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Sainteté et nature selon le Rav Kook

Pourquoi la révélation du Sinaï se distingue des autres récits de révélation, et ce que cela change pour l'émouna.

1 h 05

Rav Oury Cherki

Ensuite : L’évolution d’après le Rav Kook, 29 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonsoir à tout le monde. En fait, vous savez grâce à qui toutes ces activités se produisent. C'est grâce à Abraham Bliard, parce que derrière toute grande femme se cache un grand homme. Merci, merci, merci.

Nous nous sommes réunis aujourd'hui pour faire connaissance de la traduction d'un de mes livres que vous avez ici, Sainteté et Nature. Ce livre n'a pas été écrit en français à l'origine, je l'ai écrit en hébreu. Il vient d'être traduit en français, en anglais et en portugais. Oui, en portugais, ça arrive.

Ce livre qu'on vous présente aujourd'hui est un recueil, une série d'articles qui ne sont pas organiquement liés l'un à l'autre, mais qui sont à mon avis indispensables pour répondre à des questions existentielles de notre génération actuelle. De quoi s'agit-il ? Je me suis posé la question depuis des années: il y a des questions qui sont souvent laissées sans réponse. Donc il faut donner des réponses.

Par exemple, des questions qui ont rapport au fondement de l'émouna, comme les interrogations de la critique biblique, ou bien des interrogations d'ordre moral, telles que comment confronter le yetser hara. Il y a des questions d'ordre scientifique: que fait-on des relations entre la science et la Torah ? Et tant et tant d'autres choses, qui font que j'ai pensé qu'il était important de donner des réponses.

Alors, comment est-ce qu'on trouve des réponses ? On a des réponses soit par notre intelligence, mais là, ça a des limites, soit dans les sources de la Torah, et ça, ça n'a pas de limites. C'est la raison pour laquelle j'ai pensé réunir tout ça dans ce livre.

Pour tout vous dire, ce n'est pas un livre excessivement profond. Non, je n'ai pas dit qu'il était superficiel. Mais les sujets qui sont abordés sont indispensables pour les débuts. Quand on me demande par quoi débuter dans l'étude de mes livres, je réponds: prenez ce livre-là, Sainteté et Nature. J'en ai d'autres, ils sont plus difficiles à comprendre, mais il faut avoir d'abord passé la première étape, et cette première étape se trouve dans ce livre.

Si vous voulez, on pourrait faire un résumé ce soir de l'ensemble des textes, mais ça irait trop loin, on y passerait la nuit. Je voudrais d'abord faire une remarque à propos du style. C'est un style que j'employais il y a 30 ans, quand je m'adressais au début à des élèves de yeshiva. Ces textes sont censés être compréhensibles pour des élèves de yeshiva qui connaissent les sources et qui sont habitués à un certain style, le style religieux.

Depuis, j'ai un peu changé et je parle aujourd'hui dans le style khiloni. Le style khiloni, à mon avis, est indispensable. Ce n'est pas une idéologie khilonite, c'est une question de manière de s'exprimer. Souvent, dans le monde rabbinique, on emploie des formules toutes faites, et on n'est jamais vraiment sûr que celui qui emploie ces formules comprend de quoi il parle. Tandis que si on traduit ce que l'on dit en langage, pourrait-on dire laïc, ça force la personne qui va expliquer à comprendre ce qu'elle dit. La preuve que tu as compris ce que tu enseignes, c'est que tu es capable de l'expliquer à quelqu'un d'autre. Donc c'est un peu changé.

Ça a été une des grandes difficultés auxquelles j'ai été confronté quand mes traducteurs, qui ont fait des efforts extraordinaires, se sont mis à traduire ces articles. Ce n'est pas moi qui les ai traduits. Au rachat, ça a donné un résultat assez satisfaisant.

Maintenant, je voudrais rentrer directement dans certains des sujets qui sont traités dans ce livre. On va en prendre quelques-uns. Tout d'abord, cette idée de sainteté et nature. D'où ça vient ? Kedoucha ve'teva, en hébreu. C'est un des fondements des enseignements du Rav Kook.

De quoi s'agit-il ? Vous savez qu'il y a une opposition traditionnelle entre la sainteté et la nature. La sainteté relève, en tout cas chez les Juifs, de la morale. La nature n'est pas un être moral. La nature, c'est un ensemble de lois où ce qui domine, c'est la rivalité, comme on dit en latin: homo homini lupus, l'homme est un loup pour l'homme. Et donc, si on laisse les hommes à leur nature, on rencontre le sauvage. C'est pour ça qu'à chaque fois que les Juifs ont entendu dire, chez les goyim, qu'il faut revenir à la nature, c'est l'inquiétude.

Rousseau, c'était la naïveté; il aurait pu servir de modèle à une statue pour la naïveté. Chez Rousseau, l'homme est naturellement bon, c'est la culture qui l'a rendu mauvais. Ah bon ? On voit qu'il n'a jamais vu les enfants de (Sameril ?). Par contre, je pense que Freud, de ce point de vue-là, était beaucoup plus conséquent quand il a dit que l'homme est un sauvage et que c'est la société qui impose ses valeurs.

Chez Noachamim, on a vu que la position n'est ni celle de Rousseau ni celle de Freud. On dit qu'il y a dans l'homme deux tendances, le yetser tov et le yetser hara, la tendance au bien et la tendance au mal. Ça coexiste, et c'est ça qui fait l'équilibre de l'être humain. Si vous avez un enfant qui n'a pas de yetser hara, prenez-le vite chez le médecin ou chez le psychologue pour lui donner deux piqûres de yetser hara d'urgence. C'est très important: le yetser hara établit la stabilité de l'être humain.

D'ailleurs, expliquait sur la base de l'enseignement du Ravach que le yetser hara, c'est l'amour de la vie. Aimer la vie. Et on a besoin de ça. Sur la base de l'amour de la vie, on peut établir également la sainteté, la moralité et tout le reste.

Mais je voudrais revenir au problème de la sainteté et de la nature. Quand les goyim parlent de revenir à la nature, les Juifs attendent la sauvagerie, on se prépare au prochain pogrom. Il y a souvent une grande réticence chez les Juifs par rapport à tous les mouvements écologistes et environnementalistes qui prônent un retour à la simplicité originelle, à se débarrasser des acquis de la civilisation. On se dit souvent: si c'est de ça dont ils parlent, alors effectivement ça va revenir à la barbarie. Il y a d'ailleurs souvent, dans les écoles écologistes, un refus des valeurs morales, un refus de la démocratie, et également une remise en question du monothéisme, un retour au paganisme.

On peut donc comprendre pourquoi les Juifs ont toujours eu une réticence par rapport à la nature. C'est normal. D'un autre côté, c'est ce qui a amené finalement un philosophe allemand, Friedrich Nietzsche, à dire que la morale était l'ennemi de la nature humaine. Parce que le grand homme, le surhomme, le Übermensch, c'est un homme qui est libéré de toutes les entraves et qui peut être un grand homme. Évidemment, ça a été exploité dans une très mauvaise direction, bien qu'il soit probable que Nietzsche lui-même ne pensait pas comme ça. Il y a eu en tout cas une critique de la morale et de la émouna au nom d'une morale supérieure. Nietzsche dit que la morale a écrasé …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Oury Cherki ».

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