Abraham apprend à créer le lien avec Dieu
Entre Lech Lecha et la Akédat Yitzhak, Abraham passe dix épreuves ; la première lui enseigne que le lien avec Hachem peut partir de l'homme.
Rav Élie Kling
Ensuite : Avraham le pompier et le château en flammes, 1 h 16
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Depuis le Lekh Lekha de la paracha précédente jusqu'au Lekh Lekha de la paracha de cette semaine, la paracha qui s'appelle Vayéra, il n'y a pas d'autre Lekh Lekha. Lekh Lekha, ça veut dire « va-t'en ». C'est une expression qui n'apparaît que deux fois dans toute la Bible. Dans toute la Bible ! Pas seulement dans les cinq livres de Moïse, dans toute la Bible ! Lekh Lekha, ça n'apparaît que deux fois. Et chaque fois, c'est à propos d'Avraham.
La première fois, c'est la semaine dernière: Lekh Lekha, va-t'en, quitte ton pays, quitte ta famille, quitte tout le monde, on va faire quelque chose de nouveau, toi et moi. Et le deuxième Lekh Lekha, c'est lorsque Dieu dit à Avraham: Lekh Lekha el eretz HaMoriya, va au pays de HaMoriya, et ça, c'est le début de ce qu'on va appeler la Akédat Yitzhak, l'ordre d'aller prendre son fils Yitzhak et d'aller le sacrifier. Entre un Lekh Lekha et l'autre Lekh Lekha, nous avons dix chapitres, du chapitre 12 au chapitre 22. Et dans ces dix chapitres, il y a en fait dix épreuves.
Les dix épreuves d'Avraham. Avraham passe dix épreuves. Quand on dit épreuve, en hébreu, le mot épreuve, c'est nisayon. Mais nisayon, ça vient du mot nes. Et nes, ça ne veut pas seulement dire miracle, ça veut également dire étendard, comme dans la prière qu'on dit tous les jours: lékabetz galiyotenou, lève le drapeau pour rassembler nos exilés. Nes, c'est un drapeau. Et donc, les nisayonot d'Avraham, ce ne sont pas seulement des épreuves, ce sont des drapeaux.
C'est-à-dire qu'en fait, ce que fait Avraham pendant ces deux parashiot, depuis le début du Lekh Lekha jusqu'à la fin de Vayéra, autrement dit du Lekh Lekha au Lekh Lekha, ce qu'il fait, c'est un stage de formation. Il n'arrête pas d'aller et venir. Lekh Lekha: il va, il vient, il va, il vient. Et chaque fois qu'il s'arrête à une étape, il apprend une nouvelle leçon. Un stage de formation. Non, parce qu'Avraham, avant son premier Lekh Lekha, avait bien compris qu'il n'y avait qu'un seul Dieu.
Mais si vous croyez que le judaïsme, ça signifie simplement restreindre le nombre des divinités d'un millier à un, vous n'avez rien compris au judaïsme. C'est la base de la base, évidemment. Sans ça, il n'y a pas de judaïsme. Mais après, encore faut-il comprendre de quelle manière le servir, ce Dieu unique. Et on ne sert pas le Dieu unique comme on servait les milliers d'idoles d'avant. Or ça, Avraham, il n'en a absolument aucune idée.
Et donc, depuis le début de la paracha précédente jusqu'à la fin de la paracha de cette semaine, ces dix chapitres, ces dix épreuves, ces dix drapeaux, il va apprendre un certain nombre de leçons qui vont le rapprocher du véritable judaïsme. Ou si vous voulez, qui vont le rapprocher de Jérusalem. Parce que ça aussi, il faut que je vous dise: Avraham cherche Jérusalem sans savoir où elle est. Comment je le sais ? C'est parce qu'au tout début, au début de la paracha précédente, dans le chapitre 12, le texte nous dit qu'Avraham a quitté tel endroit.
