Tsahal, les réservistes haredim et le devoir de défendre Israël
Pourquoi l'état-major envoie un bataillon de réservistes Nahal Haredi en formation, et ce que cela révèle de l'engagement du monde haredi.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Israël contre le monde : calomnies, missiles et résilience Face à l'actu avec le rav Fiszon, 51 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
J'ai préparé cette interview, et je ne vais pas faire ce que j'ai préparé, parce que je suis l'actualité, malheureusement. Il s'est passé quelque chose, et je suis révolté, on n'est pas content. J'hésite à aller dans le Nord, m'acheter une baraque, éteindre la télé, planter des légumes et avoir des chèvres. Ça n'a rien à voir avec l'actualité, c'est ton projet depuis dix ans. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il y a eu hier, pour être bien clair avec tout le monde, le lundi 30 mars, il est 17h12, nous sommes au Mahonir à Jérusalem. Il y a eu hier trois tentatives d'attentats terroristes en Judée-Samarie, en Israël. Des attentats terroristes: je veux bien dire que ce ne sont pas forcément des bombes qui ont été posées, comme ce qu'il y a eu en France face à la banque des États-Unis. Ça peut être des jets de pierres. Un jet de pierre est un attentat. Si vous conduisez à 80 km/h et que vous prenez une pierre sur la vitre, vous faites un faux mouvement, vous risquez votre vie à 100 %. L'objectif est de tuer la personne qui est dans la voiture. Personne n'a de doute là-dessus.
Bref, il y a eu ces trois tentatives-là. Un gdoud, un bataillon de réservistes de Nahal Haredi, est intervenu sur une des informations qu'ils ont eues: il y avait des gens sur une route et un risque de pigouï'a, d'attentat. Ils y sont allés. Ils ont demandé à tout le monde de se mettre par terre. Au milieu de ce groupe d'individus, il y avait un journaliste de CNN. Bien sûr, il a essayé de chauffer l'affaire: « Pourquoi vous faites ça ? Le village, il n'est pas à vous, il est aux Palestiniens. » Le Juif répond: « Attends, c'est à nous. Bientôt, on viendra et ce sera tout à nous. » Bref.
En somme, une journée normale en Judée-Samarie. Pour ceux qui y sont déjà allés, pour ceux qui ont fait l'armée là-bas, rien de choquant dans tout ça. Mais ce qui a été choquant, et là, pour moi, c'est le choc, c'est la réaction de l'état-major et du chef d'état-major, Eyal Zamir, qui a envoyé une lettre. Une belle lettre, qu'il a pris le temps de rédiger entre deux attaques en Iran, et qui dit: je prends tout ce bataillon, donc on parle de près de 500 personnes, et je les
envoie en formation à. Je les retire du terrain, je les envoie à, qui est un... Pour ceux qui sont allés, c'est un terrain avec des tentes, et il n'y a rien d'autre. Le but, c'est de faire de l'entraînement, de la formation. Il y aura des jeunes de 18-19 ans, des jeunes filles, qui vont expliquer à des papas de 30 ou 35 ans comment il faut se comporter avec des terroristes ou avec des potentiels terroristes.
Première réaction: qu'est-ce que vous en pensez ? D'abord, avant de réagir sur ce qu'il faut faire, pourquoi est-on arrivé là ? Il faut savoir que Nahal Haredi est une unité qui a été créée à la base pour enrôler les personnes orthodoxes. L'une des particularités de Nahal Haredi, c'est que lorsque tu faisais ton service militaire, qui était déjà plus court, ce n'était pas trois ans, c'était deux ans, la troisième année, tu la passais en tant que... tu étais plus ou moins soldat, mais tu allais à la yeshiva, ou un truc comme ça, et tu ne faisais pas de milouim. C'est-à-dire que tu n'étais pas obligé de faire des périodes de réserve. Tu pouvais décider d'être mitnadev dans les milouim, donc de proposer tes services comme bénévole pour faire des périodes de réserve, et tu n'y étais pas obligé.
