La résurrection des morts et le sens de l'histoire selon le Talmud
Comment les Romains interrogent Rabbi Yehoshua sur la résurrection, et ce que le verset de Bamidbar révèle de l'au-delà.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La reine Cleopatre demande à Rabbi Meir, 39 min
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Shalom tout le monde. Nous sommes dans Pérek Hélek, à la page du Tsadik à Moudvet, qui est indiquée chez vous par le numéro 180. Nous sommes dans les lignes larges. Dans les lignes larges, à partir du bas, il faut compter le nombre de lignes suivant: 6, 8, 10, 14, 16 lignes à partir du bas.
Et vous trouvez là, dans le dernier tiers de la ligne, là où il est écrit Cha'alou Romaïm et Rabbi Yehoshoua ben Hanania. Cha'alou Romaïm. Vous y êtes ? Je découvre avec stupéfaction qu'il y a ici des élèves qui n'ont pas de feuilles. Vous n'avez pas de feuilles ? C'est terrible, c'est terrible. Enfin, que faire ? Nous allons surmonter l'obstacle.
Vous vous rappelez que notre problème par rapport à la résurrection des morts n'est pas de savoir d'où nous savons que c'est vrai, parce que nous savons que c'est vrai par tradition. Les enseignements de Chazal sont transmis oralement de génération en génération. Il n'est pas nécessaire d'avoir une source biblique pour prouver quelque chose qui nous est transmis par nos maîtres. Mais ce que nous cherchons, c'est quel est l'indice, dans la vie de tous les jours, qui nous met en contact avec la résurrection des morts.
Et comment avons-nous l'intuition de l'éternité dans un monde éphémère ? Nous vivons dans un monde éphémère. Il y a naissance et mort. Il faudrait quand même un indice, une indication qu'il y a un élément d'éternité qui traverse l'histoire de la vie et de la mort.
Et on a trouvé à ce propos différentes réponses. Une réponse pour les Hébreux, une réponse pour les Juifs, et une réponse pour les chrétiens. Vous vous rappelez de ça ? D'accord ? Maintenant, nous allons de plus en plus vers les cercles extérieurs. On commence par l'hébreu, qui est dans le cercle le plus intérieur. Ensuite on passe aux Juifs, qui est ce qui reste de l'hébreu pendant le temps de l'exil.
Après, on passe à la lisière du judaïsme avec les Minim, qui sont les premiers chrétiens. Et maintenant nous allons passer à l'extérieur. C'est quoi l'extérieur ? Ce sont les Romains. Le goy par excellence, du temps de la Guemara, c'est le Romain. Pourquoi le Romain ? Parce que c'est le Romain qui domine le monde, en tout cas la puissance politique la plus forte.
La question se pose à nouveau: Cha'alou Romaïm, les Romains ont demandé à Rabbi Yehoshoua ben Hanania. Rabbi Yehoshoua ben Hanania avait l'habitude de s'entretenir avec les empereurs romains. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que des Romains, qui ne sont pas des empereurs, lui demandent son avis. Minayin shekadosh baroukh hou mehayé metim: d'où savons-nous que Dieu ressuscite les morts ? Vé yodéa ma she'atid liyot: et qu'il sait ce qui va se passer dans le futur.
C'est-à-dire qu'il y a ici deux interrogations. Comment savons-nous que les morts ressuscitent ? Et comment savons-nous qu'il y a un sens à l'histoire ? Quand on dit que Dieu sait ce qui va se passer, cela veut dire que l'histoire a un sens. Si Dieu ne sait pas ce qui va se passer, cela veut dire que l'histoire est absurde, une série d'événements sans lien entre eux. N'est-ce pas ? Tandis que s'il y a un sens, une ligne qui traverse l'histoire, cela veut dire que le monde a une signification. D'accord ? Ce sont donc deux choses qui préoccupent les Romains.
Mais essayons d'abord de comprendre la première: d'où savons-nous qu'il y a la résurrection des morts ? La résurrection des morts, c'est de l'optimisme. N'est-ce pas ? Vous êtes d'accord avec moi ? Cela veut dire que même la mort sera vaincue un jour. Si même la mort peut être vaincue, toutes les victoires sont donc possibles.
Il y a aussi un autre problème, moins important mais quand même important: est-ce qu'il y a une signification à l'histoire ? D'accord ? Ce sont les deux questions posées par les Romains. Ça vous intéresse de savoir ce que Rabbi Yehoshoua leur a répondu ? Oui, ça vous intéresse. Bon, on va le voir.
Amar lahem, il leur a dit: Tarvayhou, les deux, mi-namikazé, du même verset. Che-néemar, ainsi qu'il est dit: Vayomer Hachem el-Moshé, et Dieu dit à Moshé: Hinkha shokhev im avotekha, tu vas te coucher auprès de tes ancêtres, véqam, et te relever, ha-am hazé, ce peuple-là, vézana, se prostituera.
On voit donc qu'il existe deux choses. D'une part, Moshé se voit annoncer qu'il va mourir pour revivre: il va se coucher parmi ses ancêtres pour se relever. D'autre part, Dieu annonce à l'avance à Moshé que le peuple se prostituera auprès des idoles. Cela prouve les deux, n'est-ce pas ? Vous vous rappelez qu'on avait déjà amené ce verset ? On l'avait amené dans le débat avec les chrétiens. Comment ont-ils répondu ? Que le mot véqam ne se réfère pas à chokhev, mais à hamazé. N'est-ce pas ?
Donc la preuve est faible. Et ils lui ont répondu la même chose: Vedilma, peut-être qu'il faut lire: Véqam ha-am hazé vézana, ce peuple se lèvera pour se prostituer. Le mot véqam ne se réfère donc pas à la mort, il se réfère au peuple, qui lui est bien vivant. Objection logique, non ? Oui, d'accord, ça, je veux bien. En tout cas, ils ne sont pas d'accord. Ils n'ont pas écouté mon cours. C'est très embêtant, parce que s'ils avaient écouté mon cours, peut-être qu'ils auraient changé d'avis.
— Pourquoi ne pas avoir choisi carrément le judaïsme ? Non, ça, c'est une autre question, on y reviendra.
Amar lahem, il leur a répondu: Nékhotou miha palga bidaykhou, admettez au moins la moitié de ce que vous avez demandé, ché-yodéa ma she'atid liyot, qu'il sait ce qui va se passer. Un dialogue absolument incroyable. Et Rabbi Yehoshoua ben Hanania leur dit: j'ai la preuve pour les deux. On lui réfute la première, il dit: ah bon, alors vous admettez au moins la deuxième. Vous avez compris le débat ou pas ? Vous avez lu le texte avec moi ? Non.
La raison pour laquelle le cours n'est pas compris, c'est que, quand c'est un cours sur un texte et qu'on ne lit pas le texte en même temps que celui qui l'enseigne, on ne comprend rien au cours. Je reprends. Cha'alou Romaïm. Maintenant, il faut que vous lisiez le texte. Vous ne savez pas où c'est ? C'est à la quatorzième ligne à partir du bas. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix... Non, alors c'est seize lignes, pardon. Dans le dernier tiers de la ligne, donc du côté gauche: Cha'alou Romaïm. Vous y êtes ? On est en train de perdre le temps. Cha'alou Romaïm, les Romains ont demandé. Et Rabbi Yehoshoua ben Hanania. Minayin shekadosh baroukh hou mehayé metim, vé yodéa ma she'atid liyot: d'où savons-nous que Dieu ressuscite les morts et connaît l'avenir ? D'accord ? C'est bien clair pour l'instant ? Très bien.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki
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