Pour aller dans un autre endroit, en suivant la montagne. Vayatek misham hahar. Il a cherché la montagne. La montagne ! Quelle montagne ! Mais vous savez, dans la Torah, quand on dit « le pays », on ne dit pas lequel: c'est Erets Israël. Et quand on dit « la montagne », on ne dit pas laquelle: c'est le Har HaMoriya, c'est la montagne de Jérusalem, c'est là où le Temple va être construit. Donc Avram sent bien qu'il y a une montagne à chercher, il sent bien qu'il y a quelque chose qu'il doit encore découvrir, un détail qu'il ne connaît pas. Il connaît le pays, il ne connaît pas la montagne.
Il va à la recherche de cette montagne. Et vous savez à quel moment, pour la première fois de sa vie, Avraham met le pied à Jérusalem ? Eh bien, au moment de la Akéda, au moment du sacrifice d'Yitzhak, c'est-à-dire dix chapitres après le début de sa quête. Dix épreuves après. Une fois qu'il a appris dix leçons, alors il peut arriver à Jérusalem. En fait, toutes ces leçons le rapprochent géographiquement et spirituellement de Jérusalem, c'est-à-dire du judaïsme.
Alors vous allez me dire: quelles sont les dix leçons qu'Avram apprend ? C'est un peu compliqué. Ça nous entraînerait trop loin. On n'a pas assez le temps. Vous savez, aujourd'hui, les gens sont pressés. Ils veulent des cours qui soient des cours simples, avec une idée, pas plus. Je comprends et je respecte. Alors, on va donner un exemple uniquement. Une leçon qu'Avram a apprise. Vous savez quoi ? Peut-être la première, la toute première.
Alors, il arrive en Erets Israël. Il arrive dans un endroit qui s'appelle Shekhem, que vos journaux en France appellent Naplouz. Il arrive à Shekhem, il s'arrête. Et pourquoi il s'arrête là ? Parce que Dieu lui parle, figurez-vous. Pour la première fois, Dieu apparaît à lui. Il lui avait déjà parlé avant, mais là, il apparaît. Parce que quand on est en Israël, on peut non seulement entendre le message divin, mais on peut également voir quelque chose, ce qu'on appelle la prophétie. Et donc, qu'est-ce qu'il voit ? Il voit que Dieu lui dit: « À toi et à ta descendance, je donnerai ce pays. » Il est tellement heureux de cette première révélation prophétique, Avraham, qu'il en fait un autel, un mizbéa'h.
Et il offre un korban à Dieu pour le remercier, pour le remercier de lui être apparu et de lui avoir fait cette double promesse, les enfants et le pays. Et puis vayatek misham hahar, ils se dirigent vers la fameuse montagne. Mais ils n'y arrivent pas, à cette montagne. Par contre, ils arrivent dans un autre endroit qui s'appelle Béthel. C'est la deuxième étape d'Avram. Et à Béthel, nous dit le texte, Avram construit un deuxième mizbéa'h. Et là, le lecteur se pose la question.
Le premier mizbéa'h, c'est pour remercier Dieu de lui être apparu. Mais il n'y a pas eu une deuxième apparition, là. Pourquoi est-ce qu'Avraham fait un deuxième mizbéa'h ? C'est parce qu'en chemin, figurez-vous, entre Shekhem et Béthel, il descend, si vous voulez, du nord vers le sud, il se dirige vers Jérusalem. Eh bien, à ce moment-là, il se met à réfléchir. Il se dit: c'était tellement beau, cette apparition, c'était une expérience tellement formidable. Ah, quand est-ce que je pourrais atteindre le même niveau ? Quand est-ce que je pourrais de nouveau avoir une prophétie ? Vous comprenez ?
Rappelez-vous, la première fois que j'ai une prophétie, vous aussi, vous vous disiez: quand est-ce que je vais en avoir une deuxième, évidemment. Et Avraham se dit: finalement, je suis à la merci de Dieu. Je dois attendre que Dieu veuille bien m'apparaître à nouveau. Et puis, tout à coup, il se dit: mais enfin, je suis bête. Le lien, je n'ai pas besoin d'attendre qu'il vienne de haut en bas. Je peux, moi, le créer de …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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