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Les dix paroles : la lecture horizontale

Comment le respect des parents et le Chabbat éclairent les dix paroles, et pourquoi la date du don de la Torah reste incertaine.

1 h 06

Rav Élie Kling

Ensuite : Michpatim et l'abolition de l'esclavage dans la Torah, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chavouot, qui est, semble-t-il, la fête du don de la Torah. « Semble-t-il », parce que, vous savez, on n'en est pas sûr, de tout ça. On ne sait pas trop. D'abord, on ne connaît pas la date de Chavouot. Dans la Guemara, Rabbi est persuadé que c'est le 7 Sivan, alors que nous, nous le fêtons le 6 Sivan. En France, en Europe, en dehors d'Erets Israël, on fait deux jours: le 6 et le 7.

Pour Rabbi, qui vient en Erets Israël, il ne fera jamais Chavouot le jour du don de la Torah, d'après lui. Pour lui, c'est le 7. Et même, au niveau théorique, Chavouot peut tomber le 5, le 6 ou le 7, puisque la Torah n'a pas écrit la date. Elle dit juste: cinquante jours après le premier jour de Pessa'h. Or, entre les deux, il y a le mois d'Iyar et le mois de Sivan, et on ne sait jamais, chez nous, si ce sera 29 ou 30 jours.

Imaginez que les deux mois aient 30 jours, ou les deux 29, ou l'un des deux 29 et l'autre 30: cela peut être le 5, le 6 ou le 7. On ne sait pas du tout. Mais en admettant que… C'est curieux quand même qu'on ne sache pas la date du don de la Torah. C'est vrai que c'est curieux. Les autres fêtes, on connaît les dates, c'est écrit explicitement. Et pour Chavouot, on ne sait pas.

Et même: cinquante jours après Pessa'h, ce n'est pas encore sûr que ce soit le don de la Torah, parce que la Torah n'écrit pas que c'est le don de la Torah. Elle écrit qu'on fait la fête, qu'on ne travaille pas, mais elle ne dit pas pour célébrer quoi. Là-bas, cela a l'air d'être une fête plutôt agricole, avec bikourim, les prémices, tout ça. Mais dans la Torah, ce n'est pas écrit.

Il faut attendre l'époque talmudique pour qu'on nous dise que, oui, en effet, le 6 Sivan est Zman Matan Torah. On ne sait pas non plus où est le Har Sinaï. Mais ça, ce n'est pas grave. La kedoucha du Har Sinaï n'est pas une sainteté qui reste. Ce n'est pas comme Yerouchalaïm, par exemple. La kedoucha du Har Sinaï n'est là que pendant le don de la Torah, et après, elle ne demeure pas. C'est pour cela qu'il n'est pas fondamental de savoir où il se trouve.

La raison qu'on invoque d'habitude pour expliquer pourquoi la date du don de la Torah n'est pas connue, c'est qu'on ne veut pas fixer le don de la Torah à une date précise. La Torah est intemporelle, et on est censé, en fait, l'accueillir tous les jours de l'année, et pas seulement un jour spécifique. C'est possible, aussi. De toute façon, ce n'est pas mon problème pour l'instant.

En tout cas, puisque c'est le don de la Torah, cela veut dire que c'est le jour où Dieu a dit: Anokhi Hachem Elokekha, lo yihyé lekha…, et qu'il y a eu ce spectacle, son et lumière: il y a eu des brakim, des éclairs, il y a eu tout ça. Et c'est ce jour-là que ceux qui sont sortis d'Égypte ont pu entendre la voix divine directement. Cela veut dire qu'ils sont tous devenus des Nevi'im, parce que qu'est-ce qu'être Navi ? C'est écouter la voix divine.

En général, dans chaque génération, il y a un, deux, trois, dix Nevi'im. Peut-être y avait-il des générations où il y en avait davantage. Comme on le voit dans le Tanakh, de temps en temps, il y a des écoles de Nevi'im. On ne sait pas trop ce qu'ils étudiaient là-bas. Mais là, c'est tout le peuple: tout le peuple est navi, tout le peuple a écouté. C'est quelque chose de très impressionnant, qui ne revient pas.

Alors, qu'ont-ils entendu ? Ils ont entendu ce qu'on appelle les dix paroles, que les langues européennes traduisent par dix commandements. Mais chez nous, on n'appelle pas cela les dix commandements. D'abord, parce que des commandements, il y en a 613, il n'y en a pas dix. Et puis, ces dix-là font partie d'un grand ensemble. On les appelle plutôt Aseret HaDibrot, les dix paroles, et non pas les dix commandements.

C'est aussi dû au fait que, pour le premier d'entre eux, on ne sait pas trop ce que c'est. Est-ce un commandement ? Si oui, il y en a dix. Sinon, il y en a neuf. Pourquoi ne sait-on pas trop ? Parce qu'il n'est pas exprimé sous forme de commandement. Voyons le dessin que vous avez tous en tête, celui qu'on voit dans les Batech Neset. Yoann, peux-tu nous le montrer ? Une seconde. Oui, très bien.

Le premier « commandement », c'est: Anokhi Hachem Elokekha, asher hotsé'tikha méèretz Mitsrayim, mibèt avadim. Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude. Ce n'est pas comme ça qu'on commande, ce n'est pas comme ça qu'on donne une mitsva. Une mitsva, en général, c'est à l'impératif: fais ceci, ne fais pas cela. Là, Anokhi Hachem Elokekha, on a plutôt l'impression que c'est une carte de visite, une présentation du personnage, une sorte de titre pour tout le reste: puisque je suis l'Éternel ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Égypte, voici ce que tu dois faire. Et là, il y a les autres commandements, lo yihyé lekha, lo tissa, etc.

Est-ce vraiment un commandement ? Peut-être oui, peut-être non. Les avis sont partagés. C'est la deuxième raison pour laquelle on n'appelle pas cela Aseret HaMitsvot, les dix mitsvot: on n'est pas sûr qu'il y en ait vraiment dix.

Qui pense qu'il y en a vraiment dix, et qui pense qu'Anokhi Hachem est un commandement ? Notamment Maïmonide. Le Rambam, Rabbi Moché ben Maïmon, est persuadé qu'il y a un commandement de croire en Dieu, et que ce commandement, c'est Anokhi Hachem Elokekha. Il y aurait donc une mitsva de croire. C'est ce que pense le Rambam.

Cette mitsva de croire est écrite à plusieurs reprises dans le Rambam, notamment dans ce fameux Sefer HaMitsvot, où il recense les mitsvot et nous les présente l'une après l'autre. Pas dans l'ordre chronologique, mais dans un ordre qu'il a fixé lui-même. Et cette mitsva de croire en Dieu, pour le Rambam, c'est la première des 613.

Lisons le Rambam dans le texte. La mitsva rishona, la première mitsva de la Torah: Hi yatsivou yashatsivanou le ha'amin ha'elohout. Il s'agit de croire en la divinité. Ve'hu shenamin she'yashame illa ve'siba, hu po'el lechol ha'im tsa'ot. Ve'hu amro anokhi ilvarach anokhi yashame lokecha. Il s'agit donc de croire qu'il y a une cause première, quelque chose qui a provoqué tout le reste. Tout ce qui existe est la conséquence de l'existence de celui qui est à l'origine de tout cela. Et d'où je sais qu'il y a une mitsva de croire ? Parce qu'il est écrit: « Je suis l'Éternel ton Dieu. » Et le Rambam a une preuve que c'est bien une mitsva: il est tout content d'avoir trouvé cela dans le …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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