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Libération du dernier otage à Gaza : victoire ou piège politique ?

Le rav Fiszon distingue joie et deuil selon la halakha, puis interroge le calendrier politique de l'opération et des accords en 21 points.

1 h 00

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Manifestations violentes, Zini, Eurovision, ONU : Israël en débat avec le rav Fiszon, 56 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

— Merci de me recevoir encore cette semaine, toujours cette semaine, pour « Face à l'actu ». Le plaisir est toujours partagé. Là, on vit des choses bouleversantes, ça n'arrête pas. On enchaîne, parce qu'on s'est vus jeudi, et nous sommes lundi. Lundi combien ? Lundi 26 janvier, il est 19 h 34. Oula ! Il y a trois ou quatre heures, on nous a annoncé que le dernier otage, Ran Gvili, a été retrouvé. Il est sorti de Gaza. Il a été identifié. Je suis en pleine tempête émotionnelle, c'est à la tiguatchote. Nous n'avons pas été aussi heureux depuis 2014. Depuis 2014, il y avait des otages à Gaza. C'est énorme, cela fait plus de dix ans. On a mené une opération militaire et, en moins de quatorze heures, on a retrouvé Ran.

— D'un autre côté, je me dis que c'est bizarre, c'est bizarre. On nous annonce jeudi, vendredi, comme par hasard, que le passage de Rafah va s'ouvrir. Qui l'annonce ? Le Hamas ? Pas officiellement le Hamas, mais l'adjoint théorique, le chef théocrate de la bande de Gaza. Le Hamas, pour parler clairement, annonce qu'il va rouvrir Rafah, que les soldats israéliens sont partis et qu'ils vont enfin pouvoir rouvrir. Israël fait: non, on n'est pas au courant. Qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est pas vrai. De toute façon,

tant qu'il y a un otage là-bas, on ne peut pas le faire. Et comme par hasard, une opération est lancée. Comme par hasard, quatorze heures après, on retrouve Ran. On l'identifie sur place. Je rappelle à nos auditeurs et auditrices qu'il a fallu plus de vingt-quatre heures pour identifier la famille Bibas. L'identification prend donc du temps. Cela veut dire qu'on savait exactement où il était. On savait tout ça. On l'a retrouvé, on l'a ramené.

— Je ne sais pas si on est sur un timing politique ou sur une vraie victoire de Tsahal. Vous commencez directement. Pour répondre à ta première remarque, sur cette tempête émotionnelle, la halakha a déjà pensé à nous dans ce cas comme dans d'autres. La Torah nous dit que celui qui entend une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle doit faire la part des choses. Pour la bonne nouvelle, il doit dire: Baroukh She'hé'hiyanou ve'kiyemanou ve'higuianou lazmane hazé. Donc il faut le dire. On ne va pas le dire avec le Nom de D.ieu, mais vraiment: Baroukh She'hé'hiyanou… On doit remercier Hakadoch Baroukh Hou pour la bonne nouvelle.

— Cela n'empêche pas que, quand on entend une mauvaise nouvelle, on dise aussi Baroukh Dayan HaEmet. Le cas évoqué est celui de quelqu'un qui vient de perdre un membre de sa famille et qui, en mourant, a laissé un héritage énorme. D'un côté, on est très heureux de cet héritage. De l'autre, on est très triste d'avoir perdu quelqu'un de sa famille. On fait donc la part des choses. La tempête émotionnelle a sa place dans le judaïsme. On est très content que soit rentré et qu'on puisse l'enterrer comme il se doit, comme un Juif. Et, d'un autre côté, arrive la problématique devant laquelle nous sommes confrontés. Je sais que, d'habitude, j'ai le rôle de l'optimiste, et je suis toujours très optimiste. Je sais très bien que nous vivons des moments absolument extraordinaires, des moments de Gueoula et de dévoilement divin, et cela va continuer.

— Ceci étant dit, j'espère ne pas avoir des œillères sur la tête. Au contraire, je pense être aussi très lucide par rapport à ce qui se passe.

— Oui, bien sûr.

— Je ne dirais pas complot, mais je dirais évidemment un timing politique. Ce n'est même pas une question, à mon avis. Évidemment qu'on savait où il était. Évidemment que l'opération n'a pas été lancée avant, pour des raisons. Voilà. Donc je ne suis pas dupe. Je sais bien que s'il y a deux jours Trump a dit qu'il fallait passer à la deuxième étape, comme par hasard, j'ai envie de te dire. Non, je ne suis pas dupe.

— Est-ce qu'on doit être content de ça ? Aujourd'hui, on a entendu le Premier ministre israélien à la tribune de la Knesset, alors qu'il recevait le président de l'Albanie. Il a rappelé qu'on va passer à la deuxième étape de l'accord en vingt et un points. L'accord de paix.

— Avec qui ?

— L'accord de paix avec les pires ennemis d'Israël. On est d'accord, mais c'est évident. Il y a des pays parmi ces accords de paix qui sont censés être des ennemis d'Israël. Les vingt et un points concernent essentiellement Gaza, quand même.

— Évidemment. Mais avec qui fait-on ces accords-là ?

— Il y a aussi les États-Unis dedans, il n'y a pas que des ennemis d'Israël. Mais effectivement, il y a le Qatar, la Turquie, qui n'est pas notre meilleure amie pour l'instant, et même l'Égypte, avec qui nous sommes en paix, mais ce ne sont pas forcément nos meilleurs copains. Je ne sais pas quoi dire sur les Émirats arabes unis et sur l'Arabie saoudite. En tout cas, le fait est qu'il y a évidemment un timing. Mais le Premier ministre a rappelé aujourd'hui que la deuxième étape, c'est d'abord et avant tout la destruction du Hamas, le fait qu'il n'y ait plus d'armes et que la bande de Gaza soit démilitarisée. Ils ont dit oui, ils ont dit qu'ils étaient prêts à enlever les armes, s'ils restent en politique.

— Et c'est là que je pense… Je ne suis pas aux commandes, je ne suis pas Premier ministre, on l'a déjà dit douze fois dans ce « Face à l'actu », il faudrait ajouter une bénédiction le matin pour rappeler que je ne suis pas Premier ministre. Mais je vais te dire ce que j'ai envie qu'il se passe. Je vais donner une référence qui va nous ramener loin, dans les années 90, à une époque où je ne savais pas vraiment ce qu'était la Torah. En revanche, je savais beaucoup trop ce qu'était la télé. Il y avait un film d'une nullité cinématographique absolument extraordinaire, mais…

— Pour nous, les jeunes qui avons grandi à la fin des années 80-90, on a joué sur toutes les plateformes possibles. Des plateformes, ce n'est pas Internet, c'étaient les bornes d'arcade, et ma fameuse Super Nintendo, zal, sur laquelle on jouait à Street Fighter 2. Et dans les années 90, il est sorti un film Street Fighter, avec Jean-Claude Van Damme. Il m'a marqué, ce film.

— Oui, monsieur. Et les auditeurs de « Face à l'info » vont dire: mais qu'est-ce qui se passe ?

— À un moment donné, le héros est censé être le chef d'une opération militaire pour détruire le crime organisé, et la politique s'en mêle. Un chef politique arrive et dit finalement: on ne va pas y aller, on ne va pas y aller, on ne va pas y aller. Et là, le colonel vient, fait un discours et dit: on sait tous pourquoi on est là, on sait tous ce qu'on doit faire. Mais les politiciens ont dit: on rentre à la maison. Ils nous ont tués, je ne …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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