L'attente active de la Gueoula, selon le Rav Harlap
Voir l'action divine dans l'histoire d'aujourd'hui : la Tzipia comme processus, non comme date.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le désir de Dieu, moteur de la Gueoula d'Israël, 23 min
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Aujourd'hui, nous allons, dans notre rythme de cours, développer la question de la délivrance du peuple d'Israël et la délivrance du monde, qui passe par la délivrance d'Israël, et en particulier l'attente. Le degré de l'attente, le sujet de l'attente, l'attente de la Gueoula, ce qu'on appelle en hébreu tsipia. La tsipia, en hébreu, ne se traduit pas exactement par l'attente, mais par la capacité à voir.
En effet, en hébreu, hitspot, c'est regarder avec des jumelles. Et lorsque les sages nous parlent de l'expression Tsipita la Yéchoua, parmi les questions que l'on pose à chaque personne lorsqu'elle quitte ce monde, jusqu'à 120 ans, l'une des questions qui sont posées à cet homme ou à cette femme: Tsipita la Yéchoua, est-ce que tu as attendu la délivrance du peuple d'Israël ?
Et là, le terme est très intéressant, puisqu'il n'est pas haqot, attendre, mais tsapot, qui se dit aussi hitspot, c'est-à-dire voir et attendre. Comment peut-on jongler avec ces deux termes qui, apparemment, ne sont pas les mêmes ? Lorsqu'on travaille en hébreu, dans les racines des mots, on s'aperçoit que la tsipia, la vraie attente, est liée intimement à la capacité à entrevoir les choses pendant cette attente.
J'explique. Pour qu'une attente soit une véritable attente, elle ne doit pas être passive, mais active. Comment attendre activement ? J'essaie de voir dans ce qui se passe devant moi, comme si j'avais des jumelles, si le processus de délivrance d'Israël avance.
Tout simplement. Cela veut dire qu'à chaque fois que j'ouvre mon poste radio et que je vois les nouvelles, que j'entends les nouvelles, je dois comprendre, voir à l'intérieur de ces nouvelles du jour, comment HaKadosh Baroukh Hou est en train de faire avancer son processus de délivrance. Si je fais un travail tel que celui-ci, je fais tout simplement une combinaison entre l'hitspot et l'tsapot, entre voir et attendre. C'est-à-dire que je vois et j'attends. J'attends activement, par une recherche visuelle et compréhensive, de moi-même et de la situation dans laquelle je suis.
Cela va combiner, en fait, les deux degrés, et cela va me permettre de participer activement, par une recherche, par une compréhension de mon histoire: comment HaKadosh Baroukh Hou, au rythme, au fil de l'histoire d'Israël, fait avancer son processus de Gueoula. Non seulement ça, mais cela va me donner un élément supérieur: je vais comprendre que la délivrance d'Israël n'est pas une date. Elle est plutôt un processus. Et ce processus-là, chaque jour de ce processus, fait partie de la délivrance elle-même.
Autrement dit, quand on parle de délivrance d'Israël, on ne parle pas d'une date ultime où la délivrance d'Israël aura lieu, mais de chaque jour qui passe, qui est une partie à part entière de cette délivrance totale. Chaque jour qui passe est une délivrance. Il fait partie de la délivrance. À condition que je puisse, moi, faire partie de cette vision, de cette tsipia, de cette tsfia, de voir, d'entrevoir et d'attendre en même temps, activement; de comprendre qu'HaKadosh Baroukh Hou, aujourd'hui, a aussi fait avancer son processus de délivrance du peuple d'Israël, qui va aboutir à la délivrance du monde entier, même si, pratiquement, aujourd'hui je n'ai pas vu le roi Machiah.
Et là, il faut bien faire la différence entre les choses. Le roi Machiah, ok ? Ce n'est pas seulement une date. Il y a une période messianique: Yemot HaMachiah. Les jours messianiques sous-entendent qu'il y a une période avec des jours qui passent et qui me préparent activement à cette délivrance qui, Be'ezrat Hachem, sera finale, aboutie. Mais chaque élément qui me fait me rapprocher de cet événement, chaque jour, est lui aussi une partie intégrante de cette délivrance d'Israël. J'espère que ça marche.
La valeur de cette tsipia, la valeur de cette attente de la délivrance, et là on a une nouveauté extraordinaire. Le Rav Harlap, 'Alav hachalom, nous donne quelque chose d'incroyable, et il nous dit la chose suivante, écoutez bien: la valeur de l'attente messianique est plus grande que la valeur de la vision elle-même de la délivrance.
Autrement dit, l'attente, l'étape dans laquelle nous sommes aujourd'hui, les jours qui précèdent le messianisme d'Israël, dans sa vision, sont plus importants que le moment du dévoilement lui-même. Incroyable. Pourquoi ? Le Rav nous dit, pour une raison très simple: c'est que la délivrance d'Israël est quelque chose d'impalpable. Pourquoi ? Elle n'est jamais terminée. Ce jour de délivrance n'est pas quelque chose que l'on peut terminer dans le temps. La délivrance est un processus, et en tant que tel, on ne peut pas le limiter à une date.
Qu'est-ce que nous attendons, en fait ? Si nous attendons un jour de dévoilement d'un homme qui s'appelle le Machiah, et qu'on croit que le jour où il va apparaître, ce sera terminé, on se trompe. C'est un processus qui ne s'arrête pas, qui avance au fur et à mesure, qui se développe au fur et à mesure. Et donc on peut dire clairement que la délivrance d'Israël a déjà bel et bien commencé. Nous sommes en plein dans cette délivrance d'Israël.
Et chaque jour qui nous rapproche de la date, entre guillemets, du dévoilement du roi Machiah, est plus important que ce jour-là, comme le dit le Rav, incroyable. Pourquoi ? Parce que ce jour-là n'est pas une fin, lui aussi. Le jour où le roi Machiah va apparaître, ce ne sera pas la fin. Ce sera le début d'autre chose. Alors, morale: quelle délivrance tu attends ? Si le jour où le Machiah apparaît, tu vas lui poser la question: « Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? », il va te dire: « Maintenant, on commence à bosser. »
Morale: tu vas te retrouver dans la même situation que tu es aujourd'hui. Tu n'as pas besoin d'attendre ce jour-là pour commencer à travailler. Voilà, je suis en train de te le dire: travaille, continue, avance dans ce processus. C'est un processus. Et le Rav ajoute qu'on n'arrivera jamais à un bout. Cela veut dire qu'en réalité le processus ne se termine pas. C'est un processus qui évolue.
Il y aura le jour du dévoilement messianique, et après il y aura une évolution de chaque jour et une bonification du monde jour après jour. Et donc on devra s'habituer dès maintenant à comprendre le processus et à travailler durant ce processus. Vous comprenez le piège de ceux qui attendent une date messianique ? Qu'est-ce qu'ils font en attendant ?
En attendant d'atteindre cette date-là, le messianisme, pour eux, n'existe pas entre-temps. Cela veut dire qu'aujourd'hui, ils ne font aucun travail de Gueoula elle-même, parce qu'ils ne considèrent pas que nous sommes déjà dans la délivrance. Parce que pour eux, la délivrance est une date. Alors que celui pour qui la délivrance est une étape, ce sont des étapes, un ensemble d'étapes. Chaque jour de cette étape, chaque escalier, chaque étape qui est…
Et tout ça, pourquoi ? Parce que chaque parcelle de délivrance, chaque dévoilement d'une délivrance, est une parcelle. Et aujourd'hui, par exemple, si nous sommes mardi, ce mardi, qui est un jour unique au monde, puisqu'il n'a jamais été et ne sera …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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