L'émouna, quatre degrés pour passer de l'infini au fini
Le Rav explique comment l'émouna traduit une pensée infinie en réalité concrète, à travers quatre étapes de dévoilement.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : L'émouna comme éducation et certitude vécue selon le Rav Harlap, 59 min
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Aujourd'hui, nous allons développer les quatre degrés, qui sont quatre notions dans le développement de n'importe quel sujet, pour arriver à sa définition. Je veux dire par là que pour passer de l'infini au fini, il faut passer par quatre étapes. À chaque fois que je veux transcrire une réalité profonde en une réalité concrète, palpable, je dois traverser ces quatre degrés, qui sont en réalité quatre éléments révélateurs d'une seule vérité.
C'est comme si je disais que le monde dans lequel nous sommes est tout le temps visible par quatre degrés. Ce sont quatre degrés d'approximation qui correspondent, bien entendu, aux quatre lettres du nom de Hachem. C'est-à-dire que les quatre lettres, le tétragramme, ne sont en réalité qu'une révélation de ces quatre niveaux de révélation. Autrement dit, HaKadosh Baroukh Hou, l'infini béni soit-il, se dévoile dans notre monde en passant par ces quatre degrés.
Les quatre lettres de son nom ne sont pas en réalité quatre lettres qui nous désignent son nom. Il n'a pas de définition. Oui, c'est l'infini, béni soit-il. Alors comment peut-on lui donner des lettres ? Tu ne peux pas l'imiter, Dieu, ne serait-ce que par des lettres, c'est interdit. Alors c'est quoi ce nom-là ? Yod Hé Vav Hé, en réalité, ce sont les quatre étapes nécessaires à traverser pour passer de l'infini au monde fini. Donc on va traduire ces quatre lettres comme étant l'être, l'existence, donc la vie. Chem HaVaya, le nom de l'existence, le nom de la vie, et non pas le nom d'Hachem, le nom de Dieu. Ça ne veut rien dire.
Donc j'appréhende la vie par ces quatre lettres, qui contiennent en elles ces quatre étapes nécessaires à traverser pour dévoiler quelque degré que ce soit au niveau manifesté. Ce n'est pas du charabia. C'est-à-dire qu'à chaque fois que je veux passer d'une idée pour en faire quelque chose de concret, il faut que je passe par ces quatre degrés.
Au niveau de mon art, je rentre à l'atelier pour commencer une toile. J'ai quatre degrés d'évolution pour arriver à une toile aboutie, à une œuvre d'art terminée. Il faut que je traverse absolument ces quatre étapes. Que je sois conscient que je les traverse ou que je ne sois pas conscient que je les traverse, de toute façon il faut les traverser. Sinon, tu ne peux pas arriver à quelque chose de concret. Ce sont en réalité quatre marches de la fameuse échelle de Yaakov.
Si on vous pose la question: combien de marches y avait-il dans cette échelle ? Il n'y en avait que quatre. Alors que dans vos idées, dans vos rêves, il y a des milliers d'escaliers. En fait, c'est une échelle à quatre marches, c'est tout. Et cette échelle est une seule échelle, mais elle est façonnée, elle est fabriquée de quatre étapes. Pour monter et pour descendre, il faut utiliser ces quatre marches. Donc je monte en réalité sur les quatre lettres du nom d'Hachem et je redescends sur ces quatre lettres.
Ok. Tu ne vas nulle part. Tu dévoiles. Tu dévoiles dans le fini le monde infini. Ok. Ça, c'est HaKadosh Baroukh Hou. HaKadosh Baroukh Hou a créé, à partir de l'infini, un monde fini. Ok. Ça, ce sont les anges. Les anges qui montent et qui descendent: ils montent pour chercher des explications profondes à ce qui se passe dans notre monde, et ils redescendent pour nous amener, dans notre monde à nous, ici-bas, toutes les notions qu'ils ont acquises dans les mondes supérieurs.
