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Acquérir la humilité selon le Ramchal

Deux voies pour devenir humble : la répétition des actes et la réflexion sur sa condition.

26 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Yirat HaRomemout, la crainte de la grandeur de Hachem, 29 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom Aleikhem, Shalom Lekoulam. Et voilà, nous sommes de retour pour notre étude de Messilat Yécharim, et nous sommes au chapitre 23, Pérek Kaf Guimel.

On a expliqué ce qu'était l'anava. On a expliqué quelles étaient les différentes dimensions de l'anava au niveau de la mahchava et au niveau du maassé. Maintenant, quels sont les chemins pour y arriver ? Il y a deux chemins pour arriver à l'anava.

La règle est que l'homme s'accroche à lui-même petit à petit, en s'adaptant à la façon dont nous nous souvenons. Dans l' des endroits inférieurs, et à la fin de la société, nous sommes toujours honnêtes, mais pas merveilleux, car en s'adaptant à cette façon, vous rentrerez et vous verrez la joie dans votre cœur, petit à petit, jusqu'à ce que vous l'appréciiez.

Donc, nous dit le Ramchal, il faut s'habituer à l'anava. Toutes les dimensions qu'on a évoquées dans le chapitre précédent, à savoir ne pas se mettre en avant, ne pas demander tout le temps qu'on nous mette sur un piédestal, s'habiller avec des habits simples, mais Khoubadim, c'est-à-dire pas en lambeaux et tout sale, mais pas forcément toujours s'habiller avec des habits d'apparat. Eh bien, c'est ce qui permet... les athlètes...

Qu'est-ce que cela veut dire ici ? Cela veut dire que le Ramchal est en train de nous expliquer...

C'est-à-dire qu'il les traque parce que ce n'est pas naturel. Eh oui, qu'est-ce que ça veut dire ? La nature de l'homme, c'est de se mettre en avant. Ça, c'est vrai au niveau de son nefesh, pas au niveau de sa neshama. Mais vu qu'on vit notre vie en mettant en avant notre nefesh, on a tendance à se mettre un petit peu en avant. Et particulièrement, dans la génération de la Gueoula, la gaava, c'est-à-dire le fait de se mettre en avant et le kavod qu'on veut pour nous-mêmes, se met en avant.

Donc, ici, le Ramchal nous a bien expliqué la dimension de s'entraîner à être un anav. Maintenant, c'est quoi ? On a vu ce que c'est la rigiloute. Maintenant, c'est quoi Hevel Bonen ? C'est une mishna qu'on connaît bien dans Pirké Avot.

Cette phrase est très dure. Pourquoi est-elle très dure ? Quand on y réfléchit, regardons la mishna deux secondes, celle d'Akavia ben Mahalalel. Akavia ben Mahalalel nous donne deux enseignements. Cette mishna est en fait divisée en deux parties. Il y a une partie qui est une question et une partie qui est une réponse.

On nous dit... Et ensuite, dans la deuxième partie, on te dit... Ce que vient de nous dire le Ramchal ne concerne que la deuxième partie d'Akavia ben Mahalalel. Je prends la mishna dans son intégralité. On dit... On a posé les trois questions a priori, et après on redit...

Littéralement, qu'est-ce que ça veut dire ? Sache d'où tu viens. D'où tu viens ? Tu viens d'une petite goutte de semence. C'est rien du tout. Où tu vas ? Tu vas à un endroit où tu ne seras que poussière, tolaïm et ritsa. Et devant qui tu devras rendre des comptes ? Devant le Saint béni soit-Il.

La question, quand on étudie cette mishna en profondeur, on se rend compte que si c'étaient des questions auxquelles il fallait donner des réponses, on aurait pu se contenter de dire. Seulement, la mishna dit « Da » et après elle recommence en disant « Da ». Cela veut dire qu'en fait, la mishna est divisée en deux parties. La première partie ne donne pas de réponse à ces questions, parce que ce ne sont pas des questions, ce sont des affirmations.

Et ensuite, en deuxième partie, il y a question et réponse. Je reprends la mishna. Et sache que tu rendras des comptes devant quelqu'un.

Ce n'est pas un système déterminé de choses, de causes et de conséquences. Il y a un Quelqu'un, une identité qui va te juger: c'est Ribono shel Olam, mais c'est une identité. En fait, cette première partie de la mishna s'adresse à la neshama. La neshama arrive à comprendre ces dimensions énormes: sache que tu viens de l'infini, que tu retournes à l'infini, et que c'est une identité propre qui te juge, Ribono shel Olam. Et la deuxième partie de la mishna nous parle au nefesh, celui qui me fait vivre. Et celui-là, on a besoin, des fois, de le remettre en place. Ah, d'où tu viens ? D'une petite goutte, tu ne vaux rien. Ah, où tu vas ? Tu vas finir dans le trou. Et tu devras rendre des comptes devant le Roi des rois. Ça, ça calme le nefesh.

Et donc, ce sont les deux dimensions. Hevel Bonen, c'est celui qui arrive à remettre les choses dans leur contexte et comprend que son identité, si elle est prise de manière grande, alors elle pourra s'attacher à la grandeur. Mais si elle n'est qu'une identité de survie dans ce monde, alors il faut la calmer, il faut lui mettre des barrières. Évidemment, quand tu sais que tu viens de rien du tout et que tu vas mourir, ça calme. Et quand tu remets l'homme dans son contexte, il n'a pas à se mettre en avant, évidemment.

C'est comme ça.

Oui, quelqu'un qui aurait eu un passé douteux, qui est maintenant à corriger, qui est devenu très haut: tant qu'il se rappelle d'où il vient, il ne pourra pas se la péter, parce qu'il sera toujours celui d'où il vient. Et les gens pourront aussi le lui rappeler.

Quand tu te présentes devant HaKadosh Baroukh Hou,

qui est la perfection faite, et que tu viens avec tous tes problèmes, tout ce que tu as fait pendant ta vie, tu n'oseras pas relever la tête. Quelqu'un qui s'est fait prendre la main dans le sac ne peut pas relever la tête et se la péter. Pas possible.

Oui, quand j'arrive à me mettre devant cette réalité-là, évidemment que je n'ai pas de gaava. Quand c'est ma neshama qui contrôle, je n'ai pas de gaava, parce qu'elle sait exactement d'où elle vient. Mais quand c'est mon nefesh qui prend le dessus, il faut que je le calme et que je le fasse prendre conscience.

Ça, c'était la première chose: rappeler et établir. Deuxième moyen pour arriver à l'anava.

On voit ça aujourd'hui de manière incroyable. Un autre moyen d'arriver à l'anava, ce n'est pas seulement de remettre son identité dans son contexte, face à l'infini, mais tout simplement de se remettre devant l'horloge du temps, devant l'histoire humaine. Et tu te rendras compte que c'est arrivé tellement souvent: quelqu'un qui était au top est finalement tombé très très très bas.

Et on voit aujourd'hui combien de personnes, dans les mouvements #MeToo et autres scandales sur Internet, étaient sur le toit du monde et, tout d'un coup, du jour au lendemain, se sont retrouvées en prison, et plus personne ne leur parle, et ainsi de suite. Donc tu vois à quel point le fait d'avoir du succès, d'être mis en avant, c'est chouma... Ça peut disparaître demain. Pouf ! Pouf …

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