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Souccot, la joie comme techouva du désir

Pourquoi la fête des cabanes répare la débauche, et ce que la fête de la joie doit à Yaakov et au Beit Hamikdach.

52 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Kippour, d'hier à aujourd'hui, 41 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Amour, crainte et joie

Je ne sais pas si vous vous rappelez ce qu'on avait mis en évidence: la fête de Roch Hachana fonctionne autour de l'amour, le jour de Kippour fonctionne autour de la crainte, et la fête de Souccot fonctionne autour de la joie. Selon Rav Yehouda Halevi dans le Kouzari, il y a trois canaux par lesquels nous nous relions au Créateur à travers nos sentiments, qui sont donc l'amour, la crainte et la joie. En hébreu, Ahava, Yirah et Simcha. Cela correspond à trois manières de faire techouva: une techouva par amour, une techouva par crainte et une techouva par joie.

Cela correspond à trois manques du yetser hara: il y a des péchés que nous faisons par manque d'amour, des péchés que nous faisons par manque de crainte, et des péchés que nous faisons par manque de joie. Cela correspond aux trois dimensions fondamentales du péché: chefikhat damim, avodah zara et gilouy arayot, l'homicide, l'idolâtrie et l'inceste. L'homicide, c'est-à-dire le fait de pouvoir tuer son prochain, vient du manque d'amour. La réparation de ce yetser hara, c'est donc l'amour, et c'est ce qui se fait le jour de Roch Hachana.

Il y a une deuxième dimension, c'est l'avodah zara, l'idolâtrie, qui vient d'un manque de crainte. C'est-à-dire qu'on a une tendance à faire de la divinité un jouet. Un jouet, c'est par excès de proximité: l'homme ne fait pas attention à sa manière de concevoir le divin, il va le concevoir de manière infantile. C'est un manque de crainte. Et cela est réparé le jour de Kippour par la techouva dans la crainte, qui répare l'avodah zara. Vous vous rappelez que c'est tout le motif d'Azazel ? On avait parlé de ça. Oui ou non ? Non ? Oui, on en a parlé, n'est-ce pas ? Ce qui prouve que lui, il était au cours et pas toi. À tous mes cours, tu es venu, et pourtant tu ne te rappelles pas qu'on a parlé d'Azazel. Comment se fait-il que toi, tu ne t'en souviennes pas, et que toi, tu t'en souviens ? Un, deux…

## Azazel et le bouc émissaire

J'entends rien. Hier, on en a parlé, dans le Ilkhot Techouva, ça c'est autre chose, n'est-ce pas ? C'est le bouc émissaire. Mais il y a dans l'histoire d'Azazel quelque chose de très important. Je ne sais pas si vous avez remarqué ce que dit la Torah: elle dit d'envoyer un bouc à Dieu et un bouc à Azazel. Quelle que soit l'interprétation que l'on donne du mot Azazel, cela veut dire quelque chose d'assez grave: cela veut dire que ce n'est pas Dieu.

Comment peut-on envoyer quelque chose à quelqu'un qui n'est pas Dieu ? Cela semble être de l'idolâtrie, n'est-ce pas ? Maintenant, faut-il alimenter Azazel ? Bien sûr, les forces du mal, ou les forces de l'emprise de la nature sur nous, ont besoin d'être alimentées. Elles font partie des règles du jeu, le jeu que nous jouons dans ce monde, celui du choix entre le bien et le mal. Cela suppose donc qu'il faut alimenter le mal.

Mais qui nous a dit d'alimenter le mal ? C'est Dieu lui-même. Cela veut dire que même les forces du mal n'ont pas d'indépendance. C'est donc la négation totale de l'idolâtrie. Dans la superficialité du texte, on pourrait penser qu'il y a une sorte de dualisme. En vérité, c'est un monothéisme absolu: c'est le Créateur qui dit lui-même d'alimenter ses opposants. Les opposants n'ont donc pas de force, et tout reste dans l'unité, dans l'unité divine.

C'est un monothéisme absolu qui se manifeste à travers l'histoire du bouc émissaire. Il y a donc l'avodah zara qui est vaincue le jour de Kippour. Le manque d'amour entraîne l'homicide: c'est la relation défectueuse ben adam lé-havero, entre l'homme et son prochain. Et l'avodah zara, c'est la relation défectueuse ben adam lamakom, entre l'homme et son Créateur.

D'accord ? Il y a une troisième relation, ben adam le-atsmo, entre l'homme et lui-même. Cela se fait quand l'homme détériore son être même par la débauche. L'inceste, la débauche, c'est la détérioration de l'homme en lui-même, et cela vient d'un manque de joie. Comment faire techouva de cela ? En fêtant la fête de la joie. C'est la fête de Souccot.

## Les trois patriarches

Maintenant, comment y accéder ? Pour y accéder, il faut d'abord passer… Et cela correspond tout à fait au travail qui a été fait par nos patriarches. Combien de patriarches nous avons ? Trois. Très bien. Qui sont-ils ? Yitzhak, Avraham et Yaakov. Yitzhak étant le personnage central de la fête de Roch Hachana, Avraham le personnage central de Kippour. Et Yaakov, il reste quoi alors ? Souccot, évidemment, c'est la joie; c'est par voie d'élimination. Il nous reste Yaakov, qui enseigne que le tikkoun du yetser hara, du désir sexuel, est également réparable. Cela se fait par Yaakov, et cela se fait dans la joie à Souccot. En effet, le texte nous dit…

Vayélekh Essav ledarko bayom hahou Séira: Essav se rendit ce jour-là dans son chemin vers Séir. Si vous voulez, c'est l'archétype du Séir la Azazel, du bouc qui est envoyé dans le désert. Ce départ d'Essav pour le désert, pour Séir, c'est, si vous voulez, la première forme de la fête de Kippour. La suite du verset, c'est…

Qu'est-ce qu'il y a encore ? La suite du verset, c'est Vé-Yaakov nasa Souccota: Yaakov voyagea à Souccot. C'est-à-dire qu'une fois le problème du yetser hara réglé à Kippour, on peut envisager la fête de Souccot. Cette fête de Souccot a donc pour origine, pour archétype, si vous voulez, le comportement de Yaakov qui revient en Erets Israël, qui rentre à la maison.

Il y a tout un problème dans le fait de rentrer à la maison. Je ne sais pas si vous savez, les fêtes juives sont compliquées. Ce ne sont pas vraiment des fêtes. Par exemple, la première fête, celle de Pessa'h, c'est une fête dans laquelle… Bon, c'est sympathique, le soir du Seder. Vous avez déjà fait le soir du Seder ? Ça vous est arrivé, n'est-ce pas ? C'est sympa, mais il n'y a pas de pain. Une fête sans pain, ce n'est pas vraiment une fête. Après arrive la fête de Chavouot: il y a du pain, c'est sympathique, mais on ne dort pas de la nuit. Une fête sans dormir, ce n'est pas une fête.

Arrive Roch Hachana: il y a du pain, on peut manger, on peut dormir la nuit, mais on est dans le tremblement à cause du jugement. Pas de sérénité. Arrive Kippour: on ne mange pas du tout. Arrive Souccot: on peut enfin manger, on peut dormir, mais on est jeté en dehors de la maison. On n'est pas chez soi.

La fête de Simchat Torah: on peut manger du pain, on peut dormir, on est chez soi. On en est tellement content qu'on danse toute la journée. Les fêtes juives sont donc des fêtes qui entraînent toujours une frustration de quelque chose, sauf la dernière, la fête de Simchat Torah, qui …

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