Donc le but, je vous l'ai déjà dit à plusieurs reprises, c'est de monter pour redescendre, et non pas descendre pour remonter. C'est pour ça que les anges, Olim veyordim, précisément dans cet ordre-là. Parce que tout notre but dans ce monde, c'est de monter dans les valeurs supérieures pour les faire descendre dans la concrétisation, dans la réalisation de l'être. Vous êtes avec moi ? Ok.
Alors maintenant, tout ce que je viens de vous dire se résume en un seul mot, une seule définition: la émouna. La émouna, en réalité, c'est rien d'autre que cela, c'est-à-dire la capacité à dévoiler, à révéler, dans le monde d'en bas, toutes les valeurs du monde d'en haut.
Alors on va suivre dans le texte: Émouna, Arba, Madrigot, Agiloui. Donc, la émouna, les quatre étapes du dévoilement. A émouna, Hitargou, Mara, Yonapnimi, Leassia. Donc, toute émouna... Toutefois, toute réalisation, toute certification, c'est en réalité la traduction d'une pensée infinie. Yessod HaEmouna, Mevoussas Al HaHafikha Ta'i Deot Ha'amukot Leimetsi Uchil Chaim. Le fondement même de la émouna, c'est de prendre des idées très profondes et de leur donner vie, de les cristalliser.
La émouna est une action, une manière de vivre qui aide l'homme à dévoiler, à révéler toutes les valeurs pour lesquelles le monde a été créé. Mais il faut prendre ces valeurs et les concrétiser, les amener, les acheminer vers le monde d'en bas dans lequel nous sommes. C'est ce qu'on appelle la émouna.
Avec des mots simples: quand je dis Ani Ma'amin, cela ne veut pas dire « je crois » ou « j'ai la émouna ». Mais je concrétise, je réalise ce en quoi j'ai émouna. Donc dire Ani Ma'amin, ce n'est pas simple. Ani Ma'amin, je veux voir de facto comment tu es Ma'amin. Qu'est-ce que ça veut dire, en quoi consiste ta émouna ? À tel point que tu me dis Ani Ma'amin.
Par exemple, Rabbi Yehouda HaLevi, dans le Kuzari, se moque des gens qui disent Amen. Littéralement, il se moque. Il dit qu'il y a des gens qui disent Amen. Ceux qui disent « j'ai une émouna complète en la venue du Machia'h » et qui n'habitent pas en Erets Israël, dit Rav Yehouda HaLevi, c'est comme des perroquets qui sifflent. Parce qu'ils disent, d'accord, ils disent, et alors ? Mais ils ne sont pas en train de le concrétiser.
C'est-à-dire que pour lui, dire Ani Ma'amin B'émouna Shelema B'Biat HaMachia'h, « j'ai une émouna réelle en la venue du Machia'h », ce n'est pas le dire: c'est le certifier d'abord, en étant avec son peuple sur cette terre. Quel ? Nahot. Alors, le but, c'est de comprendre ce degré. Et donc, tant que tu n'es pas sur cette terre, tu es dans une catégorie de manque de émouna. Où est-ce qu'on a vu ça ? Non ? Téhilim 37. Que dit le Téhilim 37 ? Chokhen Erets, tant que tu n'habites pas sur la terre d'Israël, Ou Ra'ei émouna, tu n'as pas encore de émouna.
Ça fait du mal, hein ? Ça fait très mal. Mais David HaMelech sait exactement de quoi il parle. Alors, effectivement, il y a des époques où on ne peut pas. Eh bien, on est dans une situation temporelle de manque de émouna. C'est tout. Et il faut revenir pour augmenter le volume de la émouna, son intensité, en faisant tout ce qui est nécessaire pour certifier ce en quoi tu dictes ta émouna. Mais dire seulement, ça ne veut rien dire.
Si je suis fidèle à mon degré intérieur, je suis Ma'amin. D'ailleurs, en hébreu, comment dit-on « être fidèle à » ? Ne'eman. Donc …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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