Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

La terre d'Israël, le blanc entre les lettres

Comment lire le visible et l'invisible de la prophétie, à partir du texte du Rav Harlap sur la terre d'Israël.

56 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Erets Israël, point de contact entre ciel et terre, 55 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ok. Shalom. Le cours d'aujourd'hui va porter sur l'importance de Erets Israël, de la terre d'Israël, dans les prophéties visibles à l'œil, c'est-à-dire dans les degrés qui sont concrets, mais aussi dans les degrés invisibles.

Nous allons parler de ce qu'on appelle Chazon en hébreu. Le mot Chazon signifie une vision, des visionnaires, une vision profonde de tout ce qui concerne la prophétie relative à la terre d'Israël. Avant de commencer, je vous rappelle que le peuple d'Israël a été créé pour dévoiler la lumière divine dans le monde. Cette lumière divine doit absolument, pour se dévoiler dans le monde, traverser ce prisme qui s'appelle le peuple d'Israël. Et sans ce peuple d'Israël, il n'y a pas de royaume de Dieu sur terre. En melekh belo am: il n'y a pas de roi sans qu'il y ait un royaume.

Et ce royaume se dévoile précisément lorsque le peuple vit au rythme de son degré de peuple, et non en tant qu'individu. Tout le temps de l'exil, le royaume de Dieu ne peut pas se dévoiler; c'est l'inverse. Nous profanons le nom de Dieu pendant l'exil parce que nous ne sommes pas capables de vivre en tant que peuple, c'est-à-dire peuple sur sa terre, souverain, avec tout ce qui concerne la vie d'un pays et d'un peuple. Le retour d'Israël sur sa terre vient donc ouvrir cette capacité à dévoiler Dieu dans le monde.

La royauté du nom de Dieu, la royauté de Dieu dans le monde, peut commencer véritablement à vivre et à se faire voir seulement lorsque le peuple d'Israël revient sur sa terre, car là il dévoile son degré de peuple. Le filtre par lequel Dieu doit passer est alors un filtre assez puissant pour contenir la lumière divine. Pourquoi je parle d'un filtre ? Tout simplement parce que de la même manière qu'une lampe électrique

— Ok. Ok.

Quelqu'un qui n'a pas d'Eloha, pas de Dieu, dans les termes français… il y a beaucoup de difficultés quand on traduit, on trahit. La Guemara dit à plusieurs endroits, dans Ketoubot et dans Avoda Zara, que celui qui n'habite pas en Erets Israël ressemble à quelqu'un qui n'a pas d'Elohim, qui n'a pas d'Eloha. C'est-à-dire que le nom de Dieu, Elohim, celui qui vient se dévoiler dans la nature, car la valeur numérique du mot Elohim est la valeur numérique du mot ha-teva, la nature.

Ça, c'est le degré qui ne se dévoile pas. Donc, je résume: celui qui habite en dehors d'Israël peut avoir le tétragramme, Yod Hé Vav Hé, mais il n'a pas la capacité à faire descendre ce tétragramme pour le dévoiler véritablement au niveau de la nature. Je ne parle pas encore une fois au niveau individuel, car la nouveauté, lorsque le peuple revient sur sa terre, c'est que la Torah passe du degré individuel, de la plateforme individuelle, à la plateforme collective. Et c'est par le collectif d'Israël qu'on dévoile HaKadosh Baroukh Hou, et non pas par l'ensemble de ces individus.

Moralité: le changement est radical entre la vie toranique en exil et celle en Erets Israël. En Erets Israël, vous avez traversé un degré, de l'individualisme au collectif d'Israël.

Donc on va commencer le texte. Le texte est pris du livre Meymaroun du Rav Harlap, zatzal, et on va essayer de le développer ensemble. Je traduis. La vision, razit, vient du mot raz, en hébreu, qui veut dire secret. La vision des secrets, c'est nous expliquer, très bien, que tout ce qui est visible à l'œil n'est en réalité que le coin, l'extrémité, la dernière extrémité de chaque degré.

En d'autres mots, lorsque nous voyons quelque chose dans ce monde, on voit la pointe, l'extrémité de la chose, son degré qui se dévoile, mais ce n'est pas encore la chose elle-même. C'est le dévoilement de cette chose. On l'appelle, en français, la pointe ou le sommet de l'iceberg, et on ne voit pas ce qui se passe sous l'eau.

Le regard de l'homme n'arrive pas à ce qui se trouve dans un endroit donné. Dans l'exemple de l'iceberg, c'est ce qu'il y a sous l'eau, et on voit en réalité seulement ce qui est visible. Si je prends un autre exemple: lorsque vous regardez un homme, vous ne voyez que sa partie dévoilée. Mais il y a une partie beaucoup plus grande, infinie, que vous ne voyez pas, qui est la partie de la neshama.