Donc tous ces gens-là qui sont en milouim, ce sont des gens qui, non seulement ont fait l'armée, mais en plus, on ne les a pas obligés à continuer à venir défendre leur pays quand ils sont mariés, avec des enfants, tout ça, mais ils le font quand même. Déjà, on parle de l'intégrité des gens sur le terrain, on parle de gens extraordinaires. Ça ne veut pas dire que les personnes qui font les milouim parce qu'elles y sont obligées ne sont pas extraordinaires, mais on parle de gens dont tu ne peux pas mettre en doute la volonté d'aider le pays. Ça, c'est la première chose.
Deuxièmement, il y a toujours la réalité de ce que tu dis: une jeune fille de 18 ans qui va m'expliquer à moi, qui ai 40 ans et sept enfants, comment on se comporte avec des gens, alors que toi, tu n'as jamais vu le terrain, tu n'as jamais vu le terroriste, et ainsi de suite. Ça me rappelle une fois: on avait fait une opération, ça a été très violent, et ils nous avaient demandé, après, à chacun de l'unité, de passer devant un psy de l'armée pour parler.
Je suis rentré dans la pièce et j'ai dit au docteur, juste avant qu'on commence la discussion: combien de fois vous avez été en situation où il y a des tirs au-dessus de vous, où il y a des copains qui sont là et qui tombent, et d'autres qui ne tombent pas ? Combien de fois vous avez été dans cette situation-là ? Elle a dit: zéro. Je lui ai dit: donc ce n'est pas la peine qu'on discute. Allez, bye, j'ai fini. De quoi tu te compares ? La
première réaction à la chose, c'est que c'est absurde. C'est absurde. Je ne sais pas combien de temps il leur a donné: un mois. Un mois.
Donc évidemment, là, pendant les fêtes de Pessah, un gars qui est en milouim, il va rester là-bas un mois ? Non. Il était prêt à quitter sa famille pour Pessah, pour aller protéger le pays, pour aller se faire former à des bêtises ? Certainement pas.
— Vous dites des mots durs: des bêtises. La formation éthique, ce sont des bêtises. Pourquoi ?
Il y a ce qu'on appelle le code éthique de Tsahal. Et le problème, c'est que ce code éthique a été mis en place par une idéologie très loin d'être celle de David Ben Gourion à la création de Tsahal, et très loin d'être l'idéologie de la Torah. C'est une idéologie qui a été complètement occidentalisée, où la bien-pensance règne. Et d'ailleurs, tu n'es pas sans savoir qu'il y a beaucoup de personnes en Israël, dont notre maître, le Rav Cherki, qui travaillent sur un nouveau code éthique, qui a déjà été proposé à l'armée.
— Non, c'est-à-dire... Rav, moi, je vois la réalité du terrain. Moi, j'entends, j'écoute les rabbins, et je suis...
— Deux secondes ! Il est sioniste comme vous.
— Non, mais... Mais tu vois la réalité du terrain, Rav.
— Deux secondes. Les choses prennent du temps. Là, en l'occurrence, ça vient d'être proposé il y a deux mois. Maintenant, je ne dis pas que ça va être fait demain. Je dis qu'ils vont aller se faire former à quoi ? À dire qu'il ne faut pas crier …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
Dans la même série
- 4
Iran, Liban, Gaza : Israël sait-il vraiment gagner ses guerres ? - 5
Tsahal brise une statue + Harédim qui choquent à Jérusalem - face à l'actu avec le rav Fiszon - 6
La Cour suprême veut virer Ben Gvir : la crise de régime en Israël - 7
Cessez-le-feu Iran : victoire ou piège ? — face à l'actu avec le Rav Eytan Fiszon - 8
Tsahal, les réservistes haredim et le devoir de défendre IsraëlPourquoi l'état-major envoie un bataillon de réservistes Nahal Haredi en formation, et ce que cela révèle de l'engagement du monde haredi. - 9
Israël contre le monde : calomnies, missiles et résilience Face à l'actu avec le rav Fiszon - 10
Iran, Khamenei, Gog et Magog: la prophétie s'accomplit sous nos yeux ? Face à l'actu avec rav Fiszon - 11
Pourim 2026 : L'Iran s'effondre — La Meguila se répète sous nos yeux - 12
La gauche et la droite n'existent plus — face à l'actu avec le Rav Eytan Fiszon - 13
Libération du dernier otage à Gaza : victoire ou piège politique ?Le rav Fiszon distingue joie et deuil selon la halakha, puis interroge le calendrier politique de l'opération et des accords en 21 points.
Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos d'Orot veKelim ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav