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Le bouc de Kippour : kappara, tahara et téchouva

Le rôle du saïr, la confession (vidouï) et la chaîne qui mène du pardon à la pureté le jour de Kippour.

1 h 12

Rav Élie Kling

Ensuite : Le bouc émissaire et la techouva selon le Rambam, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il y a un Rav qui est mort il n'y a pas très longtemps, et c'est le moment d'en profiter. Il s'appelait le Rav Soloveitchik, il est mort il y a une quinzaine, une trentaine, une quarantaine d'années, peut-être plus, et il vivait aux États-Unis. Il a écrit un très joli livre qui s'appelle Hilkhot Téchouva. Je vous le conseille. Vous ne l'avez pas ? Ah bon, eh bien voilà. Nous, il faudra le prêter aux… parce qu'apparemment il y en a qui n'en ont pas.

Non, non, il est en hébreu, mais c'est un très joli hébreu, d'ailleurs, tout le monde comprend. Oui, il est américain. Non, non, ce n'est pas ça, il l'a écrit en anglais, mais ça a été traduit en… Non, peut-être qu'il l'a écrit en anglais, d'ailleurs. En tout cas, il partait du principe que le Rambam, Rabbi Moshé ben Maïmon, a écrit dans son encyclopédie, vous savez, une encyclopédie de la halakha juive, qui s'appelle Mishné Torah; passons à la halakha, réa. Et donc, dans cette encyclopédie, il y a

un passage qui s'appelle Hilkhot Téchouva, les lois relatives à la téchouva. Or il se trouve, ça va ? que ces Hilkhot Téchouva comptent dix chapitres. Or, coïncidence, il y a dix jours de téchouva entre Roch Hachana et Kippour. Du coup, le Rav Soloveitchik avait donné un grand conseil, que je vous donne également: chaque jour des Séléh Yemei Téchouva, prendre le Rambam, Hilkhot Téchouva, et lire un perek, un chapitre. Et comme ça, chaque année, vous terminez les Hilkhot Téchouva. Ce n'est pas très long: en dix jours.

En tout cas, lui avait l'habitude de donner des chiourim dans son metsiva, là-bas, sur les trois téchouvot, à partir de Roch Hodesh Eloul. Et il en est sorti un très joli livre, qui s'appelle À la téchouva, que je vous conseille. Donc, qu'est-ce que dit le Rambam ? Alors, le Rambam, au premier chapitre, dit la chose suivante. Regardez.

Donc si quelles que soient les mitsvot, les mitsvot positives, négatives, si quelqu'un a transgressé une des mitsvot de la Torah, que ce soit de manière volontaire, bé-zedone, ou alors par inadvertance, bi-chgaga, ké-shé-yaasé téchouva vé-yachouv vé-hato hayav léhitvadot, eh bien au moment où il fait téchouva, il doit avoir le courage (le courage n'est pas écrit, c'est moi qui me le rajoute), de lehitvadot, de dire ce qu'il a fait.

Il ne suffit donc pas de penser, il faut parler, il faut dire, il faut énumérer pour soi-même. On n'est pas chez les curés, il ne faut pas aller voir le bonhomme et lui raconter ce que tu as fait. Il n'y a pas de confessionnal chez nous, mais il y a un confessionnal… interne. Interne. Donc le bonhomme doit avouer; il doit faire ce qu'on appelle le vidouy au moment de faire la téchouva. C'est vrai que c'est un petit peu curieux de commencer les lois de la téchouva par la phrase: lorsqu'il fera téchouva, il sera obligé de faire le vidouy. D'abord dis qu'il y a une mitsva de faire téchouva, explique ce qu'est une mitsva de faire téchouva, et après tu demanderas le vidouy…

