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Préparer le Seder de Pessah : le karpas et le récit

Le sens du karpas, de la matsa du milieu et des dix plaies, lus comme un processus de dévoilement.

52 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pessah sous toute ses formes, 2 h 12

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Si nous allons la tremper dans un liquide, peu importe que ce soit de l'eau salée ou autre chose, ce que vous avez à table avec du vinaigre, eh bien, cette feuille-là, quand on la trempe dans un liquide, on doit faire pour cela une déchirade. Ça, c'est dans le sens premier. Dans le sens un peu plus caché, c'est tout simplement la capacité de nous laver de tout ce qui nous dérange, puisque nous sommes dans un processus de nettoyage.

Même si on a déjà fait Abdi Katramet, nous continuons à faire en sorte de dégager tout ce qui peut être gênant pour l'écoulement de cette lumière. Cette netilat yadayim, on ne fait pas de bénédiction sur la netilat yadayim. C'est tout simplement avec le kli, une fois à droite, une fois à gauche, une fois à droite, une fois à gauche, trois fois, juste pour pouvoir tremper le karpas dans ce liquide. Immédiatement, on passe au karpas.

Alors, le karpas, on va prendre moins que la grosseur d'une olive, pour ne pas rentrer dans plusieurs problèmes que je ne dirai pas maintenant, parce que ce n'est pas le moment. Mais on va prendre ce karpas et on va faire une bénédiction. Donc, on va manger.

C'est le maror. Ce karpas a des secrets. Je ne pourrais pas rentrer dans tout, mais aujourd'hui, plus que jamais, dans le mot karpas, c'est Kafresh Peisamer. On peut dire, selon la Hassidout, que la première règle dans notre vie, c'est de savoir un peu fermer sa bouche. Donc karpas, c'est Klal Richol Peisagur. Première règle: avant de commencer à parler, sache… peut-être. Si tu sais peut-être, tu peux commencer à parler. Autrement dit, il faut savoir quand parler et quand ne pas parler. Quand laisser un vide, quand laisser un espace, pour justement être capable d'être disponible à autre chose, à entendre des choses qui sont cachées.

Yahats, on passe à l'étape suivante. Yahats, on prend la matsa du milieu et on va la couper en deux. Et la grande partie de cette matsa qu'on vient de couper, on ne la coupe pas vraiment à la moitié. On coupe une grande partie et une petite partie. La grande partie, on va la garder pour l'afikoman, justement, ce qui remplace la viande du korban Pessah que nous n'avons pas encore, malheureusement. Et la deuxième partie, la plus petite, qui va rester, on va la placer entre les deux matsot, puisque sur le Séder nous avons trois matsot.

D'ailleurs, maintenant que j'en parle, je reviens un peu à l'emplacement sur la table de la Kéara, ce qu'on appelle la Kéara, qui représente en fait tout le système avec lequel nous allons jouer. Ce système comporte dix éléments: sur la Kéara de Pessah, il y a neuf éléments, plus la Kéara elle-même, qui est la dixième. Ce sont donc les dix sefirot dont j'ai parlé tout à l'heure. Et la même chose pendant tout le repas, pendant tout le Séder, pendant toute la Haggada.

À chaque fois que nous allons toucher un élément, l'un d'entre eux, peu importe lequel, on va lever les matsot, on va baisser les matsot, on va prendre le zeroa, on va prendre l'œuf, et ainsi de suite. Tous ces degrés-là, c'est comme si nous appuyions sur des boutons cosmiques pour activer le mouvement de l'écoulement de cette lumière dont nous avons parlé, la lumière qui va nous aider à sortir de n'importe quelle situation.

Et là, on va lever la Kéara. La Malchout, c'est comme si on levait la royauté. C'est comme si on disait au Saint, béni soit-Il: nous voulons que tous ces éléments, que tout le monde t'appartienne, puisqu'il t'appartient de facto, et nous, nous sommes là pour représenter cette appartenance. Donc, on va lever la Kéara tout entière et on va commencer à dire le Maguid. Maguid, encore une fois, la terminologie, la sémantique: maguid, c'est-à-dire l'écoulement. Comme les guidim, qui sont les tendons, qui a peut-être donné naissance au mot « guider », qui achemine, qui fait amener vers.

Donc, le maguid, c'est ce qu'on va commencer à dire: Avadim hayinou, nous étions esclaves du pharaon en Égypte. Donc là, nous sommes dans le récit. Ce récit, c'est encore une fois l'ouverture de la bouche, et c'est très important, parce qu'on va verbaliser, on va sortir, on va exprimer. Et l'expression est très importante. Par la voix orale, à haute voix, pas à voix basse, on a la capacité de faire venir les éléments. Les gens me demandent pourquoi ne pas prier sans rien dire, juste à l'intérieur. Je vois que vous connaissez notre pensée, oui. Mais toi, l'homme, toi, la femme, tu as besoin d'exprimer les choses pour les entendre, pour justement mettre en relief ce que tu avais à l'intérieur de toi.

Donc, le Sipour yetsiat Mitsraïm, c'est un livre. Sipour, c'est sefer. Et sefer, c'est la même terminologie que sefira. Ce sont encore une fois les sefirot dont j'ai parlé tout à l'heure, qui sont toujours en réalité dans le même système. On doit donc faire descendre ces valeurs supérieures dans notre monde. Et là, on va dire Ha lahma anya, qui en réalité commence à réciter ce que nous étions lorsque nous étions esclaves en Égypte. On ne pouvait pas réellement exprimer ce que nous étions.

Et là, on a déjà fait le kiddouch. On a bu le premier verre accoudé sur le côté gauche. Attention, je ne l'ai pas dit, mais je le dis maintenant: une fois qu'on a fini le kiddouch, on est assis et on s'accoude sur le côté gauche, pas le côté droit. Le côté gauche et pas le droit. Si on s'accoude sur le côté droit, il y a un danger de ne pas faire ici un clapet qui peut risquer d'étouffer la personne. Donc, on se penche sur la gauche. C'est un signe de liberté. Et sur la gauche, on va boire ce vin.

Donc là, on va servir le deuxième verre de vin, et on va commencer à poser la question: Ma nishtana halaïla hazé. Alors, je vous l'ai dit tout à l'heure, ce ma nishtana, ça peut être une question, mais en réalité, c'est une réponse. Ma nishtana halaïla hazé. Ma, c'est mem et hé, c'est la valeur numérique du mot Adam, l'homme. Autrement dit, quand tu dis ma nishtana, ce n'est pas qu'est-ce qui est différent ce soir-là de tous les soirs. Ça, c'est vrai, c'est dans le premier niveau. Mais en réalité, on est en train de donner une réponse: ma, valeur numérique d'Adam, valeur numérique de la Gueoula, nishtana revient, halaïla hazé, mikol halélot. Avec des mots simples: ce soir-là, l'homme danse avec un grand H, la Gueoula avec un grand G, la grande lumière reprend sa force ce soir-là, ce qui n'est pas le cas les autres soirs de l'année.

Et qui pose la question ? Les petits-enfants. Pourquoi ce sont les petits-enfants qui posent la question ? Parce que, tout simplement, étant donné qu'ils ont l'habitude de commencer, et que là, ce sont les grands qui vont faire le travail, comme les grandes lumières. On …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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