Torah et royauté : le sens politique de la terre d'Israël
Pourquoi la Torah exige une souveraineté juive sur la terre d'Israël, et ce que dit le Zohar à ce sujet.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Pourquoi la Torah exige la Terre d'Israël, 5 min
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Chalom Vracha, dans notre série concernant le lien à la terre d'Israël, puisque nous sommes dans le livre de Bamidbar, le livre du désert, qui risque de nous faire perdre notre direction, notre sens, notre devenir. Ce désert vient nous enseigner beaucoup de choses, en l'occurrence comment affronter tous les problèmes qui risquent d'arriver durant cette marche, et je dirais même cette démarche, qui nous fait sortir de nos exils pour nous faire arriver à notre identité, à notre terre, à notre niveau essentiel, celui qui correspond justement à notre essence.
Nous avons parlé la dernière fois de la faute des explorateurs, c'est-à-dire de ce genre de personnages avec ce genre d'idées, qui se répète, qui revient, qui réapparaît au fil des générations, jusqu'à aujourd'hui: une peur d'accéder à la terre d'Israël, et une certaine assurance de rester en exil dans une Torah confinée, dans un certain mont Sinaï, qui est toujours dans le désert, mais sans réaliser réellement son être, c'est-à-dire ce pourquoi le peuple d'Israël fut créé: être une nation sur sa terre. Car le peuple d'Israël ne peut révéler l'unité divine que lorsqu'il se trouve sur sa terre.
Ce sont les paroles du Zohar HaKadosh: « Tu es un. Ton nom est un », c'est-à-dire que ton dévoilement est un. Et il y a un seul peuple qui peut le dévoiler. Mais où est-il, Goy Ehad, un seul peuple, dans cette unité capable de révéler l'unité divine et l'unicité divine ? BaAretz, Goy Ehad BaAretz, dit le Zohar HaKadosh: seulement en terre d'Israël ce peuple peut dévoiler l'unité divine. En dehors de cette terre, ce n'est pas possible. On peut certes développer un judaïsme individuel, mais on ne peut pas réellement vivre au niveau du peuple d'Israël, de la nation d'Israël.
Et là, j'introduis une notion qui fait peur, et je comprends: la notion politique. Nous avons une tendance, en tant que religieux, en tant que juifs pratiquant la Torah et les mitsvot, à croire que la Torah est céleste et qu'elle n'a pas de lien avec la politique terrestre. C'est peut-être vrai pour les nations du monde. Sur la terre d'Israël, nous avons été créés afin de faire descendre ces valeurs du ciel dans les éléments de ce monde. Or, les éléments de ce monde et les tactiques de ce monde, cela s'appelle, dans un terme connu, la politique.
Je veux dire par là que la Torah, non seulement ne nous dit pas de rester dans le ciel des valeurs de la Torah, mais elle nous oblige à faire descendre ces valeurs dans les éléments de ce monde. Si les hommes de Torah n'entrent pas dans ce monde de la politique pour y amener les valeurs de l'infini, qui voulez-vous qui le fasse ? C'est comme si nous laissions en réalité les éléments de ce monde aux mains de personnes qui n'ont aucune valeur, qui ne comprennent pas, qui ont peut-être oublié ces valeurs-là.
Donc si nous ne prenons pas cette responsabilité, celle de faire acheminer ces valeurs divines dans le monde de la politique pour que la politique soit divine, on risque de perdre ce pour quoi nous avons été créés, et de laisser cette politique aux mains d'hommes et de femmes qui ne connaissent pas ce secret. Il faut donc prendre les rênes, prendre nos responsabilités, et savoir que cela est le but même de notre entrée en Erets Israël.
Dans le terme de la Kabbale, cela s'appelle Malkhout. Malkhout, ce n'est pas seulement le terme qui révèle le nom d'une sphère, la Malkhout, bien entendu, mais il faut savoir ce que cela représente. La Torah représente en fait un degré qui, dans la Kabbale, s'appelle Tiferet, un équilibre. Mais cet équilibre doit trouver le côté féminin qui le dévoile, et ce côté féminin s'appelle Malkhout. Donc Tiferet, masculin; Malkhout, féminin. Ils doivent se marier.
Et la Malkhout, c'est en réalité la royauté d'Israël, au sens le plus clair et le plus simple, avant bien entendu d'être aussi à un niveau ésotérique. Ça veut dire qu'il faut à la fois la Torah et la Malkhout. On ne peut pas vivre dans la Torah si la Torah n'a pas de Malkhout. À tel point que les sages, dans la Guemara, nous disent: « Kol haomer ein li », celui qui dit « je n'ai que la Torah, il n'y a rien d'autre »; « Afilu Torah ». Même la Torah, il ne l'a pas.
Pourquoi ? Parce que tant qu'il n'y a pas d'élément féminin, qui s'appelle la Malkhout, qui s'appelle en réalité le dévoilement dans ce monde, dans les structures politiques de ce monde, il n'y a pas de royaume d'Israël. Je vous rappelle, pour terminer ce petit cours, que tant qu'Israël n'est pas souverain sur sa terre, il n'y a même pas de mitsva d'habiter en terre d'Israël si nous n'avons pas une souveraineté.
David Hamelekh était en terre d'Israël. Lorsqu'il est parti dans une ville où il n'y avait pas de souveraineté de roi d'Israël, il dit de lui-même qu'il a fait de l'avodah zara, parce qu'on l'a renvoyé de Jérusalem pour aller à Kiryat Gat. Or à Kiryat Gat, il y avait un roi, le roi de Gat, et étant donné qu'il n'y avait pas de royaume d'Israël à cet endroit, David Hamelekh dit: « Lekh ovod elohim aherim », c'est comme si on m'avait dit: va servir d'autres dieux.
Ce renvoi à la Guemara dit clairement que tout homme qui habite en dehors de la terre d'Israël, c'est comme s'il faisait de l'avodah zara. Il y a donc quelque chose d'essentiel ici: faire le lien entre Hakadosh Baroukh Hou et la Chekhina, entre le peuple d'Israël et sa terre, entre la Torah et la Malkhout. Et cela s'incarne bien entendu dans tous les éléments que j'ai dits tout à l'heure,
y compris les éléments de la politique. Toda raba.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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