Manitou et le problème palestinien
Une lecture d'Amos 5 : une question de souveraineté et de droit du peuple juif sur sa terre.
Rav Élie Kling
Ensuite : Les armées d'Israël - entre yechiva et Tsahal, 4 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonsoir à toutes et à tous. On se retrouve pour une soirée exceptionnelle en l'honneur de Manitou, le Ravellon Ashkenazi, qui est monté au ciel il y a maintenant 28 ans exactement. Le Rav Ashkenazi est né en 1921, vous le savez tous, à Oran, en Algérie. Il a étudié bien sûr la Torah écrite, la Torah orale, la Kabbale, la Marrakech, la kabbale. Il va s'engager dans la Légion étrangère. Plus tard, il rentrera dans l'Ésaïe.
Il va bien sûr enseigner, puis diriger l'école d'Orsay à Paris. On peut dire qu'il va offrir à une jeunesse juive une voie d'assimilation, le visa étant un judaïsme authentique, traditionnel, mais qui n'a pas peur de penser un judaïsme traditionnel à un niveau universitaire. Il aura plusieurs maîtres, bien sûr, Jacob Gordon et d'autres encore.
Et en 1956, il va rencontrer le Rav Tzvi Yehouda Kook. Voilà ce qu'il écrira lui-même sur cette fameuse nuit, cette fameuse rencontre avec le Rav Tzvi Yehouda: « Tout ce que j'avais appris jusque-là, je l'ai revu à travers le prisme d'Israël. En une nuit de Juifs, je redevenais Hébreux. La Torah des Juifs de diaspora redevient pour moi la Torah des Hébreux. Avant que je ne rencontre le Rav Kook, je connaissais la Torah, mais… »
Grâce au Rav Kook. Le Rav Kook m'a fait descendre cette Torah sur la terre d'Israël. Voilà. C'est donc, en quelques phrases, quelques points importants de la vie de Manitou: d'Alger, puis à Paris, puis en Israël, à Jérusalem. Et avant d'ouvrir, on fait une étude spéciale sur le problème palestinien selon Manitou, une étude que Manitou a faite, je pense, à plusieurs reprises. Eh bien, Rav Kling, une petite question sur toi.
— [01:52] Est-ce que tu as connu Manitou ? Combien ? Un petit souvenir, une anecdote, peut-être avant de commencer le cours, que tu voudrais nous raconter ?
— [01:52] Eh bien, écoute, on a eu la chance de connaître Manitou. Je l'ai vu la première fois, il me semble, à Nice, où mon père était grand rabbin. De temps en temps, il y avait des invités de Paris qui venaient faire des conférences là-bas, et je l'ai entendu une fois. J'étais très jeune, je faisais partie du public, pas plus que ça.
Par contre, une connaissance un peu plus personnelle, c'est lorsque j'ai eu la chance d'intégrer la yéchiva du Rav Botchko à Montreux. Pendant l'été, on avait cette chance de recevoir des personnalités qui venaient à la yéchiva et qui y restaient quelques jours.
C'étaient des séminaires à thème. On a eu le privilège d'accueillir André Neher, qui est venu à plusieurs reprises. Il y a eu Benno Gross, qui venait assez régulièrement, chaque année en fait. Et puis il y avait Manitou, qu'on a connu cette fois-ci de manière un peu plus rapprochée. Il nous faisait des chiourim. Je me rappelle encore les cahiers que j'ai noircis en l'écoutant.
Il nous faisait des chiourim plutôt sur la tefila. Il appelait ça Iyounei Tefila. Je me rappelle qu'on est resté des jours sur le premier mot de la Amida. Il avait commencé le chiour en disant: on va aller directement à l'essentiel. C'était la Amida, qui commence par le verset Hachem, séfatai tiftah: mes lèvres, afin que je puisse dire tes louanges.
