Pourim, l'unité de l'être et la faute comme éparpillement
Le cours explique la faute comme perte de la vision globale, l'avodah zara comme éparpillement de l'être, et le Chabbat comme unité du temps, de l'espace et de la conscience.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Adar et Av : la joie qui se multiplie, 2 h 08
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom. Dans la suite de notre développement concernant les jours de Pourim, nous avons expliqué la dernière fois l'importance des vêtements, et comment la Megillah d'Esther est pleine de descriptions vestimentaires et, d'une manière générale, de description de tout ce qui est relatif à l'esthétique, à la construction. Parce qu'il y a un sens profond à ces descriptions.
Je rappelle ce qu'on a déjà mentionné. On va commencer le texte: Het' shel Adam Harishon, la faute du premier homme. Hayay erida me'alma deyi houda le'alma depi houda. Cette faute, en réalité, a été causée par une descente d'un monde unitaire vers un monde de dispersion. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on descend d'un monde pour aller vers un autre monde, du monde d'une unité vers le monde de la séparation, Naasa, Beshlocha, Rivadim, cette unité, en réalité, se perd sur trois degrés différents. Elle va se perdre au niveau de Avodah Zarah, elle va se perdre au niveau de Giloui Arayot, et au niveau de Chefikhat Damim.
Rabotai, essayez d'arriver à l'heure. Ce n'est pas sympa de couper le cours.
Donc, le sens premier de ce que je suis en train de dire, le sens profond, c'est que la faute, par définition, c'est de quitter, ne serait-ce que momentanément, le monde unitaire, le monde de l'unicité de Dieu, c'est-à-dire la prise de conscience que c'est une unité qui gère tout l'univers. Cette séparation, cette chute, entraîne en fait toutes les fautes possibles et imaginables. Ces fautes-là sont définies par nos sages comme étant trois.
Avodah Zarah. Qu'est-ce que c'est, Avodah Zarah ? Ce n'est pas de l'idolâtrie dans le sens français du terme. Avodah Zarah, c'est, traduction réelle, tout travail, tout service qui n'est pas lié à HaKadosh Baroukh Hou, qui est zar, qui est étranger à sa structure. Donc Avodah Zarah ne veut pas dire seulement que je me suis fabriqué une statue et que je me prosterne, Hass vechalom. Avodah Zarah veut dire qu'il y a dans ce monde une possibilité de tomber dans quelque chose qui est étranger à moi-même. Donc, à chaque fois que vous faites quelque chose qui est étranger à votre structure, tel que HaKadosh Baroukh Hou l'a voulu, vous êtes dans une forme d'Avodah Zarah, hass vechalom.
Il faut faire très attention. Quelle est la racine du mot Zarah ? Qu'est-ce que ça veut dire, Zarah ? Ça, c'est étranger. Mais il y a un verbe, lizrot, qui veut dire éparpillé. Ça veut dire quoi ? Avodah Zarah égale éparpillement de l'être. Est-ce que vous êtes dans l'unité de votre être ? Ou est-ce que vous êtes éparpillé ? Est-ce que vous n'êtes pas ordonné ? Est-ce que vous n'avez pas de lumière intérieure qui vous donne, en réalité, une structure solide qui structure tout l'ensemble ?
Est-ce que vous ne voyez que des éléments disparates ? Est-ce que vous voyez des points dans l'espace au lieu de voir une structure totale ? Est-ce que vous voyez les jours qui passent comme un jour, plus un autre, plus un autre ? Est-ce que vous voyez les événements comme des événements ? J'ai entendu hier, j'ai entendu avant-hier, et j'entends aujourd'hui, mais vous ne voyez pas le film dans son entité.
Et si vous ne voyez pas le film dans son entité, et que vous ne voyez que des ensembles d'extraits, ça, c'est la faute. Est-ce que vous comprenez ? Fauter, c'est rater l'image entière. C'est ça, fauter. Fauter, c'est ne pas voir l'image dans son entité. C'est ça, la faute. D'accord ? Chaque fois que tu ne sais pas que tu es un être, si tu prends en relief le pouce, maintenant, et que tu t'occupes du pouce sans savoir qu'il fait partie d'un organisme, c'est déjà une faute. Voilà la faute. Voilà la source de toutes les fautes: chaque fois que vous sortez, que vous quittez cette entité, cette vue globale.
Est-ce que c'est clair ? Est-ce que c'est assez clair, ce que je suis en train de dire ? D'ailleurs, c'est ce que dit Haman: Yesh am ehad. Il a compris ce secret, Haman. Il va dire à Ahachverosh: il y a un peuple qui est ehad, dans l'unité totale. Mais qu'est-ce qui se passe en ce moment ? Mefouzar, il est éparpillé. Meforad, il est séparé. Il n'a pas compris sa structure: il est, en réalité, dans l'éclatement de l'être.
Alors, qu'est-ce qu'on peut faire, maintenant ? Lui, Haman, dans sa tête, qu'est-ce qu'il peut faire ? Il peut détruire, maintenant. Parce qu'en réalité, quand tu laisses une structure qui est entière, tu donnes une ouverture, mais tu crées un vide dans lequel le mal peut pénétrer. D'accord ? Si vous faites un sport de combat, et que vous êtes en garde, si votre garde est tellement forte, votre adversaire ne peut pas pénétrer, ni par un coup de poing, ni par un coup de pied. Mais si vous n'avez pas une bonne garde, eh bien, l'adversaire va voir, en réalité, où vous avez laissé une ouverture, et c'est là qu'il va rentrer.
Donc toute la force, c'est de savoir voir l'entité. Et d'ailleurs, quand tu vas voir ton adversaire, ne le regarde pas au niveau de ses yeux, au niveau de son pied, au niveau de sa main. Il faut que tu regardes l'être dans sa globalité, dans son ensemble. Et alors là, chaque mouvement, tu vas le voir venir avant. Mais si tu regardes ses pieds, en te demandant quand il va me lever le pied pour me frapper, tu es encore une fois dans la fausse. Donc tu vas recevoir un coup. Quel coup ? Exactement.
L'addiction à quelque chose, c'est ne pas voir, en réalité, une totalité. Donc, même si tu es intéressé par un domaine, il faut tout le temps placer ce domaine dans sa véritable proportion par rapport à l'ensemble. D'accord ? La Torah, c'est un ensemble. C'est l'ensemble. La Torah, c'est le plan avec lequel l'ensemble a été créé. Donc, ça ne sert à rien de dire: à part la Torah, parce que si tu mets la Torah au même niveau que les autres, ça ne va pas. La Torah, c'est l'ensemble. Étudier la Torah, c'est étudier l'ensemble. C'est ça, la véritable étude de la Torah. Ce n'est pas d'étudier un nouveau texte qui va me donner un petit chidouch. C'est étudier l'ensemble. Donc, la véritable étude doit faire de vous des hommes qui voient l'ensemble à chaque fois qu'ils sont face à un degré quelconque, qui voient le degré dans l'ensemble.
Il faut faire très attention, à commencer par vous-mêmes: ne pas vous voir comme des éléments séparés de ce que vous êtes dans la pensée divine. HaKadosh Baroukh Hou n'a pas créé des Juifs. Il a créé un peuple. Il ne nous a pas pensés individuellement, il nous a pensés comme nation. Après, nous sommes apparus comme des éléments, mais des éléments de cette nation, c'est-à-dire comme des rayons de soleil qui sortent de cette notion d'âme d'Israël. Donc, à chaque fois que je ne me vois pas comme nation et que je me vois comme homme individuel, femme individuelle, même si je …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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