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Le tribunal de l'histoire et la souka des nations

Pourquoi la Guémara fait rire Hachem à Souccot : la paix imposée aux nations face au devoir d'Israël.

40 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Souccot, pont entre la sortie d'Égypte et les nations, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il y a eu une attente, étant donné que l'année dernière, à Hochaana Rabba, j'ai dit qu'il y aurait une guerre, et puis elle a eu lieu. Le jour où elle a éclaté, à Simhat Torah, je me suis dit: j'en ai marre d'avoir raison. Et donc, j'espère que si je dis des choses terribles, elles n'auront pas lieu.

En tout cas, nous sommes dans une époque absolument extraordinaire à plus d'un point de vue. Nous sommes dans un tournant historique. Je pense que tout le monde le ressent. Ce tournant ne concerne pas seulement le peuple d'Israël, il concerne l'humanité tout entière. Nous sommes aujourd'hui dans une sorte de changement de plaque tectonique. La migration des continents existe également au niveau des grandes puissances et au niveau des civilisations.

Et quelque chose est en train de se passer aujourd'hui. Vous connaissez certainement cette thèse très courante aujourd'hui, celle du penseur américain Huntington, qui affirme que nous sommes depuis plusieurs années dans une sorte de guerre mondiale. Une guerre mondiale pas forcément militaire, ni même économique, ni même politique. Il s'agit d'une guerre mondiale au niveau des civilisations. C'est ce qu'on appelle l'affrontement des civilisations.

La thèse de Huntington est qu'il y a aujourd'hui à peu près neuf civilisations en concurrence l'une avec l'autre. Et l'enjeu de cette guerre, c'est de savoir qui va diriger la culture, la civilisation universelle. Si on essaie de réduire un peu ce nombre, parce que neuf civilisations, c'est beaucoup, on peut dire qu'il y en a quatre qui s'affrontent aujourd'hui sur le globe terrestre. Il y a tout d'abord la civilisation occidentale, qui est gigantesque. Il y a également le monde islamique, qui est un peu moins grand, mais qui fait déjà beaucoup de bruit et qui essaie de se répandre sur la planète. Il y a aussi une autre civilisation, populaire à certains moments, aujourd'hui un peu effacée: la civilisation extrême-orientale.

Et puis il y a une quatrième, c'est nous. Nous sommes également une civilisation, et l'enjeu actuel, c'est de savoir comment la civilisation universelle sera orientée. Actuellement, et on ne sait pas encore pour combien de temps, c'est le monde occidental, avec sa capitale Washington, qui domine la civilisation universelle. Il y a aujourd'hui une tentative violente et agressive de l'islam pour remplacer cette civilisation. Et entre ces deux grands blocs, il y a nous.

Sans faire de politique, je rappellerai que notre premier ministre, Aloua Edou, a très bien expliqué cela également devant le Congrès américain, lorsqu'il a expliqué qu'en fait, il s'agit d'une guerre entre le bien et le mal, et qu'au milieu de cette guerre, sur le front de cette guerre, se trouve le peuple d'Israël. Nous ne luttons pas seulement pour notre survie physique, nous luttons également pour le bien contre le mal.

Je ne sais pas si on nous rappelle assez ce que disait Churchill dans une situation désespérée, lorsque la France était déjà occupée, l'Union soviétique alliée de l'Allemagne, les États-Unis en neutralité, et qu'il ne restait, pour faire la guerre contre les Allemands, que l'Empire britannique. Le plus logique aurait été de faire la paix avec Hitler. Et Winston Churchill a dit qu'il fallait continuer la guerre, parce que Dieu ne laissera pas le mal s'emparer du monde. Je pense que c'est à ce niveau-là qu'il faut réfléchir sur les éléments actuels.

Il y a aujourd'hui une réorganisation, une redistribution des cartes des grandes puissances et des civilisations, et nous devons être conscients de notre rôle, de ce que nous avons à dire, de ce que nous avons à faire dans cette situation-là.

Je tiens à rappeler, dans ce contexte, ce qui s'est passé au début de la guerre actuelle, lorsqu'un soldat israélien est monté sur le minaret d'une mosquée dans le Chomron et a diffusé à partir du minaret le schéma israélien. Il a été presque renvoyé de l'armée, finalement ça ne s'est pas passé, mais il aurait dû, en fait, recevoir une décoration. Non pas parce que c'est osé, audacieux, etc., mais tout simplement parce que cela mettait le point d'orgue de la guerre actuelle. C'est-à-dire que nous sommes aujourd'hui dans un affrontement au niveau des valeurs. Nous ne sommes pas seulement dans une guerre politique, nous sommes dans une guerre de civilisation et de valeurs, et c'est cela que nous sommes en train de vivre.

Il y a une question qui peut déranger au niveau moral. Tant que le peuple d'Israël était en guerre contre les païens, contre les idolâtres, c'était très facile: on se disait, nous sommes les monothéistes, eux sont les polythéistes, nous sommes dans la vérité, eux sont dans le mensonge, donc c'est très simple. Nous luttons pour que Dieu gagne, si l'on peut dire. Nous avons un seul Dieu, eux ont une multitude de dieux, et c'est nous qui avons raison, c'est très clair.

Aujourd'hui, l'affrontement se fait entre deux monothéismes, entre le monothéisme d'Israël et celui de l'islam. Et ce n'est pas du tout la même chose. Il y a un verset dans la prophétie de Bil'am, dans le livre de Bamidbar, dans lequel il dit: malheur, qui vivra lorsque ces choses-là arriveront ? En hébreu, le « qui vivra » peut se lire, puisqu'il n'y a pas de ponctuation dans le Sefer Torah, comme « Mishemot, Mishemot El », c'est-à-dire: celui qui, lorsqu'il arrivera, celui qui porte le nom de Dieu.

Et le Midrash, Pirké de Rabbi Eliezer, explique: étant donné que Dieu a lié son nom à Israël, El, El, c'est Dieu, et qu'il a lié son nom à Ichmaël, El, El, Dieu, qui pourra vivre.

Ce qui est gênant quand on lit ce genre de midrashim, c'est qu'on se demande si effectivement la société israélienne se place au nom du Dieu d'Israël. Il y a, au niveau inconscient, cette angoisse de l'Israélien moyen qui se demande si c'est vraiment une lutte de type religieux. Vous pouvez entendre parfois des hommes politiques, ou surtout des personnages militaires, vous dire qu'il ne faut surtout pas que cette guerre, notre conflit avec le monde islamique, devienne un conflit d'ordre religieux, parce que dans ce cas il n'y aurait pas de solution. Il faut donc dire que c'est un conflit national et territorial. Point à la ligne.

C'est ridicule. C'est comme si vous aviez quelqu'un qui est malade, et que le médecin sait que pour cette maladie-là il n'a pas de médicament, mais qu'il en a un qui est utile pour une autre maladie. Il dira alors au malade: vous avez l'autre maladie. C'est un peu ce qu'on fait aujourd'hui. On explique, on fait comme si la motivation de nos ennemis n'était pas une motivation de type religieux, et alors, dans ce cas, on pense que c'est réglable. C'est n'importe quoi. En vérité, c'est à partir du moment où on a conscience de la nature véritable du conflit qu'il est réglable, et on en parlera dans la suite.

Je voudrais analyser avec vous un passage assez bien connu du traité d'Avoda Zara, dans le Talmud. Dans les premières pages d'Avoda Zara, il est question de ce qu'on appelle le tribunal de l'histoire. Je crois qu'on a …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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