Ne concluez donc pas que lorsque vous voyez quelque chose extérieurement parlant, c'est toute la chose. Ce n'est pas toute la chose; c'est une partie de la chose, la partie qui se dévoile. C'est la partie extrême, arrivée au degré de la matière, du dévoilement, des mesures terrestres au niveau du temps et de l'espace. Mais il existe des degrés beaucoup plus profonds que cette vision extérieure des choses.

Dans les Pirkei Avot, les sages nous disent: ne regarde pas l'extériorité des choses dans ce monde; regarde plutôt ce qui se passe à l'intérieur. Pourquoi les sages nous disent-ils de ne pas voir les choses au niveau de leur extériorité ? Ce n'est pas qu'ils nous interdisent de voir l'extériorité des choses. Le problème, c'est le piège de rester coincé uniquement dans la partie superficielle.

Et donc les sages nous disent: nous savons que vous allez toujours être attirés par la partie superficielle des choses, ça fait partie de notre monde; mais sachez regarder aussi l'intériorité, ce qui se trouve à l'intérieur. Donc continue le Rav: nous voyons souvent ce qui est dévoilé et ce qui n'est pas dévoilé.

Un degré beaucoup plus élevé se trouve dans la partie qui n'est pas visible à l'œil de l'homme. Et c'est une multiplication de bénédictions que d'avoir un œil profond, et de savoir voir la réalité des choses dans leur profondeur, et pas seulement dans la partie hitsoni.

Hitsoni, qui veut dire extérieur, mais qui veut dire aussi, en hébreu, racine du mot hatsitsa, donc séparation. Un exemple: la femme n'a pas le droit d'entrer dans un mikvé s'il y a quelque chose qui empêche l'eau d'arriver à un certain endroit de son corps. Cette partie s'appelle hatsitsa, ça vient du terme hots, ce qui fait sortir et qui ne fait pas entrer. Donc la superficialité, en hébreu, se dit hitsoniout, ça vient du mot hatsitsa: ce sont les parties de notre vie qui nous font obstacle et qui nous séparent de la vision de l'intériorité de la vie.

Chacun de nous doit développer donc, par l'étude de la Torah, des yeux intérieurs, des yeux de l'intériorité: un regard qui ne voit pas seulement ce qui est visible au premier degré, mais qui sait creuser au deuxième, au troisième, au quatrième degré. C'est pour ça que l'étude de la Torah est composée de quatre degrés.

Le pshat, qui est la partie superficielle. Le remez, l'allusion: c'est la partie qui donne déjà; lorsque je dis « blanc », je ne veux pas dire seulement la teinte de quelque chose, mais je veux dire la pureté, par exemple. Le drash, où l'on commence à dorech, on va chercher des causes et des effets. Et …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

Dans la même série

Cycle numéroté d'études sur la Gueoula donné au Mahon Meir.

  1. 16
    Entre Pessa'h et Chavouot : de la Gueoula reçue à la Gueoula conquise
    Le Omer comme chemin de l'homme : du don gratuit de la sortie d'Égypte à la Torah acquise par ses mesures.
    26 min
  2. 17
    Les trois phases de la délivrance selon le Rav Kook
    Atchalta de Gueoula, Gueoula et Gueoula chéléma : pourquoi les crises annoncent la délivrance.
    21 min
  3. 18
    L'attente active de la Gueoula, selon le Rav Harlap
    Voir l'action divine dans l'histoire d'aujourd'hui : la Tzipia comme processus, non comme date.
    21 min
  4. 19
    Le désir de Dieu, moteur de la Gueoula d'Israël
    Le rav Harlap explique comment la recherche intérieure du divin, même fautive, prépare la délivrance du peuple.
    23 min
  5. 20
    La terre d'Israël, le blanc entre les lettres
    Comment lire le visible et l'invisible de la prophétie, à partir du texte du Rav Harlap sur la terre d'Israël.
    En cours de lecture
  6. 21
    Erets Israël, point de contact entre ciel et terre
    Le Rav Harlap explique pourquoi Yerouchalayim peut contenir la lumière divine et pourquoi la Gueoula dépend du retour du peuple.
    55 min
  7. 22
    Terre d'Israël, terre de prophétie selon le Rav Kook
    Pourquoi la prophétie est liée à la terre d'Israël, et comment Yonah et Avraham l'illustrent.
    52 min
  8. 23
    Le secret de la Terre d'Israël : l'amour de Dieu pour son peuple
    Pourquoi servir Dieu en Erets Israël dépasse la logique de récompense et de punition, selon le Rav Harlap.
    54 min
  9. 24
    Tfilin, Erets Israël et l'identité retrouvée
    Pourquoi la terre d'Israël se ressent avec finesse, et comment l'exil fait perdre l'identité d'Israël.
    53 min
  10. 25
    La chute qui prépare l'élévation selon le Rav Harlap
    Pourquoi l'exil est une descente qui prépare une élévation plus haute, et ce que signifie la Gueoula.
    54 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav