie la vie par mon vécu. Quelle est la preuve que Dieu existe ? Je vis. Je n'ai pas besoin de prouver qu'il y a une poupée dans le ciel: cela ne veut rien dire. Le fait que vous voyez des êtres vivants, des animaux, des plantes, tout cela s'appelle de la émouna. C'est la traversée de l'être vivant par excellence, de tous ces éléments. Donc tout ce que vous voyez est rempli de lui. Et c'est la plus grande preuve de son être, de son existence, et de son action vitale, de chaque élément à chaque instant.
Quand je fais une bénédiction sur ce verre d'eau ou de liquide, peu importe lequel, je certifie intensément la vie qui est déjà dedans. Car si ce liquide existe, encore une fois, c'est que l'être de vie traverse ce liquide. En faisant une bénédiction, je me relie à cette vie. Et la vie qui se trouve à l'intérieur de ce liquide va donc me traverser. Je ne vais pas boire un jus de limonade: je vais boire de la vie habillée en limonade. Nous mangeons de la vie, nous buvons de la vie.
Nous parlons de la vie habillée avec des boulettes de viande, avec des jus, avec des paroles. Non, la vie est déjà là-bas. Vous ne faites qu'appuyer sur un bouton qui éclaire ce qui est déjà dedans. Ce serait orgueilleux de dire que c'est moi qui apporte la vie. Je ne peux pas apporter la vie. Elle est déjà là. Nous n'apportons pas la vie: nous aidons à la faire transmettre, à la faire véhiculer. Pas à l'élever. Tout cela, c'est religieux. Arrêtez avec toutes ces notions. On n'élève rien du tout: c'est la vie qui nous traverse toujours, de lui vers nous, donc du haut vers le bas. On n'élève rien du tout. S'élever, cela veut dire s'élargir pour laisser plus de vie nous traverser. C'est tout.
Plus je suis dans la compréhension, dans le vécu de ce que je suis en train de vous expliquer, plus la vie me traverse. Plus la vie me traverse, plus je suis vital. Plus je suis vital, plus je suis heureux. Plus je suis heureux, moins j'ai de doutes, moins j'ai de peurs, moins j'ai d'angoisses, parce que je suis traversé par la certitude, puisque je certifie l'être vivant par excellence.
Vous comprenez que si je prends maintenant l'inverse de tout ce que je viens de dire, qu'est-ce que c'est donc, l'inverse de la émouna ? — J'ai entendu. Exactement, madame a raison: l'inverse de la émouna, c'est la mort. Puisque je vous ai expliqué jusqu'à maintenant que nous sommes traversés par la vie, et donc nous certifions, maamin, « je certifie ». Le mot maamin, qu'est-ce qu'il veut dire en hébreu ? Je certifie. Ben veut dire un garçon. En hébreu, pour dire fille, on rajoute la lettre tav: cela donne bat. Comme en arabe, l'arabe vient de l'hébreu. On enlève le noun, parce qu'au milieu d'un mot le noun tombe en hébreu: cela devient bat …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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