Le Klal Israël : nul ne se tient à part du peuple
Rambam (Techouva 3:11) : se réjouir et pleurer avec Israël, et le lien au Klal dans la mitsva.
Rav David Partouche
Ensuite : Le Kouzari : la rencontre concrète avec Hachem, 1 h 01
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On ne peut pas commencer sans citer la Guemara dans la sécheresse d'Anit. Il y a la chose suivante: celui qui ne vit pas avec le Tibourg, qui ne se réjouit pas avec le Tibourg, ou qui ne pleure pas avec le Tibourg, avec la communauté. « Lo yé béyechoua Tibourg », il ne verra pas, il ne connaîtra pas la libération, la sérénité et la paix que le Tzibour, que la collectivité d'Israël retrouvera. Même bien que ça, il y a deux anges qui viendront l'attraper et le sortiront du Klal. Or, tout notre but dans la Torah, c'est être le plus possible rattaché au Klal Israël.
Le Rambam, dans Hilkhot Techouva, au chapitre 3 et halakha 11. Et ce n'est pas par hasard que c'est au chapitre 3, et ce n'est sûrement pas par hasard que c'est halakha 11. On avait déjà parlé entre nous du fameux chiffre 11. Il dit dans Hilkhot Techouva, les lois de la techouva, c'est le Chulhan Arou'h de la techouva, d'accord ? Le Rambam, Maïmonide, il y a 900 ans. Il dit ici: une personne fait toutes les mitsvot et ne fait aucune avéra, mais ne se réjouit pas dans les joies d'Israël, ou ne pleure pas dans les tristesses d'Israël. « Ellor chélek lé olam abba »: il n'a pas sa part dans le monde à venir.
C'est-à-dire qu'on a une personne dont le seul lien avec Hachem, c'est lui et Dieu. Il fait toutes les mitsvot et il ne fait aucune avéra. Mais il ne fait pas les mitsvot en tant qu'Israël, en tant qu'attachement au Klal Israël. Ça ressemble à un soldat, un soldat d'Israël qui pense qu'il est tout seul, qui n'est pas avec l'armée d'Israël. Il n'est pas pour l'État d'Israël, il n'est pas pour le peuple d'Israël, et il se pense soldat tout seul face à l'ennemi. Cette personne n'est pas un soldat d'Israël, même si extérieurement elle a des habits de soldat d'Israël. Elle a volé les habits de soldat d'Israël, elle a une arme, mais elle a volé cette arme, elle n'a pas le droit d'avoir cette arme. Ne sont considérées comme telles que les personnes qui sont incluses dans la collectivité de l'armée d'Israël.
Et c'est la même chose au sujet des mitsvot, les mekoubalim. On parle de Rabbi Chimon bar Yo'haï. Lorsqu'ils vont écrire le fameux Chem ha-Yihoud, l'intention qu'il faut avoir avant chaque mitsva, ils écrivent: « Hinéni mouchane oumékouéne lekayem mitsvat assé... » au nom de l'unité du Nom divin, au nom de la Chekhina, au nom de la présence divine, je viens faire cette mitsva, « Beshem kol Israël », au nom de tout Israël. C'est en tant que tel, au nom de tout Israël, que nous faisons une mitsva. Et qui est-ce, tout Israël ? C'est tout Israël.
Par conséquent, lorsque l'âme d'Israël se trouve dans des souffrances, ça ne concerne pas seulement une communauté, ça ne concerne pas seulement quelques personnes, ça concerne toute l'âme d'Israël. Ça ne doit pas tomber dans le youch, dans la dvout, dans la tristesse qui entraîne le désespoir, ḥas v'chalom. Au contraire, toute tsahar, ou toute tsahara, c'est la même lettre que ratson. Ça doit éveiller le ratson, ça doit éveiller la volonté: la volonté de parfaire, de mieux faire, d'être encore plus des personnes rattachées à la vie, renforcées dans la vie et protégées.
Bézrat Hachem. Rav Dacha, Zahia, Hilkhot Techouva, le Rambam, chapitre 3, halakha 11. Chapitre 3, halakha 11. Vous avez compris pourquoi ? Le 3, c'est justement les Avot, Chloucha Avot. C'est pour s'en rappeler. Je ne sais pas si le Rambam a pensé à ça, mais les Chloucha Avot, c'est justement qu'on est les enfants, les banim, chez les Avot. Nous sommes tous les banim. Il n'y a pas de différence entre les enfants, dans les banim il n'y a aucune différence.
