L'unité d'Israël et la source de la faute selon le Rav Kook
Pourquoi la faute naît de la sortie du tout, et comment aimer Israël sans fermer les yeux.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La sainteté triangulaire : sortie d'Egypte, Torah, Chekhina, 53 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui nous parlons de… je fais un récapitulatif de tout ce que nous avons vu jusqu'à maintenant, d'une manière assez courte. On a expliqué que pour voir la Gueoula, il faut monter sur une montagne très haute, pour approfondir notre regard sur l'existence. On a expliqué aussi que les sages de la Guemara de Pessahim reprochent à Oshéa de n'avoir pas réagi lorsque HaKadosh Baroukh Hou lui a dit: « Tes enfants ont fauté ». Ils disent qu'il aurait dû répondre à HaKadosh Baroukh Hou: « Ce ne sont pas mes enfants, ce sont tes enfants, ceux que tu chéris, ce sont les enfants d'Abraham, Yitzhak et Yaakov ». Et donc il y a ici quelque chose de très important.
Pour arriver à l'amour du peuple d'Israël, nous a expliqué le Rav Kook dans Orot Israël, c'est un métier très délicat, très difficile. Et pour arriver à l'amour véritable d'Israël, il faut d'abord comprendre d'où vient ce peuple, c'est-à-dire de la neshama klalit, qui s'appelle Klal Israël, et que dans cette neshama, il n'y a que du bien. Et donc, parler du bien d'Israël, ce n'est pas caresser dans le sens du poil; c'est tout simplement parler de la vérité. Car Israël, dans son entité, dans son intériorité, n'est que bien. Et toutes les fautes que nous faisons, ce sont des fautes superficielles à notre identité. Je veux dire par là qu'à chaque fois qu'on faute, c'est qu'on a quitté en fait l'entité globale, et on est sorti, on s'est mis en détail. Et la mise en détail fait en sorte que nous fautions.
C'est-à-dire que si j'avais conscience à chaque instant de mon appartenance à ce grand tout, jamais je ne pourrais fauter. Dès que la faute arrive, c'est parce qu'à un moment donné, je suis sorti de ce tout. Et sortir de ce tout, c'est Léfi Shehotzi Etatzmo Minaklal. On le dit dans la Haggadah de Pessa'h: quand tu sors de ce tout, tu es forcément dans la faute. Donc sortir du tout, c'est fauter.
Fauter, c'est sortir du tout. Ce n'est pas autre chose. Donc pour éviter les fautes, il faut rester dans le tout. Et comment faire pour rester dans le tout ? Tout simplement en étudiant constamment les valeurs du tout. Connaître ce grand tout, savoir que je ne suis qu'une émanation de ce grand tout, qu'un rayon de ce grand soleil. Et si je fais le lien à chaque instant entre moi, individu, et l'Assemblée d'Israël, eh bien, je ne risque pas de fauter, en tout cas, je risque moins de fauter.
Et c'est donc un secret. Le Rav le ramène, et il prend les paroles du Zohar HaKadosh, que chez Adam Khote, quand un homme faute, c'est parce qu'il est be'alma depirouda: il est sorti du monde de l'entité vers un monde séparé. Donc il s'est éparpillé, il y a eu une explosion de l'être, il s'est mis en détail. Et donc les détails fautent.
Le tout ne peut pas fauter. Quand je suis protégé par le tout, je ne risque pas de tomber dans le détail, donc je risque moins de fauter. Fauter, c'est fauter au tout. C'est fauter à l'identité globale. C'est trahir la relation que j'ai en tant qu'individu à la relation globale. C'est clair, ce que je suis en train de raconter ? Donc, moralité: les points détaillés de notre vie, il faut toujours faire attention s'ils sont liés au tout.
Et donc à chaque fois que je fais une mitsva, je la fais bechem Kol Yisraël, au nom de ce grand tout. Et si je fais une mitsva séparée de ce grand tout, ce n'est pas la même valeur, il y a un problème. Donc je suis dans l'éparpillement, Chas Vechalom. L'éparpillement se dit en hébreu l'izrot, à l'infinitif. L'izrot, c'est éparpiller. Donc Avodah Zarah: Avodah Zarah, c'est un travail, c'est un service qui vient de l'éparpillement de l'être. C'est donc un service étranger à HaKadosh Baroukh Hou, à ce qu'Il veut.
Car le service qu'HaKadosh Baroukh Hou attend de nous, c'est un service pour le collectif, pour l'unité tout entière. Je vous ai expliqué à plusieurs reprises que quand un homme fait quelque chose au sein de son peuple, il comprend l'importance de l'action qu'il est en train de faire. Mais s'il fait les choses séparément de son lien avec ce grand peuple, il y a un problème. Quand le Kohen Gadol rentre dans le Kodesh HaKodashim,
je dois comprendre, moi, en tant que juif individuel, qui est rentré dans le Saint des Saints ? Chacun de nous. C'est-à-dire qu'il est rentré pour moi. Ça a une importance ? Non. C'est comme si Yoël rentrait dans cette pièce, mais en même temps, le petit doigt rentre aussi. Mon petit doigt n'est pas resté dehors; il a suivi l'entité Yoël. On est d'accord ? Donc, quand Yoël est rentré, tout le monde est rentré. Parce que je suis un corps entier.
Avec tout ce qui le compose. Donc on est tous rentrés grâce à ma volonté de rentrer. Et si on voyait le peuple d'Israël avec ce regard-là, on serait sans jalousie les uns vis-à-vis des autres, sans arrêt à regarder et à convoiter ce que l'autre a. Parce qu'en réalité, je suis conscient que nous sommes un seul corps global. Et que l'un ait la capacité de jouer le rôle du Kohen Gadol, ce n'est pas grave. Moi, je dois savoir que quand lui fait ce travail, je m'imprègne et je bénéficie de son acquisition, de son travail.
Voir les choses de cette manière-là, c'est guérir de la maladie de l'exil. Pourquoi ? Parce que l'exil nous a éparpillés et nous a donné l'impression qu'on était des éléments séparés. Revenir en Erets Israël, c'est prendre conscience du tout, du global.
De la même manière, quand je vous regarde, je ne dois pas voir les différences; je dois les connaître, ces différences. Mais ce qui m'intéresse, c'est le dénominateur commun entre toutes ces différences. Et là, je montre ma sagesse. C'est-à-dire qu'un homme sage voit plus les éléments communs que les éléments séparés. Alors, il ne sépare pas les éléments, mais il doit savoir les différencier. Donc il n'y a pas de séparation, il y a une différenciation. Mais dans la différence, il y a un lien. Parce que si je dis que je suis différent de toi, c'est parce qu'on est liés.
Mais je ne peux pas dire qu'il y a une différence entre un homme et un chat. C'est comme si tu mettais le même niveau entre les deux. C'est tellement énorme qu'on ne peut même pas différencier. C'est trop loin. Mais quand il y a une différence, c'est que la différence elle-même comporte en elle un trait d'union. Donc je peux différencier entre Kodesh et Chol. Pourquoi ? Parce qu'il y a un lien entre le Kodesh et le Chol.
Je peux différencier entre Israël et les nations, parce qu'il y a un lien nécessaire entre Israël et les nations. Je peux différencier Hamavdil ben or lechoshekh: la lumière et le noir. Pourquoi ? Parce qu'apparemment la lumière et le noir sont reliés. …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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