Pourquoi la Torah commence-t-elle par la Création
Rachi s'interroge sur le premier verset de la Torah et sur la raison d'écrire la Création avant les mitsvot.
Rav Élie Kling
Ensuite : Caïn : la naissance du premier enfant et le midrash des douze heures, 55 min
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Évidemment, choisir ces mots. Plus que cela encore: en général, Rachi ne pose pas la question. Il y a quelque chose qui travaille dans le texte, quelque chose qui n'est pas très clair. Rachi ne pose pas lui-même la question; il la donne directement à son commentaire, et c'est à nous de trouver à quelle question il répondait, quel était le problème qui le préoccupait. C'est ce qu'on apprend quand on commence à étudier avec Rachi. La première chose que le professeur est censé demander aux enfants, c'est: quelle était la question de Rachi ? Quel était son problème ?
Donc Rachi, en général, est très court. Deuxièmement, il ne pose pas la question, mais donne directement son commentaire. Et troisièmement, on m'entend ? Quelqu'un m'entend ? Ah, c'est revenu. Très bien, merci. C'est formidable. Je ne sais pas exactement à quel moment je me suis déconnecté. En tout cas, c'est bon là, Chava ? On s'entend ? Oui, on s'entend.
Et c'était au moment où je disais que Rachi ne posait pas la question. En général il ne pose pas de question, il donne directement la réponse. Tandis que dans le premier commentaire de Rachi sur la Torah, il prend la peine de poser la question à laquelle il va répondre, de citer l'auteur de son texte, et d'être un peu plus long que d'habitude. Je terminais donc en disant que j'ai l'impression, enfin c'est ce que je pense en tout cas, que ce premier commentaire de Rachi sur la Torah
est en fait l'introduction qu'il n'a pas écrite officiellement. Il décide dans ce premier commentaire de dire ce qu'il pense de la Torah en général, et à travers la Torah, du judaïsme de manière plus large encore. Alors on va essayer de comprendre à quoi cela fait allusion. Je disais que nous avons tous étudié ce commentaire de Rachi, qu'on l'a lu ou entendu au moins une fois. Pour mémoire, voici ce que dit Rachi: Béréchit bara Elohim, « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». Et Rachi veut commencer
curieusement, par la question suivante: Amar Rabbi Yitzhak, Rabbi Yitzhak a dit: d'après Rachi, la Torah n'aurait pas dû commencer par Béréchit bara Elohim, « au commencement Dieu créa », mais aurait dû commencer par le verset qui se trouve dans le livre de l'Exode, le livre de Chemot,
qui commence par « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois de l'année ». Ce passage se trouve au chapitre 12 de Chemot. Rachi pose donc comme postulat que le récit de la Création est inutile. C'est très curieux, parce que pour une fois qu'on commence par le commencement chez nous, pour une fois qu'il y a un peu d'ordre, je ne vois pas très bien en quoi cela dérange Rachi qu'on commence par le commencement. Et Rachi dit: « Non, tout ça, on n'en avait pas besoin. » Quelle est donc la raison pour laquelle on a commencé par le début ?
Lui aurait donc apparemment voulu qu'on commence par le milieu, c'est-à-dire par « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois ». Pourquoi ? Il le dit dans la question: parce que c'est la première mitsva qu'Israël, en tant que peuple, a entendue. En effet, en sortant d'Égypte, dans ce fameux douzième chapitre de Chemot, de l'Exode, qui relate la sortie d'Égypte, c'est seulement à ce moment-là qu'Israël reçoit la première des mitsvot, le premier des commandements.
Avant même le don de la Torah, qui viendra un peu plus tard, on est encore en Égypte, et c'est là, au mois de Nissan, au moment de la sortie d'Égypte, que Dieu dit à Moïse de dire au peuple: « Sachez, dites-leur qu'ils commenceront à compter les mois à partir de celui-ci, Hachodech hazé lakhem ». Pour Rachi, cela aurait dû être le premier verset de la Torah. C'est-à-dire que, de manière très curieuse, Rachi fait l'impasse sur tout le reste. Pour lui, on n'avait pas besoin d'écrire le récit de la création du monde.
On n'avait pas non plus besoin d'écrire le reste: l'histoire des patriarches, l'histoire de Noé, le Déluge, la descente en Égypte, etc. Tout cela était apparemment inutile. Yoann, tu voulais dire quelque chose ? Pas du tout. Ah, il me demande si j'ai reçu les fichiers ? Alors là, je ne sais pas, il faut que je regarde. Regarde. Oui, j'ai reçu. Je fais quoi avec ? Oui, je vois.
D'abord, je sauvegarde. Ensuite, je retourne dans mon fichier. Je suis désolé, j'ai fait une petite interruption technique, c'est parce qu'il y a quelqu'un de Pologne qui est au bout du fil. Oui, alors maintenant je suis revenu dans la réunion. C'est le premier, bien sûr. Ouvrir et servir. Ok. Je vais prendre le fichier. Et normalement il apparaît. D'accord. Top.
On revient là, on est de nouveau là. Je ne sais pas comment ils arrivent à faire ça, à Pologne. Enfin bon. Normalement, vous devriez voir le texte. Vous l'avez ? C'est formidable. Donc le texte nous raconte, en effet: Amar Rabbi Yitzhak: « Lo haya ha-Kadosh Baroukh Hou la-tet ha-Torah... » On n'aurait pas dû commencer la Torah par Béréchit, on aurait dû commencer par Hachodech hazé, « ce mois-ci sera le premier des mois ». Mais vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ? Cela veut dire que, pour Hachem, on aurait eu un Sefer Torah où il n'y aurait pas du tout le récit de la création du monde.
Où il n'y aurait pas non plus le récit du Déluge, le récit de nos patriarches. On ne saurait pas qui est Abraham, qui est Israël, qui est Yaakov, puisque tout cela se trouve dans le premier livre, dans Béréchit. Et même la descente en Égypte, et même donc l'esclavage, et même les plaies, et même tout le reste: tout cela, on n'était pas censé le savoir, puisqu'on aurait commencé au chapitre 12: « Ce mois-ci sera le premier des mois. »
Avant même de lire la réponse que donne Rachi à sa question, il faut se demander: est-ce une question ? A-t-on le droit de poser une question aussi curieuse ? Quelqu'un qui a beaucoup de respect pour Rachi, c'est Nahmanide, Rabbi Moshe ben Nahman, qui écrira dans son introduction à quel point il respecte Rachi, qu'il considère comme le plus grand des commentateurs. Eh bien, le Rambam commence son commentaire, et vous l'avez également sur le texte, Eyn Kishon: il est bon de se demander: si Sour Gadol, ou la-tet ha-Torah, « la base de la Torah », Béréchit bara Elohim, où est Shoresh ha-Émouna ? Je ne comprends pas comment Rachi ose dire qu'on aurait pu se passer de Béréchit. Mais il est sûr qu'il fallait que quelqu'un dise qu'au début Dieu créa le ciel et la terre, puisque c'est Shoresh ha-Émouna.
Shoresh ha-Émouna, cela veut dire la base même de la émouna, de la croyance juive. Si quelqu'un ne croit pas à la création, si quelqu'un pense que le monde a toujours existé, qu'il est le fruit d'un hasard, qu'il …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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