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Le psaume 107 et le retour des exilés

Le Rav Kling montre que le psaume 107 décrit le retour des exilés et la fondation de l'État d'Israël.

11 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Avraham le pompier et le château en flammes, 1 h 16

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous ! Savez-vous que, d'habitude, pour fixer des halakhot, des lois, on ne se sert pas des psaumes, du livre de David, des Tehilim ? Non. Les lois, les mitsvot, on les prend de la Torah. Mais il y a une exception de taille.

Comment savons-nous qui doit remercier Dieu en faisant aujourd'hui Birkat HaGomel quand on monte à la Torah ? Vous savez: qui doit remercier Dieu en particulier du fait qu'il a échappé à quelque chose de grave ?

Eh bien, ils sont quatre. Il y a celui qui a traversé les fleuves et les océans. Il y a celui qui a traversé les déserts et qui s'en est sorti. Il y a celui qui était très malade et qui finalement est sorti de sa maladie. Et puis il y a celui qui était en prison et qui a été délivré. Voilà, les quatre qui doivent normalement faire la Birkat HaGomel, donc remercier Dieu, quand ils ont réussi à passer le danger.

Et d'où est-ce qu'on le sait ? Eh bien, on le sait d'un mizmor, d'un chapitre des psaumes. C'est le chapitre Kouzari, 107, et c'est celui-là qui parle en effet des quatre possibilités, des quatre cas. On décrit les quatre cas, chacun en particulier, et puis on termine toujours par le même refrain: Yodou LaHachem Hasdo*, que tout cela remercie Dieu pour sa bonté et pour le fait qu'il les a aidés.

Mais, quand on regarde bien le fameux chapitre 107, on s'aperçoit que les sages, quand ils ont tiré une halakha au niveau individuel, ont un peu tiré sur la ficelle, si vous voulez. Parce que le texte lui-même ne parle pas des cas individuels. Il parle du cas national, du peuple juif en général.

Ça commence ainsi: Hodou LaHachem ki tov, « Remerciez Dieu parce qu'il est bon », ki le'olam hasdo, « Sa bonté date de toujours, elle est depuis tout temps ». Et de qui parle-t-on ? Qui en particulier ? Yomrou Gueoulé Hachem, « Ceux qui ont été rachetés par Dieu », Hachem Ga'alam miyad tsar, qui ont été délivrés d'une certaine détresse. Et là, pour ceux qui n'ont toujours pas compris: Mé'haratsot kibetsam, mimizrah oumimaarav, mitsafon ouyam, en les sortant de leur exil, là où ils étaient dispersés, et en les rassemblant sur leur pays, qu'ils viennent du nord, du sud, de l'est ou de l'ouest.

Alors déjà, « du nord, du sud, de l'est ou de l'ouest », on parle du retour des exilés. Contemporain, bien sûr. Parce que le précédent retour des exilés, ils étaient tous en Babylonie. Il n'y avait pas le nord, le sud, l'est et l'ouest.

Donc, par prophétie, lorsque David écrit ce mizmor, il parle – peut-être sans le savoir lui-même – de notre retour des exilés qui sont dispersés dans les quatre coins du monde. C'est cela qu'il faut remercier Dieu.

Et là commence, après ces versets d'introduction, le détail. Tout le monde doit remercier Dieu pour ce qui est arrivé, pour le rassemblement des exilés, mais en particulier quatre catégories d'exilés dont le retour s'est fait de manière un peu particulière.

La première strophe, après les versets introductifs, c'est ceux qui sont perdus dans le désert. Je ne vais pas vous lire tout le chapitre, mais on parle très nettement de ceux qui sont partis dans le désert et qui ont échappé à des dangers réels – des dangers de faim, de soif, etc. – et qui malgré tout sont arrivés à la fin, el ir moshav, à un endroit habité. C'est-à-dire qu'ils sont arrivés finalement en Erets Israël, et ceux-là doivent en particulier remercier. On retrouve le refrain: Yodou LaHachem Hasdo, louez Dieu, qui est bon.