Et pourquoi est-ce qu'on était resté si longtemps là-dessus ? Parce que le premier mot, Hachem, n'était pas écrit comme on l'écrit d'habitude, c'est-à-dire Yod Hé Vav Hé, mais dans Hachem séfatai de l'Amida, c'est écrit Alef Dalet Nun Yod, ce qu'on appelle le Chem Adnout Adonaï, écrit comme je le prononce maintenant.
On a passé des heures à expliquer pourquoi il était important que ce soit justement dans cette forme-là et pas sous la forme de Yod Hé Vav Hé. C'est là que j'ai connu un Manitou différent de celui que j'avais entendu dans d'autres conférences. Il était toujours passionnant, il avait ce charme, cette facilité rhétorique que tout le monde lui connaît, que tous ceux qui ont eu la chance de l'écouter lui connaissent.
Là, c'était autre chose. Je découvrais un Manitou particulièrement pointilleux sur les détails d'un texte. C'était une autre ambiance, une autre facette de Manitou qu'on a découverte à ce moment-là. C'est très curieux, parce que j'avais quel âge là-bas ? Je devais avoir 17-18 ans. Et la vérité, je le dis maintenant, on ne se rendait pas compte de la chance énorme qu'on avait de croiser des gens pareils.
On pensait que c'était normal. Les autres aussi. Et de les avoir pour nous, pendant dix jours, quinze jours. On était une poignée de jeunes, et on ne se rendait pas compte. On pensait que ça faisait partie de ce qu'on faisait à la yéchiva. C'est seulement avec le recul qu'on s'est rendu compte à quel point on était réellement chanceux.
On est resté un petit peu en contact après, mais je ne me considère pas comme un talmid de Manitou, parce que je n'ai pas eu l'occasion réellement de le côtoyer au quotidien. Évidemment, dès que je pouvais, j'ai assisté à des conférences, etc. Mais il y a certainement, ce soir ici et en dehors de ce cadre, des gens qui l'ont connu bien plus que moi et qui pourraient témoigner davantage de l'enseignement de Manitou et de l'homme lui-même.
Je vous conseille d'ailleurs, pour ceux et celles qui ne l'ont pas encore vu, le très beau film sur Manitou qui est sorti il y a quelque temps, par notre ami le metteur en scène dont le nom m'échappe. Michael Greenspan, voilà, c'est ça. Le même qui nous a fait ce cet excellent film sur monsieur Chouchani il y a pas très longtemps. Ceux et celles qui ne l'ont pas vu ont intérêt à le regarder.
— [06:29] Merci pour cette introduction. Tu veux nous parler ce soir d'un sujet tellement actuel, le problème palestinien vu par Manitou face à la fameuse Guemara dans Sanhedrin, je crois.
— [06:55] Oui, bravo. En fait, ce n'est pas mon idée, c'est toi qui me l'as soufflée. Tu m'as dit: viens, on parle de Manitou. Très bien. Alors la vérité, c'est un cours assez classique de Manitou, donc je suppose qu'une partie d'entre vous l'a déjà écouté. Et ça a commencé dans un de ces fameux séminaires qu'on faisait à Montreux, à la yéchiva.
Un jour, comme ça, on lui a dit: c'est quand même bizarre. Il parlait évidemment assez souvent de l'époque que nous vivions, c'est-à-dire le retour en Israël, l'identité hébraïque retrouvée, notamment la citation que tu nous as mentionnée ou rappelée il y a quelques instants. On était un peu dans cette ambiance-là, et on lui a dit: c'est quand même très curieux que le grand problème qui préoccupe Israël au moment du retour soit justement le fait que la terre n'est pas dépeuplée, et qu'il y a d'autres gens qui se sont installés depuis.
Le grand problème que nous avons à résoudre, et que nous avons encore aujourd'hui à résoudre, c'est: quelle attitude avoir vis-à-vis de ceux qui étaient en Israël, qui étaient donc chez nous pendant si longtemps ? …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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