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Les quatre fils de la Haggada et l'éducation

Comment l'éducateur fait sortir l'identité de chaque enfant, et pourquoi le Seder est conçu pour qu'il ne s'endorme pas.

1 h 25

Rav Élie Kling

Ensuite : Les quatre fils de la Haggada et l'attitude face à l'histoire, 1 h 45

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est celui qui est passionné. Le rasha, lui, est très intéressé aussi. Le tam, ce n'est pas vraiment de l'intérêt, c'est de la curiosité. Le tam, chaque fois qu'il y a quelque chose qui sort un peu de l'ordinaire, il dit mah (« qu'est-ce que c'est ? »). Et enfin, le she'eino yodéa lichol: c'est celui qui ne pose pas de question, parce qu'il est indifférent. Donc du passionné à l'indifférent. Ces quatre « enfants » ne sont donc pas seulement des enfants: ce sont quatre niveaux de réception, de capacité à recevoir, à dévoiler, à décoder la même parole divine. Tous les acteurs de la Haggada sont à l'intérieur d'un seul et même être.

Le problème avec notre Hachem, c'est qu'il risque de transformer la Torah en un ensemble de lois. Et la vérité, celui qui prend la Torah pour un ensemble de lois, il transforme la Torah en religion. Il faut comprendre qu'en réalité, la Torah n'est pas étrangère à nous, elle est en nous. Et pour cela, il faut faire le travail avec le rasha pour lui répondre.

Sortir d'Égypte, c'est aussi sortir de cet anonymat, vouloir redonner un visage à chacun. Parce que redonner un nom à chacun, c'est lui redonner son visage. La première des choses, c'est d'abord de savoir son identité profonde, et de l'aider, accompagné, à faire sortir ce qu'il a déjà à l'intérieur. C'est ça, l'éducation. Cela veut dire que l'éducateur ne doit en aucun cas venir forcer l'enfant à quoi que ce soit, mais causer à l'enfant, c'est-à-dire lui parler.

Faire en sorte que l'enfant commence à poser des questions sur son identité. C'est pour cela que toute la soirée du Seder est construite, comme vous l'avez certainement remarqué, de telle sorte que les enfants ne s'endorment pas. Beaucoup de gens vont se demander: « Mais quand est-ce que c'est la Gueoula ? » Parce qu'ils ne comprennent rien. En réalité, la Gueoula est déjà là. Seulement, il faut avoir les yeux pour la voir. Et nous le disons dans la Amida tous les jours: « Vétéhézéna eynénou béshouvékha léTsiyon bérakhamim » (« Que nos yeux voient ton retour vers Sion dans la miséricorde »).

Aujourd'hui, nous allons donc essayer de développer un thème qui unifie les notions d'éducation de Hinoukh avec le thème de Pessa'h, et voir s'il y a un lien avec l'éducation dans cette fête-là. Alors je donne la parole à Orav.

Donc, il y a plusieurs mitsvot pour Pessa'h, mais il y a une mitsva qui est de Horaita, encore aujourd'hui, ça c'est sûr d'après tout le monde, et il y en a une qui est vraiment de la Torah. Les autres, on ne sait pas trop si elles sont encore de la Torah ou pas, mais il y en a une qui est vraiment de la Torah: laquelle ?

— Vehiguédta livnékha, exactement. C'est le fait qu'on est donc obligé, une mitsva de la Torah: chaque année, une fois par an, chaque papa, chaque maman doit obligatoirement se transformer en éducateur, en prof, et doit enseigner à son fils. Vehiguédta livnékha, bayom hahou.