Quand on décrit le cas de ces gens-là, on nous en parle comme de ceux qui tou bamidbar, bishimon darekh, ir moshav lo matsaou, qui ont été perdus dans le désert, à la recherche d'un point d'arrêt où l'on pouvait s'asseoir et se reprendre, pour manger, se reposer, boire et repartir.

Quand on lit ce passage, je ne sais pas très bien comment nos ancêtres, pendant des siècles, ont étudié ce chapitre, je ne sais pas à quoi ils pensaient. Mais nous, aujourd'hui, nous savons très bien de quoi il s'agit: des exilés qui sont revenus en Erets Israël en traversant des déserts dangereux, et certains y ont laissé des parents, des proches.

Je pense en particulier aux Juifs du Yémen, qui sont venus par plusieurs vagues d'immigration. Les grands-parents, aujourd'hui, vous racontent leur odyssée. C'était vraiment quelque chose de très grave. J'ai connu une femme, *Hakfa Maimon, qui racontait qu'ils étaient partis de leur petit village du Yémen, une cinquantaine, et qu'ils sont arrivés finalement là où il y avait les avions qui pouvaient les amener, et ils n'étaient plus qu'une quinzaine, dont cette jeune fille qui, aujourd'hui, est devenue une Israélienne qui a fait énormément pour justement faire refleurir le désert.

Ça, ce sont les premiers. Il faut peut-être y associer, je suppose, les Éthiopiens, qui ont plus ou moins la même histoire et qui racontent eux aussi à quel point ils ont traversé à pied des déserts jusqu'à atteindre la terre ferme.

Deuxième catégorie, deuxième strophe: Yoshvei choshekh vetsalmavet, assourei oni ouvarzel, ceux qui étaient prisonniers derrière le fer. Barzel*, c'est le fer. Et je pense évidemment au rideau de fer, c'est-à-dire à ceux qui ne pouvaient pas sortir. Soit c'était la grande prison que constituait l'Union soviétique elle-même, soit, à l'intérieur même de l'Union soviétique, ces fameux activistes, ces Juifs qui ont été enfermés et qui ont passé des années dans les cachots du KGB.

De ceux-là on parle dans la deuxième strophe: ceux qui étaient derrière les barreaux, et qui ont crié pour supplier qu'on les fasse sortir. Et quand finalement ils en sont sortis, eh bien ceux-là aussi, Yodou LaHachem Hasdo, doivent évidemment remercier Dieu pour ce qui leur est arrivé.

Troisième strophe. Là, c'est beaucoup plus grave, si vous voulez. C'est beaucoup plus tragique. On parle de ceux qui sont arrivés jusqu'aux portes de la mort. J'ai oublié le verset: Kol okhel tit'av nafsham, vayagiou ad shaarei mavet. Shaarei mavet, les portes de la mort.

Je ne sais pas à quoi vous pensez quand vous entendez shaarei mavet, mais moi je pense à cette photo très connue du portail du camp d'Auschwitz, où, une fois qu'on était entré, on avait très peu de chances d'en sortir. Ce qu'on appelle shaarei mavet, ce sont les portes de la mort. Et certains ont franchi ces portes pour mourir quelques instants plus tard. De cela, on parle en détail.

Dans cette strophe, on parle même du fait que, après coup, lorsqu'on leur a donné à manger, ces repas mêmes n'ont plus pu être digérés. Ceux qui ont réussi à tenir jusqu'à la fin sont parfois morts une fois délivrés, parce qu'ils se sont précipités sur la nourriture et que le corps n'y était plus habitué. Et on en parle aussi ici: Kol okhel tit'av nafsham. C'est assez incroyable de voir à quel point cette strophe rentre réellement dans la situation de ces Juifs qui ont …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Élie Kling ».

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