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Finkielkraut, Rabin et la société israélienne

Le Rav Kling répond à la formule de Finkielkraut sur les héritiers de Rabin et de son assassin, et explique pourquoi elle rate le moment présent.

54 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Manitou et le problème palestinien, 1 h 29

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom Arav, aujourd'hui on est très heureux de vous retrouver pour essayer de parler des enjeux qui nous préoccupent tous. J'aimerais qu'on commence par une citation d'Alain Finkielkraut, que j'ai entendue plusieurs fois, et qui est une citation révoltante. Elle dit que la société israélienne aujourd'hui est divisée en deux catégories: les héritiers de Rabin et les héritiers de son assassin.

C'est une citation qui est révoltante, on va essayer d'expliquer pourquoi. Mais j'aimerais avoir votre réaction, et savoir pourquoi, à votre avis (en tout cas c'est mon avis), on voit ici à quel point certains intellectuels juifs français ne comprennent rien à la société israélienne. Rien que ça. Donc, société israélienne, soit du côté des assassins, soit du côté de Rabin. C'est marrant quand même, parce que c'est Finkielkraut.

À part ça, c'est vraiment quelqu'un que j'apprécie beaucoup. J'apprécie son courage de dire des choses que les gens, en général, savent que ça ne va pas leur attirer que des amis. Et de le dire avec courage. Et puis également, d'essayer d'analyser les choses de la manière la plus fine possible, après avoir pris connaissance de ce sur quoi ils décident de parler. Mais c'est vrai que depuis quelque temps, sur le sujet israélien, on voit bien qu'il y a quelque chose qui cloche.

Et je crois que c'est parce qu'il est resté bloqué sur l'état de la société israélienne, justement dans les années 90, les années d'Oslo qui ont suivi. Il n'a pas vu que la société a complètement changé, qu'on n'est plus du tout dans ce débat-là. Ça fait très longtemps. Et le 7 octobre a sonné le coup de grâce, mais ça fait longtemps déjà qu'on n'est plus là-bas.

Mais d'un autre côté, je me dis: comme il ne parle pas hébreu, d'où sait-il finalement ce qui se passe ? À mon avis, il doit lire Haaretz, qui est le seul journal diffusé partout en anglais. Il paraît que l'édition anglaise est encore pire que l'édition israélienne. Et donc je peux comprendre que quelqu'un qui n'a comme source que celle-ci... Les Israéliens, tous les Israéliens le savent, de droite comme de gauche: Haaretz, ça représente un côté très particulier, très minoritaire et très biaisé de la société.

Mais si le bonhomme n'entend que ça, s'il n'a pas sur place des gens de tous les bords qui lui racontent un peu ce qui se passe, c'est très compliqué de se faire une opinion. Donc je ne lui en veux pas. Mais c'est vrai qu'il est complètement à côté de la plaque.

—Mais c'est vrai qu'il est complètement, tu as raison, il est complètement à côté de la plaque.

C'est-à-dire que d'abord, déjà, même à l'époque d'Oslo, la société se divisait là-dessus: fallait-il rendre des territoires pour avoir la paix, ou ne pas rendre des territoires pour avoir la paix ? C'est ça qui divisait finalement les partisans d'Oslo de leurs opposants. Bon, on ne parle plus de ça.

Après ce qui s'est passé, tout le monde a compris que ce n'est pas une question territoriale. Ce n'est plus une question de savoir si, en leur donnant tel ou tel territoire, ou un deuxième État, ou un troisième État palestinien, les choses s'arrangent ou pas. Ils nous ont bien montré: pas seulement le Hamas lui-même, mais la population de Gaza, qui a été éduquée par le Hamas depuis la naissance, puisque ça fait déjà des dizaines d'années qu'ils sont sur place. Et on le sait aussi par les sondages, par les enquêtes, etc.: la société palestinienne qui se trouve en Judée et en Samarie, pareil.

On sait bien... certains le savent. En fait, là où il a raison, c'est qu'on est en effet divisé en deux: ceux qui le savaient depuis longtemps, et ceux qui l'ont appris récemment. Mais c'est ça la différence. Tout le monde sait aujourd'hui. Enfin, tout le monde: tous ceux qui ont les yeux en face des trous, quoi.

Je n'ai pas fait de sondage, mais il me semble que c'est plus de 80 %, 85 % des gens. Je parle de la population juive d'Israël, qui est persuadée qu'en face de nous, nous avons une force génocidaire, finalement, et que la seule chose qui les intéresse, c'est que nous ne soyons plus là. Dans le meilleur des cas, on pourrait rester, mais sans souveraineté juive; et dans le pire des cas, on doit dégager, tous autant que nous sommes.

Et donc, à partir du moment où on prend conscience de ça, on n'est plus dans le débat Rabin contre Rabin. Tout le monde sait aujourd'hui que donner des territoires en plus ou en moins ne changerait rien. Et en fait, on s'aperçoit de ce qu'on voulait éviter. Ce que tout le monde voulait éviter, parce qu'on pensait que ce serait plus facile de régler le problème si on mettait de côté le côté religieux...

On sait avec les religieux de toutes les religions que c'est compliqué, puisque, par définition, être religieux, c'est avoir des prises de position dogmatiques. Et quand on est dogmatique, on n'arrive pas à avoir des compromis. Donc on a tout fait en Occident, chez nous, pour éviter de voir les choses en face, et pour penser que le problème n'était pas un problème religieux. Et en fait, on s'aperçoit que le problème, c'est l'islam. Le problème, c'est l'islam.

C'est-à-dire qu'il y a des musulmans qui sont plus ou moins pratiquants, d'accord, mais l'islam en tant que tel refuse toute souveraineté non musulmane sur une terre qui devrait être musulmane.

Vous allez me dire: le monde entier devrait être musulman, d'après les musulmans. Oui, mais il y a quand même une différence entre les parties du monde qui ne le sont pas encore, et qui sont en majorité habitées par des non-musulmans, et la partie du monde qui est ce qu'ils appellent Dar al-Islam, la partie qui est censée être musulmane. Et là-bas, c'est vraiment la définition du djihad. Pour tous ceux qui ne savent pas, il serait temps de savoir, quoi. C'est la définition première du djihad: faire en sorte que là où la souveraineté musulmane devrait être, dans la région qui a déjà été musulmane un jour, il y a donc une obligation, une obligation réelle, j'allais dire une obligation israélite, pour tout musulman qui se respecte, de faire la guerre sainte jusqu'à retrouver...

Et c'est pour ça qu'Israël est un problème énorme pour l'islam, et c'est pour ça que le Liban est un problème pour l'islam. Comment voulez-vous qu'il y ait un gouvernement, je ne sais pas... un président chrétien sur une terre musulmane, ce n'est pas concevable. Et c'est ça le problème.

L'avantage, si on peut parler comme ça, j'espère que vous comprenez ce que je veux dire, c'est que ce qui s'est passé le 7 octobre a permis que même ceux qui ne le savaient pas aient fini par le comprendre. C'était ça le problème.

Donc, évidemment, Finkielkraut a tort. D'abord, ce n'est pas sympa, c'est facile dans une polémique, mais ce n'est pas sympa d'étiqueter tous ceux qui ne sont pas d'accord avec toi comme des partisans de l'assassin. Ça ne lui …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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