Alors, en fait, tout le Seder de Pessa'h, c'est pour l'enfant. Tout le Seder de Pessa'h, c'est pour l'enfant. Parce que, puisque Dieu a décidé de ne pas refaire une sortie d'Égypte tous les lundis et jeudis, Il a fait ça une fois, et ceux qui ont eu le privilège d'y assister ont donc le devoir de le transmettre. Ensuite, ceux qui l'ont reçu ont le devoir de le transmettre à leur tour, etc. Et donc nous avons le devoir de le transmettre à nos enfants. C'est l'essentiel, c'est le hikar de la fête de Pessa'h. D'où l'angoisse ! D'où l'angoisse.

Imaginez que l'on ait préparé la fête comme il se doit, c'est-à-dire que trente jours avant, on a commencé à en parler, puis à nettoyer un peu partout, dans les coins et tout ça. Imaginez l'angoisse des parents si, au moment où le Seder arrive, le père se lève, tout le monde est autour de la grande table, et alors, à ce moment-là, il prend son verre de vin, il remplit le premier verre comme c'est écrit, Mazguè lo kos richon, et puis…

Il dit: « Savri maranan, bien fait. » Et il commence à faire le Kiddouch, il commence à faire le Kiddouch, et à la deuxième phrase, les gosses s'endorment. C'est-à-dire que tout ce qu'on a fait depuis un mois est raté. C'est-à-dire que la grande mitsva de Vehiguédta livnékha est inapplicable. Tout le monde s'endort. Au vert complètement. Complètement. Bien fait. Et là, il n'y a plus grand-chose à faire.

Ce qui fait que toute la soirée du Seder est construite, comme vous l'avez certainement remarqué, de telle sorte que les enfants ne s'endorment pas. La vérité, toute la Haggada de Pessa'h, c'est un grand sefer pédagogique, didactique, pour faire en sorte que les enfants ne s'endorment pas.

Évidemment, il y a quelques messages à faire passer aussi, parce que si les enfants ne s'endorment pas, mais que tu ne fais pas passer de messages, ça ne sert pas à grand-chose. Mais tous les messages que tu fais passer, tu dois les faire passer de telle sorte qu'ils ne s'endorment pas. Et c'est très intéressant, en fait, d'étudier toute la Haggada de Pessa'h comme un livre de pédagogie, de didactique, et de voir quels sont les grands thèmes ou les grands procédés pédagogiques qui sont utilisés pendant le Seder de Pessa'h. Et en fait, ils y sont pratiquement tous.

Depuis l'idée très connue que si l'enfant ne pose pas la question, il retiendra 20 % de ce que tu lui racontes, tandis que s'il pose la question avant, il pourra retenir 80 %. C'est ce que les éducateurs disent aujourd'hui, ce sont les statistiques. Et donc, autant susciter les questions des enfants: tout le travail qu'on fait pour que les enfants posent des questions, pour qu'ils se demandent ce qui se passe, Ma nishtana, etc. Ils disent Ma nishtana. Vous connaissez la blague de Pessa'h, là, connue. Vous savez

que la discipline, ce n'est pas exactement le grand fort du peuple juif. On a d'autres qualités, mais ça, pas vraiment. Ce qui fait que le seul soir de l'année où il y a un Seder, tout le monde demande Ma nishtana. Qu'est-ce qui se passe ? Ça répond encore… Et donc les enfants sont là, ils posent la question: qu'est-ce qui se passe ? Et puis il y a d'autres procédés pédagogiques que vous connaissez.

La Ma'hacha, la Ma'hacha, c'est: au lieu de faire de grands discours philosophiques, eh bien, tu leur montres ce que c'est. Dans la pratique, tu remontes, par exemple, au lieu de parler de Pessa'h, Matsa ou Maror: tu remontes, il y a un plateau, Pessa'h, Matsa, Maror. Nos frères d'origine séfarade, non seulement ils ont le plateau, mais en plus ils le passent sur la tête, histoire que tout le monde comprenne bien de quoi il s'agit. Nos frères d'origine achkénaze, qui n'ont pas besoin de tout ça, se contentent de le regarder, n'est-ce pas ? Tout ça, c'est intellectuel, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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