Mais enfin, ça, c'est la grande question classique qu'on pose sur le Rambam, et sur laquelle je ne veux pas rentrer maintenant, parce que le bouc, il est un petit peu après. Vous voyez, si on s'attache au pré-bouc, on n'arrive pas au bouc après. Alors regardez là-dessus. Donc il est obligé de faire le vidouy, très bien. Il écrit, barouh Hou, shénem ha-… puisqu'il écrit, etc., qu'il faut faire le vidouy. Très bien. Après, regardez, sautez deux, trois lignes. Ké-tsad mitvadim. Comment est-ce qu'on fait le vidouy ? Comment est-ce qu'on raconte ce qu'on a fait comme faute ? Omer, il doit dire deux points: Ah Hachem…

Hatati, avti, pachati, lefanékha, vé-sití ké-hacha. Voilà: je reconnais, je reconnais. Le vidouy, c'est d'abord une reconnaissance: donc je reconnais que j'ai fait ça, ça et ça. Vous voyez que ce n'est pas ouvrir les guillemets, fermer les guillemets: chacun doit dire ce qu'il a fait. D'accord ? C'est-à-dire: ha-arta, nihaam, tiouvo, chétimi, maassaï. La vérité, c'est que j'ai très honte de ce que j'ai fait, je regrette beaucoup. Je dois être sincère, hein: si le type n'a pas honte, ce n'est pas la peine qu'il fasse son vidouy. C'est s'il veut faire téchouva. Donc, s'il veut faire téchouva…

Et deux, hé-ni… regretter ce qu'il a fait avant. Ni hamti oo-bosh tibé maassaï, oulé olam. Et troisième partie de la téchouva, oulé olam, ein-hi hozer ladavar zé, et je vais essayer, quoi, de ne pas refaire les mêmes fautes. Ein hi hozer ladavar zé. Donc vous avez trois stades de la téchouva, qui sont bien connus: un, la reconnaissance; deux, le regret; et trois, ce qu'on appelle kabbalat ha-ateed, prendre sur soi de ne pas refaire, bien sûr. Zé aikar kol ha-vidouy, ça, c'est l'essentiel du vidouy. Mais…

Ce que je te dis là n'est pas exhaustif, c'est-à-dire: mi-shé-hamaarav, ilou ha-vidouy, toh-mar bi-nousah zé, ha-zé ni shoubar. Avec ça, tu brodes. Chacun y raconte ce qu'il a fait, ce qu'il n'a pas fait, plus de détails, moins de détails. Je regrette en pleurant, je regrette sans pleurer. Chacun selon sa personnalité, sa manière de dire les choses. C'est juste le squelette que je te donne. Il y a trois parties, voilà, il faut le dire. Il ne faut pas seulement le penser: il faut avoir le courage de le dire, de le dire à ses oreilles, qu'on l'entende. Ce n'est pas suffisant de le penser, il faut le dire à ses oreilles, qu'on l'entende.

Parce que vous savez, les pensées, ça vient, ça part. Tandis que quand on parle, ça a plus de poids. Vient la dernière partie de cette première halakha, et c'est ça qui m'intéresse. Ké-khem baalé hataot va-ashamot. Et de même, les gens qui apportent des korbanot. Les gens qui apportent des korbanot: Bé-réchit mibim korbanotam, bien sûr, au moment où ils apportent le korban, hachgigatam ou hadonam, que ce soit pour une faute volontaire ou involontaire.

Ne crois pas que le fait d'apporter un korban ait comme conséquence magique de faire en sorte que ta faute soit pardonnée. Le korban n'a de sens, il ne peut être effectif, que si, au moment du korban, tu fais le vidouy dont on vient de parler. Donc, l'obligation du vidouy, finalement, nous dit le Rambam, c'est l'essentiel. Il n'a pas commencé par le korban, il a commencé par le vidouy. Le vidouy, c'est l'essentiel.

Le korban ne vient qu'accompagner le vidouy, mais un korban sans vidouy, c'est comme un… ils sont tombés. Donc il faut faire le vidouy et le korban, ok ? Il n'y a pas de korban sans vidouy. Faites un korban, c'est bien, mais faites le vidouy. Vous allez me dire: si l'essentiel, c'est le vidouy, à quoi sert le korban ? Eh bien le korban sert à extérioriser le sentiment que vous avez à l'intérieur.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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