Le rêve, la nation d'Israël et la mitsva collective
Pourquoi l'identité d'Israël précède la pratique individuelle, et comment le rêve régénère l'homme.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le kavod d'Israël, poids d'Hachem dans le monde, 57 min
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Donc, juste un petit récapitulatif de ce qu'on a dit jusqu'à maintenant. Et après, je reprendrai, je vous dirai le point où je reprends. On va reprendre Be'ezrat HaShem de l'autre côté de la page, parce que nous sommes arrivés et on a fait toute la première page, mais je voulais juste faire un petit rappel. D'abord, le Rav nous enseigne qu'il faut aimer la vérité et la justice.
Quelqu'un qui aime la vérité et la justice, c'est quelqu'un qui dévoile réellement son appartenance au peuple d'Israël, qui a été créé avec cette qualité d'être collé, d'adhérer à la vérité divine. Puisque notre rôle, je vous le rappelle, dans ce monde, c'est de dévoiler l'objectivité divine, la parole d'HaKadosh Baroukh Hou. On appelle ça, avec d'autres termes, sa royauté, c'est-à-dire les valeurs de l'infini que nous devons dévoiler dans ce monde fini.
Donc c'est un rôle difficile, puisque nous devons élever la morale de ce monde à des niveaux que ce monde ne connaît pas encore. Nous avons donc un rôle ingrat, parce que nous nous plaçons comme détenteurs d'une vérité qui vient de l'au-delà. Et on a du mal à passer, puisque les nations du monde refusent ce qui, apparemment, ne vient pas de ce monde. On est comme des étrangers dans ce monde, et tous nos éléments sont étrangers dans ce monde. Même lorsque nous construisons un Beit Hamikdash, un temple, ce temple est voué automatiquement à la destruction. C'est pour ça que les temples d'Israël ne tiennent pas.
Ils sont détruits au bout de quelques centaines d'années. Pourquoi ? Parce que ce monde a du mal à contenir et à retenir des données qui ne viennent pas de ce monde, qui sont étrangères à ce monde. C'est comme s'il y avait un rejet. Donc on a du mal. Le troisième temple, bien entendu, sera définitif, parce que justement le monde aura changé de nature, il va être capable de retenir ces notions divines.
Et donc le Rav nous invite à adhérer à cet absolu, à cette vérité, à ce divin qui nous anime, bien entendu en étudiant la Torah, en développant notre qualité naturelle, mais cela passe par l'étude de la Torah.
Le Rav dit dans le deuxième chapitre, que nous avons vu, que le nationalisme d'Israël, s'il n'est pas lié à la Torah, est très dangereux. C'est-à-dire que nous ne sommes pas des hommes nationalistes qui se découpent, chas vechalom, de la Torah. Parce que notre but, ce n'est pas seulement de créer une nation, mais de créer une nation pour amener dans ce monde la vérité d'HaKadosh Baroukh Hou, qui passe par le canal de la Torah.
Ce n'est donc pas un sionisme laïque. C'est un sionisme qui tient obligatoirement sa source dans la vérité absolue d'HaKadosh Baroukh Hou. Et il faut faire très, très attention, sinon tout est faussé, tout est falsifié. Le degré que le Rav développe et met en relief, c'est que nous sommes une nation et pas une religion. C'est-à-dire que nous sommes naturellement Israël.
Nous sommes nés Israël. Et notre côté, entre guillemets, religieux (je n'aime pas trop ce terme, mais il existe), notre côté religieux, on va dire, c'est un degré qui dévoile en fait notre identité au niveau de la nation d'Israël. Donc la Torah et les mitsvot que nous appliquons viennent pour dévoiler notre identité. Ce sont des degrés qui font partie de nous.
La Torah est à l'intérieur de nous. Elle nous a été donnée par l'Infini, béni soit-Il, dans notre monde. Et nous devons développer cette Torah dans notre collectif, Israël, et pas seulement au niveau individuel. Et c'est ça, le Kiddouch, c'est ça la nouveauté: ce n'est pas que je deviens un religieux individuellement, qui pense et qui se soucie de son Olam privé, ce qui est vrai aussi. Mais avant tout,
je m'identifie à ma nation d'Israël, je comprends que toute cette Torah vient, a été donnée à la nation d'Israël, et c'est par cette nation que je reçois la qualité, comme un rayon de soleil qui arrive chez moi, de ce grand soleil qui se trouve chez la nation d'Israël, pour moi-même appliquer cette Torah selon mon degré à moi, individuel, ma couleur à moi. C'est-à-dire, avec des mots simples:
nous partons d'un degré collectif, qui est de l'ordre de la neshama de notre peuple, mais on arrive aussi à chacun de nous, au niveau individuel. Et je dois respecter ce que je suis au niveau individuel, c'est-à-dire mes qualités d'homme individuel, avec mes capacités à moi, et ne pas me déguiser en quelqu'un d'autre. Être moi-même. Et lorsque je fais passer par moi-même ce grand collectif Israël,
eh bien, je lui donne encore une autre couleur, ma couleur personnelle, mon degré personnel, mon relief personnel et ma nuance personnelle. Et c'est très important, parce que ce que moi je vais apporter à la nation n'est pas ce que toi tu vas apporter à la nation, et donc on va se compléter. Chacun de nous va apporter une vision différente, un degré différent, qui va compléter le tout.
Il peut apporter, mais il ne doit pas être quelque chose qui reste uniquement dans la laïcité. C'est-à-dire que le sionisme laïque est un passage obligatoire, mais il ne faut pas rester dans ce passage. C'est comme les mitsvot. Si les mitsvot deviennent un but en soi, et que tu ne fais rien d'autre, tu n'as pas compris le sens. Là aussi, les mitsvot ne sont pas un but, elles sont un moyen. Le but, c'est la Torah,
c'est-à-dire l'enseignement, l'éclairage. Alors que les mitsvot sont les moyens pour arriver à éclairer cette vie que nous avons. En hébreu, mitsva veut dire « équipage ». Tsevet: je fais équipe avec celui qui m'a donné l'ordre de faire, c'est-à-dire de faire passer cette lumière. En d'autres termes, quand je fais une mitsva, quand je réalise une mitsva, je fais en sorte de faire descendre, de faire circuler du divin sur terre. D'accord ?
Donc il faut savoir que les choses sont importantes dans notre vie, mais il ne faut pas s'arrêter là. Il faut tout le temps chercher le degré vers lequel je dois arriver, ne pas me bloquer dans un système intermédiaire en croyant que c'est un système de but. Ne pas faire en sorte que l'intermédiaire devienne définitif. Il faut respecter l'intermédiaire, mais il faut savoir que c'est un intermédiaire, et il faut lui donner toute sa valeur.
Donc le sionisme est un acte obligatoire pour la nation, c'est-à-dire le retour à Tsion. Mais ce retour à Tsion, il faut savoir qu'il puise sa source dans des degrés divins. C'est HaKadosh Baroukh Hou qui nous fait revenir à Tsion. C'est HaKadosh Baroukh Hou qui nous a ordonné de revenir sur cette terre. Ce n'est pas parce que j'ai envie de vivre seul avec des juifs autour de moi. Bien.
C'est quelque chose qui est de l'au-delà, c'est un ordre divin, comme l'ordre de faire Chabbat et de faire autre chose, mais à un niveau beaucoup plus large: pour que la nation d'Israël puisse jouer son rôle dans l'histoire, elle doit se trouver sur sa terre. Pourquoi ? Tout simplement …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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