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La joie, condition de la émouna selon le Rav Harlap

Pourquoi la tristesse et le doute affaiblissent la émouna, et comment la simcha en est le canal.

13 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La notion de Emouna partie 5, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous sommes encore une fois dans notre série de cours sur la émouna. La fois dernière, nous avons traduit et essayé d'expliquer que le terme de émouna concerne en réalité la capacité à dévoiler les choses, à les réaliser. Aujourd'hui, nous allons continuer dans ce même sens pour essayer de comprendre les degrés du judaïsme, qui concernent en réalité toute cette émouna, toute cette émouna, donc toute cette réalisation des choses auxquelles nous croyons, des choses que nous devons dévoiler dans notre vie.

Je vous ai dit la dernière fois que nous allons utiliser des textes du Rav Harlap pour développer notre terme. Ce thème va maintenant aboutir à un texte qui explique que même le temps dans lequel nous sommes, au niveau des six millénaires que Kadosh Baruch Hou a créés, eh bien, ces six millénaires de temps, nous sommes dans ce que les sages appellent la fin des temps. Dans cette mesure de fin des temps, il y a donc des événements, il y a donc une structure qui correspond à cette fin des temps.

En effet, je ne peux pas parler aujourd'hui de la même manière que nos sages parlaient à une autre époque, avec une autre façon de comprendre, pour une autre génération. Chaque génération a une qualité spéciale qui lui correspond, et nous devons, nous les enseignants, être capables de nous mettre au niveau de ceux qui nous écoutent, à l'époque où nous sommes en train de parler. Regardez ce que le Rav nous dit.

Cette puissance qui empêche les dévoilements de se réaliser, c'est comme une force contradictoire. À chaque fois qu'on fait quelque chose dans notre vie, il y a obligatoirement une puissance qui vient contrarier, qui vient essayer d'obscurcir cette lumière, d'anéantir le degré, de ne pas permettre le dévoilement.

Lorsque cette puissance, entre guillemets négative, sent que sa fin est proche, qu'est-ce qu'elle fait ? Le sage nous dit que sa peur provient justement de sa compréhension que tout vient de cette émouna. Je vais le traduire avec des mots simples: cette force négative sent que les gens, puisqu'ils travaillent, qu'ils œuvrent dans ce but de faire descendre les valeurs divines dans ce monde, c'est comme si le monde se remplissait de plus en plus de divin.

Qu'est-ce que ça veut dire que le monde se remplit de plus en plus de divin ? Tout simplement que les valeurs divines, que la morale divine, que les degrés de l'au-delà, les règles avec lesquelles le monde fut créé, dans leur nature véritable, sont en train de se dévoiler sur terre. C'est le but. Ce but justement dérange toutes ces forces qui ne veulent pas se retrouver au chômage, parce que la lumière divine est en train de se dévoiler sur terre.

Alors, qu'est-ce qui se passe lorsqu'un peuple plein de émouna, lorsque les enfants d'Israël sont en train de réaliser leur véritable vie, de comprendre leur véritable place sur cette planète, lorsqu'ils sont en train de retrouver leur identité d'Israël dans tout ce que nous voyons dans notre vie, lorsqu'ils arrivent à vivre selon les temps d'Israël, c'est-à-dire le Chabbat et les fêtes ? Eh bien, les enfants d'Israël retrouvent par cela leur véritable structure intérieure.

Autrement dit, l'application des mitsvot de la Torah n'est pas une application ordonnée par un dieu étranger à notre vie, qui vient nous donner des lois pour nous inscrire dans un livre de vie ou inversement. Ce n'est pas le cas. Kadosh Baruch Hou a introduit ces qualités de vie à l'intérieur de nous. Nous sommes faits, nous sommes remplis de ces qualités divines. Notre Torah, c'est tout simplement savoir faire sortir ce que nous avons déjà reçu à l'intérieur, d'une manière innée, d'une manière basique. C'est ce que les sages appellent notre ségoula intérieure, que nous devons faire sortir par notre libre choix, par notre bechira.

Le Rav nous dit qu'à cette époque, au moment où la émouna et où les enfants d'Israël vont réaliser de plus en plus leur identité, cette force négative va commencer à se battre pour sa résistance, pour vivre, pour pouvoir encore gagner quelques jours dans ce monde. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tout simplement qu'elle sait que sa fin est proche. Elle sait qu'elle a fini son travail, et elle essaie de se battre pour faire le plus de dégâts possible avant de finir sa fonction sur terre.

Alors qu'est-ce qu'elle fait ? Elle fait quelque chose qui, malheureusement, nous touche tous, vous allez le voir et le comprendre. Voilà son arme: elle va faire en sorte que les gens tombent dans un nuage de tristesse, et en même temps dans un souffle de dépression totale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un juif qui se trouve dans un état de colère, de nerfs, de mélancolie, de tristesse profonde, et pire encore, lorsqu'il est dans une dépression, ne peut plus servir Kadosh Baruch Hou, ne peut plus réaliser, car la émouna, cette force que nous devons véhiculer dans notre monde, passe obligatoirement par un état de santé morale et physique que l'homme doit avoir. Quand je dis l'homme, c'est l'homme et la femme.

Cet état normal, c'est un état de joie. Comme il est dit, et si on ne sert pas Kadosh Baruch Hou par un état de joie, eh bien la émouna ne peut pas passer. La émouna, c'est comme une prophétie. La prophétie ne peut pas passer si le prophète se trouve dans un état de tristesse. Le prophète qui réalise la lumière divine est un prophète qui vit, au moment même de cette réalisation, dans un état de joie intense.

Donc cette force négative, pour essayer d'empêcher et pour réussir, va faire descendre un nuage de tristesse sur la personne. Et comme nous l'avons dit, quelqu'un qui est dans un état de tristesse est incapable de réaliser quoi que ce soit au niveau du divin sur terre. Nous avons rappelé aussi que les prophètes ne peuvent pas prophétiser tant qu'ils sont dans cet état de tristesse. Nous voyons Yaakov Avinou qui n'a pas prophétisé tout le temps où Yossef n'était pas à côté de lui, justement parce qu'il était dans un état de tristesse, croyant que Yossef avait été dévoré par cette fameuse bête féroce.

Et lorsque cette force négative arrive à faire pénétrer cet état de dépression totale chez l'homme, elle a gagné le combat. C'est exactement ce qu'elle voulait. Elle va faire réveiller chez l'homme, comme dit le Rav, un état de doute total. L'homme ne saura plus ce qu'il faut faire dans sa vie. Il n'est plus sûr de rien. Au départ, les choses étaient très claires dans sa tête: il savait qu'il devait faire telle et telle chose, il y avait un chemin tracé devant lui, tout était ouvert.

À partir du moment où le doute s'installe, justement à cause de cette tristesse, de cette mélancolie et de cette force de déviation totale de la simcha, qui est notre état normal de base, sain, naturel, l'homme sort de cet état naturel. C'est tout simplement tomber dans cette déprime, dans cette dépression. Et cette dépression fait en sorte que tout devient aléatoire. On ne sait plus …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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