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Pourim, l'odorat et le secret de la Gueoula

Pourquoi la Guemara ordonne de boire à Pourim : l'odorat, sens resté intact, ouvre la voie du tikkun.

11 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pourim selon la Torah du Secret et la chute des mondes, 2 h 09

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom. Aujourd'hui, b'ezrat Hachem, nous allons commencer un chiour sur Pourim, pas très long, qui concerne une des facettes de cette fête et, d'une manière générale, du mois d'Adar. Il est écrit dans la Méguila, dans la Guemara de Méguila, à la page 7: « Chaque homme doit se parfumer. »

C'est-à-dire boire du vin, jusqu'à ne plus savoir la différence entre le maudit Haman et le béni Mordekhaï. Qu'est-ce que les Sages viennent nous enseigner par cette halakha, qui paraît très étrange ? On n'a jamais vu dans la Torah que les Sages nous obligent à boire de cette manière, jusqu'à perdre la raison.

Perdre la connaissance, perdre le savoir, ne plus faire de distinction entre quelque chose d'aussi énorme que Mordekhaï et Haman. Comment les Sages sont-ils arrivés à une conclusion telle que celle-ci ? Ils nous disent qu'il faut revenir à la base. Nous savons qu'à la base, c'est-à-dire lors de la création du monde, lorsque HaKadosh Baroukh Hou a créé l'homme et la femme,

et que le serpent est apparu. Quand le serpent a commencé à faire tomber Ève, puis par la suite Adam, dans cette faute, cette fameuse faute d'avoir mangé de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, si vous remarquez, là-bas, dans les passoukim, dans les versets, on mentionne que tous les sens de l'homme se sont perturbés. C'est-à-dire que l'odorat est le seul sens

de tous les sens de l'homme qui n'a pas été touché. On voit par exemple, comme il est écrit: « La femme a vu que l'arbre était bon à consommer, qu'il était une attirance pour les yeux. » Donc on voit que les yeux sont tombés dans la faute. Ensuite il est écrit: « La femme a pris le fruit. »

Le sens du toucher a été endommagé. « Vatokhal », elle a goûté, donc le sens du goût a été perturbé. Elle a entendu le conseil, le mauvais conseil du serpent, donc l'ouïe a été perturbée, endommagée. Il nous reste donc un seul sens, l'odorat, à propos duquel il n'y a rien. Rien n'est écrit. Et les Hakhamim nous disent, en conclusion, que l'odorat est le seul sens qui est resté intègre, entier, pur, qui n'a pas été perturbé ni endommagé dans cette première faute.

Et pourquoi est-ce si important ? Parce qu'il nous faut un point, un début de fil à tirer pour la correction, pour faire le tikkoun, pour faire la réparation. Devant les cinq sens qui étaient complètement perturbés, on ne sait pas trop par quel bout commencer pour la correction. Or, là, nous avons un sens qui n'a pas été endommagé. Et ce sens, par le sens de l'odorat, nous avons la capacité de tirer un fil et de commencer à réaliser notre vrai tikkoun, notre réparation.

Et c'est pour cela que la véritable traduction de ce que disent les Sages dans la Guemara que nous avons citée tout à l'heure, dans le traité de Méguila à la page 7, n'est pas que l'homme doit se saouler à Pourim. Les Sages ont volontairement employé le terme de bassoumé, qui a la même racine que bossem, le parfum. C'est-à-dire que l'homme doit s'enivrer dans le sens de se parfumer de vin le jour de Pourim.

Pourquoi ? Pour nous rappeler justement le sens qui n'a pas été endommagé, le sens de l'odorat. Et donc les Sages nous disent que, par l'odorat, le jour de Pourim, nous avons quelque chose de très fort qui peut nous sortir de la négativité qui se trouve dans cette période-là, pour nous ramener vers la lumière. Alors je vous pose la question: quelle négativité, et peut-elle exister le jour de Pourim ?

Tout simplement, lorsque les Sages vont chercher Haman dans la Torah, ils posent la question: « Haman minatora minayn ? » Où a-t-on vu, pour la première fois, Haman dans la Torah ? Et les Sages nous renvoient à ce même épisode: « Hamin ha-êts acher tsiviti'kha levilti akhol mimenou akhalta ? » Est-ce que tu as mangé de l'arbre interdit ? C'est-à-dire que les Sages

vont chercher Haman dans la consommation de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et au lieu de lire là-bas « Haman », il est écrit « Hamin », Hamin ha-êts. Seulement, comme dans la Torah il n'y a pas de points-voyelles, le Hamin ha-êts peut aussi se lire Haman ha-êts: Haman et son arbre. C'est très étrange, car on sait très bien que Haman va finir pendu sur un arbre. Il y a donc ici

un jeu de mots. Et les Sages nous disent: non, ce n'est pas un jeu de mots. Le véritable Haman, en réalité, c'est le serpent. C'est le premier serpent qui a fait tomber Adam et Ève, qui les a fait descendre d'un degré de vie vers un degré de soi-disant connaissance du bien et du mal, et qui, en réalité, a perturbé toute l'existence même de la vie, puisque la mort est arrivée en même temps, malheureusement. Or, pour sortir de ce degré-là,

il faut prendre le point qui n'a pas été endommagé, donc l'odorat, et c'est par lui qu'on va commencer à tout sortir. Quelque chose de très intéressant: les deux acteurs principaux de cette Méguila, Mordekhaï et Esther, sont liés à l'odorat. Mordekhaï se lit aussi Mordo, qui veut dire le parfum que l'homme a en lui. C'est-à-dire que Mordekhaï est l'homme parfumé, par définition.

Et Hadassah, Esther, s'appelle Hadassah, la Méguila nous le dit. Hadassah est aussi l'herbe, le hadass, qui dégage un parfum extraordinaire. Nous voyons donc ici que les deux acteurs, Mordekhaï et Esther, sont eux aussi intimement liés au sens de l'odorat qui n'a pas été endommagé. On voit donc qu'il y a quelque chose de très intéressant: l'enivrement de Pourim, le bassoumé de Pourim, le bossem, le parfum de Pourim, c'est une allusion à la correction de la faute.

Par contre, il y a quelque chose de assez délicat, et il faut essayer de comprendre ce qui se passe. Il est écrit: jusqu'à quand faut-il se parfumer de vin, jusqu'à quand faut-il s'enivrer de vin ? Jusqu'à ce que nous perdions la connaissance. Jusqu'à ce que tu arrives à un degré de lo yada, de ne pas connaître. Et qu'est-ce qu'il ne faut pas connaître ? Qu'est-ce qu'il faut oublier, en réalité ?

Nous l'avons dit tout à l'heure: nous devons oublier que Mordekhaï est le bon et que Haman est le mauvais. Là, cela devient un peu plus délicat. Tout le sens de Pourim, c'est justement de savoir que Haman est le mauvais et que Mordekhaï est le bon. Et on nous demande, paradoxalement, de nous saouler pour ne plus savoir que Haman est le mauvais et que Mordekhaï est le bon. Il y a donc un problème, un paradoxe qui s'installe ici devant nous.

En réalité, l'essentiel de ce jour de Pourim se trouve à l'intérieur de ce paradoxe, de cette contradiction. Nous devons comprendre d'abord que HaKadosh Baroukh Hou se dévoile dans ce monde dans le bien comme dans le moins bien. HaKadosh Baroukh Hou …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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