Le 11, c'est parce que celui qui va sortir du 10, il se met en danger. Il veut faire les mitsvot, mais il n'a aucun rapport avec le groupe du 10. C'est pour ça qu'il a mis le 7 à l'ḥaram. Mais c'est fou: si on pense le judaïsme, ou la Torah, ou Israël, comme étant une religion, on ne voit pas le problème. Il fait la liste de toutes les 613 mitsvot, plus les 1 600 000 000 de mitsvot de nos sages, des interdits de nos sages. Alors ils devraient avoir leur place au Lamaba? C'est ça le problème: la Torah n'est pas une religion. La Torah, c'est une nation. La Torah a été donnée à une nation, et pas à un homme.
C'est tout le Kuzari, et ça vient du Beit Hamidrash de Rabbi Yehouda Halevi, Rabbénou. Tout le Kuzari veut exprimer ça. C'est pour ça qu'il parle d'un roi, parce qu'on parle d'une nation. On parle à un roi.
On est arrivés à l'exemple fameux du roi de l'Inde, et on avait expliqué. Je vais maintenant lire la réponse que Rabbi Yehouda Halevi, le Ḥaver, le rabbin, va donner, après que le roi des Khazars a répondu. Je rappelle en une phrase: on vient dire au roi que toute une nation se comporte d'une manière exemplaire, que les citoyens de l'Inde se comportent de façon exemplaire grâce à leur roi, qui est exemplaire et qui a éduqué sa nation. Par conséquent, tous les citoyens de cette nation se comportent d'une manière exemplaire, droite, etc.
Et Rabbi Yehouda Halevi, le rabbin, demande au roi: est-ce que tu te sens dans l'obligation de louer ce roi-là ? Le roi des Khazars dit non. Peut-être que les citoyens se comportent bien d'eux-mêmes, rien à voir avec le roi. Peut-être que le roi n'existe pas, ou bien il n'est pas lui qui a influencé ses citoyens en bien. Ou alors, peut-être, oui, il y a un roi qui est bon, les citoyens sont aussi bons, mais ce n'est pas grâce au roi. Troisième possibilité: il y a un roi qui est bon, il a influencé ses citoyens en bien, et grâce au roi, ils se comportent bien.
Donc naît le doute, le safek. Qu'est-ce qu'il veut enseigner au roi des Khazars ? Que lorsqu'on rapporte des reayot, des preuves, quand on cherche des preuves, au niveau intellectuel, naît le safek, naît le doute. Par rapport à l'exemple du roi de l'Inde, Mélekh Odou, on est en plein doute. Peut-être que c'est en effet grâce au roi qu'ils sont droits, etc., ou peut-être pas. Quand est-ce que je pourrais savoir que ce roi est un grand roi ? Uniquement lorsque je le rencontrerai.
Le rabbin dit: on m'apporte des cadeaux du roi de l'Inde qui vont te guérir, qui vont te permettre de gagner une guerre, etc. Lorsque j'aurai vécu une relation intime avec ce roi exceptionnel, alors là je devrai le remercier. Mais avant, je ne connais pas son existence, je n'ai pas vécu sa grandeur, je n'ai pas rencontré sa bonté. Par conséquent, je ne peux pas savoir si c'est vrai ou pas. On est dans le safek.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude suivie du Kouzari : le rêve du roi des Khazars, le philosophe, le christianisme, l'islam et la Torah d'Israël.
- 17
La racine Oman et l'artiste qui fait entrer l'abstrait dans le concretComment l'émouna se comprend à partir de l'artiste, de son œuvre et de l'intériorité rendue visible dans la matière. - 18
Le Kouzari : les différents chemins de connaissance - 19
Le Khaver, la émouna et le Dieu de nos pèresLe Khaver affirme sa émouna dans le Dieu qui a fait sortir Israël d'Égypte, et pourquoi ce vécu prime sur la seule raison. - 20
Le Mashal du roi d'Inde et le dévoilement d'HachemPourquoi le Kouzari use d'une parabole lointaine pour faire passer de la spéculation à la émouna vécue. - 21
Le Klal Israël : nul ne se tient à part du peupleRambam (Techouva 3:11) : se réjouir et pleurer avec Israël, et le lien au Klal dans la mitsva. - 22
Le Kouzari : la rencontre concrète avec HachemLe mashal du roi d'Inde : pourquoi la Torah ne se déduit pas seulement de la raison. - 23
La Torah donnée à Israël seul, selon le KouzariLe roi des Khazars objecte que la Torah ne concerne que le peuple d'Israël ; le Rav répond par le statut du guer. - 24
Israël, les guerim et les nations selon le KouzariLe Rav Partouche examine la place des guerim parmi les nations et le sens de la Galout. - 25
Le Kouzari : résumé et premier dévoilementRappel des grandes étapes du livre, de la chaîne des maîtres à la question de l'acte qui fonde la émouna d'Israël. - 26
Premier et Second Temple, une lumière qui se cache puis revientLe Rav Partouche relit le récit de la Création : le soir précède le matin, et la prophétie s'éteint avec le Premier Temple.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav