Les explorateurs, la vigne et la faute d'Adam
Selon le Zohar, la mission des explorateurs visait à corriger la faute originelle et à révéler la sainteté de la terre d'Israël.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Gueoula et l'arbre de vie en Erets Israël, 53 min
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## La troisième colonne et les explorateurs
Nous sommes dans la troisième colonne. Nous avons terminé la fois dernière en disant ce que le Zohar HaKadosh nous dit, Khel et Gimel, à la page 158: lorsque les explorateurs sont arrivés en Erets Israël pour voir la terre, la Torah nous précise
le temps où les explorateurs étaient en train de tourner pour explorer la terre: c'étaient les jours des prémices des raisins, des vignes. Et le Zohar nous dit ici qu'en réalité, c'était l'occasion donnée aux explorateurs de corriger la faute du premier homme. Car le Zohar considère que l'arbre de la connaissance du bien et du mal était en réalité de la vigne, du raisin. Donc lorsque la Torah précise que les jours étaient yemei bikourei hanavim, les prémices des raisins, nous dit le Zohar, c'est une indication pour nous expliquer la correction de la faute d'Adam Harishon. C'est pour cela que Moshé dit à ses explorateurs: soyez forts, renforcez-vous, car pour corriger cette faute, il faut se renforcer.
Et donc la terre dévoilera sa sainteté du départ. Nous avons expliqué que la terre d'Israël seule avait choisi de rester fidèle à la volonté divine, et c'est pour cela qu'on l'appelle Erets. Erets vient du mot ratzon, la volonté. La terre d'Israël a donc gardé la volonté de faire la volonté du Saint béni soit-Il.
Seulement, qu'est-ce qu'ils ont fait ? C'est ici le début de la troisième colonne. Oulam ha-meraglim, la kroueta z'mora, im ha-eshkol: les explorateurs ont pris la vigne telle qu'elle est, c'est-à-dire complète, avec les raisins et la branche. Vayikretou misham z'mora ve-eshkol anavim echad: comme il est écrit dans le verset, ils ont pris là-bas une zmora, c'est-à-dire une branche entière avec les raisins dessus.
Que voulait-il montrer par cela ? La réponse: les harot qui kechol ha haratzot Erets Israël. Il s'agit de prouver aux hommes d'Israël que la terre d'Israël avait en réalité la même valeur, le même niveau que les autres terres. Autrement dit, la terre d'Israël n'était pas supérieure aux autres terres: c'était exactement le même niveau.
Cela veut dire que le goût de son arbre et le goût de ses fruits ne sont pas le même goût. Autrement dit, il y a une différence entre le résultat et la source, comme dans les autres terres.
Si l'on veut simplifier ce que nous sommes en train de dire, cela signifie que la terre d'Israël est loin de son idéal divin, qu'elle a perdu en réalité en descendant. Elle a perdu sa proximité avec l'idéal divin, comme les autres terres, ni plus ni moins.
— Tout à fait.
Mais c'est ce que les explorateurs voulaient montrer. Cela veut dire que les explorateurs voulaient contrarier même ce que la terre, elle, avait décidé de rester fidèle.
Ils ont donc voulu montrer aux hommes, à leurs frères, pour qu'ils ne montent pas en Erets Israël, une fausse information: vous voyez, en Erets Israël, le goût de l'arbre et le goût du fruit sont différents, c'est exactement comme dans les autres terres. Les enfants d'Israël sont tombés dans la déprime. Sans même vérifier, sans même regarder, ils sont tombés dans cette dépression.
Car ils faisaient confiance à ces hommes, qui étaient des chefs de tribus. Et à partir de ce moment-là, ken, cette fameuse date a été fixée, malheureusement: Ticha BeAv. C'était le même soir où la communauté d'Israël a commencé à pleurer. Et ce pleur a été fixé pour toutes les générations, jusqu'à l'avènement messianique.
Le Rav nous dit effectivement qu'à cause de la faute générale, la qualité, la force, la supériorité de la terre d'Israël ont été cachées. La terre ne montrera son véritable niveau qu'à la fin des temps.
Pourquoi ? Parce que la faute collective de l'humanité a fait descendre, a caché en fait les yeux de ceux qui voient. Cela veut dire que la terre en elle-même a gardé sa qualité première, comme nous l'avons dit, mais que ceux qui regardent les choses n'ont pas la force de voir la vérité. Notre force de vision a été endommagée. Nous n'avons pas la même qualité de vue, à partir du moment où la faute a endommagé le monde, l'humanité, et Israël aussi, d'une certaine façon, a été endommagé par cette erreur.
Donc nous n'avons pas encore les yeux adéquats pour voir la véritable hauteur, le véritable niveau de la terre d'Israël. Ce qui se passe, c'est que quelqu'un qui voit la terre d'Israël aujourd'hui, disons avant la fin des temps, peut la voir comme une terre superficielle, comme toutes les autres terres. Le goût effectivement de l'arbre n'est pas comme le goût du fruit. Comment veux-tu me montrer que la terre d'Israël est égale, ou supérieure, pardon, au reste des terres ? Tu vois bien que c'est la même chose: si tu prends un arbre en Erets Israël, tu prends ses fruits, le goût des fruits n'est pas le même que le goût de l'arbre. Il y a une différenciation.
Eh bien le Rav nous dévoile ici que, d'après le Zohar, c'est faux: en Erets Israël, le goût de l'arbre et le goût du fruit sont exacts. Alors pourquoi ne le goûte-t-on pas ? Parce que le problème est chez ceux qui reçoivent: nous n'avons pas la qualité de voir que la terre d'Israël a gardé cette hauteur, cette information, ce degré. C'est donc nous qui voyons, en réalité, les choses dans leur différence.
Je vous rappelle le message: le goût de l'arbre et le goût du fruit sont différents. Le message est clair, j'espère, pour tout le monde. Cela veut dire que nous sommes loin de l'idéal, loin de l'idéal premier. L'arbre, c'est la source; le fruit, c'est le résultat. Lorsque le fruit n'a pas le même goût que l'arbre, cela signifie que le résultat n'a pas le même goût que la source. Il y a donc eu une perte entre l'arbre et ce qui découle de l'arbre.
Si c'est le cas, nous sommes dans une perdition: nous nous sommes trompés en route. Nous sommes dans notre vie extérieure, loin de ce que nous devrions être dans notre vie intérieure, dans notre neshama. Je vais l'exprimer avec d'autres termes: notre corps ne réalise pas notre neshama. Notre corps, c'est le fruit; notre neshama, c'est l'arbre.
Notre corps ne réalise pas notre neshama, donc le goût du fruit n'a pas le même goût que l'arbre. Le goût de nos actions est loin des valeurs de notre neshama. Est-ce que les choses sont claires ? C'est une grande, très grande différenciation, toda rabba, une grande erreur et un grand problème.
— Ken ? La branche, pourquoi serait-elle meilleure que le fruit ? Ken ?
Parce qu'aujourd'hui, le monde, ce que tu dis est vrai. Pourquoi ? Tout simplement: si aujourd'hui nous goûtons le fruit, que nous y trouvons un goût, et que dans la source nous ne trouvons pas de goût, cela veut dire qu'en réalité notre tête, notre cerveau, se base seulement sur les résultats. Ce qui nous intéresse dans la vie aujourd'hui, ce sont les résultats, et l'on se …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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