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D'où savons-nous la résurrection des morts ?

Pourquoi la Guemara cherche un verset pour la résurrection, et ce que répond Rabbi Simaï : le retour sur la terre.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Quand les chrétien réfutent Rabban Gamliel, 52 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Et j'ai mon retard. Nous sommes en plein Perek Relek, euh, page Daf Tsadik Hamoud Bet. Nous sommes donc à la page Tsadik Hamoud Bet, 90b. Dans les photocopies que vous avez, il est écrit en haut à droite 180, n'est-ce pas ? C'est là-dessus que nous nous repérons. 180 correspond à la page 90b, parce que deux fois 90 font 180, et les dapim sont deux pages. Donc pour avoir 90b, vous tombez sur 180. C'est très bien. Vous avez à la sixième ligne: Amar Rabi Yohanan. Certains n'ont pas le Amar Rabi Yohanan, c'est pour cela qu'il est entre parenthèses.

Nous avons là une série de textes qui posent à chaque fois la même question. Ce qui se traduit littéralement par: nous allons avoir à ce propos quelque chose comme une quinzaine de réponses, toutes aussi peu convaincantes l'une que l'autre. Le problème est donc de savoir ce que cela veut dire.

D'où savons-nous qu'il y a la résurrection des morts dans la Torah ? Évidemment, c'était un sujet de controverse entre les pharisiens et les sadducéens à l'époque du Deuxième Temple. Mais il y a une question générale qui se pose: qu'est-ce que veut dire la Guemara quand elle demande Minaïn ? Minaïn, cela veut dire « d'où ». Mi, apostrophe, o, u, accent grave, d'accord ? Cette expression, on peut la comprendre de différentes manières.

On peut comprendre: d'où est-ce que nous savons que c'est vrai ? D'où avons-nous appris cette chose-là ? Or cela est absolument absurde, pour une raison très simple. Vous avez par exemple un texte, dans Massekhet Soukka, qui demande d'où l'on sait que le fruit qu'il faut prendre à Souccot, c'est un cédrat, en hébreu un étrog. Dans la Torah, il est écrit Pri Etz Hadar. Comment sait-on que Pri Etz Hadar veut dire l'étrog ?

Alors la Guemara amène une série de preuves aussi peu convaincantes l'une que l'autre. Par exemple, que le mot hadar veut dire, en grec, de l'eau, udor, comme dans hydrologie. Et comme il faut très peu d'eau pour que l'étrog puisse pousser, cela prouve bien que hadar représente le fruit: c'est l'étrog qui pousse sur un peu d'eau, puisqu'en grec le mot udor veut dire de l'eau.

Eh bien, ils ne s'abîment pas, ils restent entiers. Donc cela prouve que hadar, c'est l'étrog, d'accord ? Imaginez-vous les rabbins discuter ainsi dans le Beit Hamikdash, pour savoir ce que veut dire Pri Etz Hadar, amener toutes les preuves que nous avons amenées là, puis être tout contents d'avoir étudié, et sortir du Beit Hamikdash pour annoncer au peuple juif: le fruit qu'il faut prendre à Souccot, c'est l'étrog. Grand éclat de rire. Et qu'est-ce qu'on a appris l'année dernière, à votre avis ? Ah, bien sûr !

On sait la halakha non pas parce qu'on l'a déduite d'un verset. On sait la halakha par tradition orale. On n'a pas besoin des versets pour savoir que quelque chose est vrai. De même pour la résurrection des morts: d'où savons-nous que les morts ressuscitent ? Eh bien, on le sait par tradition. Point à la ligne. On n'a pas besoin d'un verset pour le prouver, d'accord ? Alors qu'est-ce que veut dire la Guemara quand elle demande d'où nous savons qu'il y a la résurrection des morts ? Vous avez compris ma question ?

— Oui, tu veux dire quelque chose ?

Une opinion, d'accord ? Une émouna, la même chose. Oui, c'est un des fondements du judaïsme, de ce que l'on connaît comme les fondements du judaïsme. Par tradition orale, aussi, la même chose. Par exemple, au début de Béréchit: je crois qu'on avait étudié cela, non ? La Torah nous dit: Béréchit bara Elohim et hachamayim v'et haaretz. Or on a vu que la mauvaise lecture, c'était de penser que la Torah vient nous apprendre que le monde est créé. Vous vous rappelez qu'on avait étudié cela ? Oui. Que l'on écrit Béréchit, on peut penser que cela veut dire…

…que la Torah vient nous apprendre que le monde est créé. Alors que ce n'est pas vrai du tout. Ce que cela vient nous apprendre, c'est pourquoi le monde est créé: c'est en faveur de Réchit, c'est ainsi que Rachi le comprend. C'est en faveur de Réchit que Dieu a créé le ciel et la terre. Mais alors, d'où le lecteur sait-il que le monde a été créé ? C'est supposé, connu du lecteur à l'avance. Le lecteur sait déjà que le monde a été créé, mais il se demande pourquoi. On lui dit: c'est pour le Réchit. Quel est le Réchit ? Aucune importance pour l'instant.

Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des opinions très importantes de la Torah que nous connaissons a priori par tradition orale, et donc on n'a pas besoin du verset pour le savoir, y compris la résurrection des morts. D'accord ? Oui. Le problème est de savoir exactement à quoi sert de citer un verset dans la Guemara. C'est cela, la question que je pose. Vous aurez bientôt une réponse, si vous me laissez répondre. Oui, la résurrection des morts veut dire autre chose. Peut-être.

Je ne sais pas encore, je suis pour l'instant en train d'expliquer qu'il y a une question. Dans la phase du cours où j'explique la question, ce qui m'intéresse, c'est la question. La réponse, pour l'instant, je m'en fiche pas mal. Mais il est important de comprendre que les halakhot aussi bien que les opinions de la Torah, nous les connaissons par tradition. Après, c'est écrit dans le verset, mais ce n'est pas le verset qui en est la source. La question qui se pose, c'est de savoir à quoi sert d'amener un verset.

Par exemple, quand il s'agit d'une halakha, le verset vient éclairer le sens de la halakha. Pour l'étrog: pourquoi la tradition orale nous a-t-elle dit de prendre un étrog ? Le verset va nous expliquer, la loi écrite va nous expliquer, que c'est parce que cela pousse sur l'eau, et que le mot hadar, en grec, veut dire de l'eau. Ou bien parce que cela demeure sur la branche d'année en année, ce qui est en allusion dans le mot hadar. Mais toutes ces choses-là ne sont que l'explication de la chose, et non son origine, non sa source.

Je pourrais rentrer là-dedans, mais comme ce n'est pas le sujet du cours, je n'en parlerai pas. Pour être simple: quand je cite quelque chose qui est parallèle à notre étude, c'est uniquement dans la mesure où cela éclaire notre étude. Je ne veux pas commencer à étudier le texte là-bas. Donc je refuse de répondre à la question. Hein ? Voilà. C'est sympa, hein ? Bon, c'est comme ça.

Ce que je veux dire, c'est que les textes de la Torah nous sont amenés pour expliquer ce que nous savons déjà, pour donner un éclairage, si vous voulez. Maintenant, pour ce qui est de la résurrection des morts, cela va beaucoup plus loin. Le problème, c'est …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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