Pourim, les vêtements de l'âme et le serpent déguisé
Pourquoi la Megillah décrit-elle tant de vêtements, et que dit le serpent qui change de peau ?
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Pourim, Amalek et l'art de comprendre son ennemi, 1 h 02
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Les vêtements et les midot
Aujourd'hui, nous allons traiter du secret des vêtements dans la fête de Pourim. Dans la fête de Pourim, il y a quelque chose de spécial. On voit dans la Méguila d'Esther beaucoup d'histoires qui nous racontent des détails vestimentaires qui apparemment ne sont pas très importants. Et pourtant, si ces détails sont là, c'est qu'il y a une importance. Donc on décrit beaucoup.
On décrit beaucoup toute la richesse du roi Hachvérosh. On décrit beaucoup les vêtements d'Esther. On décrit beaucoup les vêtements que Haman a placés sur Mordechaï. On décrit que Mordechaï est sorti avec un vêtement royal. Il y a beaucoup d'histoires de vêtements, et on se demande pourquoi. Il faut d'abord comprendre que tous ces vêtements, les vêtements de l'homme, ne sont pas uniquement des vêtements au sens vestimentaire.
Mais c'est une allusion à ces midot. On a expliqué à plusieurs reprises que le mot midot vient du mot madim, qui veut dire un uniforme. Ça veut dire que lorsque l'homme se met un vêtement, c'est pour se réaliser, c'est pour sortir, c'est pour marcher, c'est pour vivre. Si le vêtement est trop grand pour lui, il ne pourra pas marcher. Si le vêtement est trop serré, il sera lui aussi dans un mouvement étriqué, et il ne pourra pas marcher.
Ça veut dire que le vêtement doit correspondre à l'homme qui le porte. Eh bien, c'est exactement la même chose au niveau de nos midot, c'est-à-dire de nos vertus, de nos vêtements spirituels. Nous devons avoir des midot, une conduite de vie, des mesures de vie qui correspondent à l'être que nous sommes.
Et si les midot ne sont pas correspondantes, eh bien, la néchama divine ne peut pas se dévoiler réellement, parce que si les midot sont trop petites, c'est comme le vêtement qui est trop petit: l'homme est étriqué. Et si ses vêtements ne sont pas correspondants parce qu'ils sont trop larges, eh bien, l'homme se perd à l'intérieur de ses vêtements. La faute du premier homme, c'est justement d'avoir perdu ses vêtements. Le premier homme a perdu ses vêtements, c'est-à-dire qu'il a perturbé son lévouch.
Il a perturbé son vêtement à tel point que Hakadosh Baroukh Hou lui-même lui fabrique des vêtements de lumière, et lui, il perd ses vêtements de lumière, et Hakadosh Baroukh Hou est obligé de lui confectionner des vêtements de peau. Vous vous rappelez ? Ça veut dire que là aussi on voit que le premier homme a perdu ses vêtements de lumière. En hébreu, kotnot or, avec un alef.
Et à la place, on lui donne des kotnot avec un aïn. Ça veut dire qu'il tombe du vêtement qui correspond à sa nature à un vêtement beaucoup plus grossier, un vêtement de peau plus épais et plus imperméable à la lumière, alors que le premier vêtement était perméable à la lumière. Toute la lumière passait à travers, il était transparent. Quelle est donc la faute du premier homme ? C'est d'être tombé du monde de l'unité au monde de la séparation.
C'est-à-dire qu'Adam Harichon avance sa faute: se trouver dans un monde d'unité parfaite, très proche de l'existence divine. Et après cette faute, il tombe par une recherche intellectuelle qui n'est pas à sa place, et qui s'appelle le Nahash, le serpent. Car le serpent n'est rien d'autre que l'intellect humain qui pousse l'homme à descendre à un degré de compréhension. Et s'il ne comprend pas ce degré-là, alors il le refoule. Eh bien, c'est ce que le serpent représente.
C'est-à-dire qu'il vient séduire l'homme et la femme pour qu'ils descendent vers un côté intellectuel, en quittant le côté de la vie, de la nature de la vie, tout simplement. Ça veut dire que l'homme perd l'Eits ha-hayim, l'arbre de la vie, pour goûter à l'arbre de la connaissance du bien et du mal. C'est-à-dire qu'au lieu de rester dans un monde de vie, il pense que tout passe par son côté intellectuel.
Ça, c'est le serpent d'aujourd'hui. Le serpent de Béréchit, nous disent les Hakhamim, avait une autre forme, mais effectivement il y a un rapprochement, parce que Al guehon ha-tsélékh, c'est la malédiction du serpent: tu marcheras sur ton ventre.
## Le serpent qui change de peau
Autrement dit, la peau chez le serpent, c'est son élément essentiel. Et effectivement, de temps en temps, il change de peau. Ce changement de peau, d'ailleurs, c'est tout simplement pour nous indiquer que le serpent se déguise. De là, le déguisement de Pourim. Fais attention: durant l'histoire d'Israël, tous les serpents que tu vas rencontrer vont avoir des vêtements différents. C'est-à-dire que c'est le même mal, la même négativité, qui s'habille avec des vêtements différents.
Donc cette négativité va apparaître dans l'histoire d'Israël sous différents vêtements. Un jour ça va s'appeler Nabucodonosor, un jour ça va s'appeler Paro, un jour ça va s'appeler Haman, un jour ça va s'appeler Hitler, un jour ça va s'appeler Ahmadinejad. Chaque génération, le même serpent revient avec un autre vêtement, un autre nom, une autre révélation. Mais c'est en réalité tout le temps le même serpent qui change de peau.
Donc l'homme qui a fauté, et d'ailleurs comme chaque homme qui faute aujourd'hui, c'est une descente du monde de l'unité vers le monde de la séparation. Et cette descente-là, cette séparation à partir de l'unité, s'habille dans trois degrés différents. C'est comme si l'homme avait fait de l'avodah zara: il a servi un dieu étranger, car Hakadosh Baroukh Hou lui donne la manière d'être, et lui choisit une autre manière d'être. Donc c'est un travail, un service de Dieu qui est étranger au service initial.
Avodah zara, traduction simple: service étranger à ce que Dieu te demande. Ça peut être très bien, mais c'est zar, c'est étranger à ce que Dieu veut. Donc n'invente pas une religion. Fais ce qu'Hakadosh Baroukh Hou te demande.
Guiloui arayot, relation interdite. Au lieu d'avoir une relation de vie avec la vie, avec la source de la vie, c'est comme si, Hass vé-chalom, l'être humain avait eu un rapport intime avec le serpent. Et d'ailleurs, les Sages nous le disent: le serpent a eu un rapport avec Ève pour injecter en elle une semence négative, c'est-à-dire des idées étrangères aux idées de Hakadosh Baroukh Hou.
Troisième degré: chfikhat damim, le meurtre, verser le sang. Eh bien, c'est exactement la même chose. Lorsque l'homme quitte la voie de la vie, il quitte l'arbre de la vie pour l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Eh bien, dans le bien et le mal, il y a le mal. Et le mal, c'est le début de la mort, et donc ils versent le sang. C'est comme si, à partir de ce moment-là, la mort était arrivée dans le monde.
Et effectivement, Hakadosh Baroukh Hou le leur dit clairement: le jour où tu consommeras de ce fruit interdit, c'est-à-dire de cet aspect qu'on vient d'expliquer, plus ou moins, eh bien tu mourras. Autrement dit, la mort n'existait pas avant cette faute-là. Donc vous voyez que la chute est sortie de l'unité divine pour se placer dans un monde de dispersion totale.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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