Kippour, d'hier à aujourd'hui
Comment se vivait Kippour au Temple, et ce que ses rites signifient pour nous aujourd'hui.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La guerre de Gog et Magog et la fête de Souccot, 56 min
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Qui court ? Qu'est-ce qui se passe, qui court ? Là, on a l'habitude: qui court ? Les Juifs vont à la synagogue. On croit qu'on court toute la journée, ou une partie. Ceux qui comprennent un peu plus se lamentent, ils pleurent, ils demandent pardon, ils avouent leur faute. Et puis, une fois que tout ça est fini, on mange. C'est ça, qui court. Et ce n'est pas facile. C'est très dur. Mais...
Ce que je voudrais voir très rapidement avec vous, c'est comment est-ce que ça se faisait à l'époque de nos ancêtres, à l'époque du Beth HaMikdash. Eh bien, ça se passait de la manière suivante. Il y avait différentes activités qui se proposaient aux gens. Les jeunes garçons et les jeunes filles se rendaient dans les vignobles, et les jeunes filles, habillées de blanc, faisaient la danse.
Et les jeunes garçons venaient pour choisir la personne avec laquelle ils voudraient se marier. C'est comme ça que se faisaient les sidurim, deux fois par an: le 15 du mois d'Av et le jour de Kippour, dans les vignobles. Et donc, à la sortie du jeûne, ce qui se faisait, c'était ce qu'on appelle chez nos frères ashkénazes le vort, c'est-à-dire les fiançailles. C'est-à-dire la soirée d'après Kippour, c'est-à-dire le grand jour.
On concluait. Et bien, ça, c'est bon donc pour les jeunes. Et à l'époque, il n'y avait pas encore Erets Israël, mais il y avait donc cette institution des vignobles. Maintenant, ça n'intéresse pas tout le monde. Que fait par exemple quelqu'un qui est déjà marié, qui travaille ? Qu'est-ce qu'il fait, à Kippour ? Rappelez-vous que nos ancêtres étaient une société à 97 % agricole.
Et la plupart de nos ancêtres avaient des champs. Et c'est le moment où les concombres et les courgettes sont dans les champs. Ça risque d'être volé. Et donc, un des travaux les plus importants de cette période, c'était de garder les champs. Et là, la Michna dit la chose suivante: si quelqu'un doit se rendre dans son champ à Kippour pour aller garder les concombres, les cornichons... enfin, oui...
et qu'il doit traverser un cours d'eau, on n'a pas le droit de se laver, on n'a pas le droit d'introduire un vêtement dans l'eau. Mais comme ce n'est pas son intention, son intention étant d'aller garder son champ, il a le droit de traverser avec ses vêtements le cours d'eau, mais seulement à l'aller et pas au retour. Ça veut dire qu'il reste coincé là-bas jusqu'à Kippour suivant. Donc, comment ça s'est passé pour quelqu'un qui n'a pas de champs ? Eh bien, il a gardé une compte.
Bon, pas tout le monde a des concombres à garder. Que fait un rabbin, par exemple ? Que font les rabbins ? D'après la Michna, les rabbins donnaient des cours, il n'y avait rien d'autre à faire. Que faisaient les élèves ? Ils allaient chez leur maître étudier. Et là, à nouveau, la Michna pose la question de savoir: est-ce qu'on a le droit de traverser un cours d'eau pour aller étudier chez son maître ? Et la réponse, c'est qu'on a le droit, à l'aller et au retour.
C'est-à-dire que pour encourager l'étude, nos maîtres ont autorisé à traverser le cours d'eau pour aller étudier la Torah. Mais ce que vous voyez, donc, c'est que les maîtres et les élèves passaient leur journée de Kippour à étudier. Quelqu'un qui n'est pas intéressé à se marier, qui n'a pas de concombres à garder, qui n'a pas tellement envie d'étudier la Torah, que peut-il faire ? S'il est à Jérusalem, il dit à son copain: « Écoute, allons au Temple voir ce qui se passe. »
Alors, il y avait des compétitions dans le Beth HaMikdash. La Michna raconte ça de manière très colorée. Par exemple, si vous avez un taureau à présenter sur l'autel, il y a une équipe de treize Kohanim pour le faire. Chacun présente une autre partie. Il y en a qui amènent la tête, il y en a qui amènent la jambe, etc. Et la tête, c'est le plus recherché. Alors, pour savoir qui, dans l'équipe des Kohanim, va avoir le mérite de porter la tête...
Aujourd'hui, on vend les mitsvot, mais à l'époque, ce n'est pas comme ça que ça se faisait. On faisait une course. Vous voyez ce qu'on faisait ? La course. Sur l'autel, il y a une pente, une pente de quelque chose comme vingt mètres à peu près. Les treize Kohanim font la course. Le premier à arriver, c'est lui qui gagne la tête. Alors on dit: « Vas-y aussi ! » etc. On est là pour encourager. C'est comme ça que se passait la journée pour ceux qui allaient au Beth HaMikdash à l'époque.
Maintenant, si quelqu'un n'a pas tellement envie de voir des compétitions, peut-être qu'il faut rester debout là-bas. Alors, il y a une autre possibilité. Vous savez qu'il y avait à Kippour ce qu'on appelle le bouc émissaire, le bouc envoyé, que l'on faisait sortir du Beth HaMikdash et que l'on précipitait d'une falaise dans un précipice dans le désert. La route du Beth HaMikdash jusqu'au précipice, c'est à peu près douze kilomètres.
Aujourd'hui, on a réussi à identifier très probablement l'endroit où ça se faisait: c'est près de Birmash, à douze kilomètres de Jérusalem. Et il faut donc qu'il y ait quelqu'un qui traîne ce bouc. Et ce n'est pas facile de faire marcher un bouc pendant douze kilomètres. C'est fatigant, parfois il fait chaud, le bouc n'a pas envie de marcher, l'accompagnateur peut le prendre sur ses épaules. Et il y a, sur la route, des cabanes. Et dans les cabanes...
il peut se reposer. Il peut même manger et boire. Bien que ce soit... pour... la Michna dit expressément qu'il a le droit de manger et de boire, et on lui propose à manger et à boire. Et dans chaque cabane où il y a de la nourriture, il y a des gardiens de la cabane, il y a un drapeau. À quoi sert le drapeau ? Eh bien, une fois que le bouc a été précipité, l'habitant de la cabane
proche du lieu où l'on a jeté le bouc lève son drapeau. Et dans la cabane, un peu plus loin, on voit le drapeau se lever, et on lève encore le drapeau. Et donc, il y a tous les drapeaux qui sont levés jusqu'à Jérusalem. Le grand prêtre voit que les drapeaux sont levés. Il sait que le bouc a été jeté. Il peut continuer le service du Temple. Donc, si vous avez une occupation qui vous intéresse à Kippour, alors vous pouvez, par exemple, vous porter volontaire
pour garder les cabanes sur la route du bouc. Vous pouvez d'ailleurs avoir des entretiens intéressants avec les manifestants qui manifestent au nom du roi des animaux et qui ont une grande banderole: « Le bouc ne passera pas ». D'accord ? Et voilà, c'est ce qui se passait à Kippour. On peut dire que l'atmosphère du jour de Kippour est une atmosphère un peu différente de ce que nous connaissons aujourd'hui.
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