Pourim : la lumière, la joie, le sasson et le précieux
Comment les Sages dégagent quatre degrés du verset de la Méguila et pourquoi Torah et lumière ne font qu'un.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Pourim : la sainteté qui descend jusque dans la matière, 52 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Avec votre permission, je voudrais aujourd'hui continuer le cours sur quelques points de Pourim. J'ai donc choisi quelques passages de la Megillah pour essayer de les comprendre du mieux que nous le pouvons.
Il y a un passage dans la Megillah, au chapitre 8, verset: nous savons tous chanter cette chanson, mais que cache ce verset ?
Bien. Les Hachamim, dans la Guemara, dans le traité de Megillah, à la page 16, nous disent la chose suivante: Layehudim haita ora vesimcha vesasson viykar. La lumière, c'est la joie. Bien entendu, la Guemara apporte des versets pour renforcer ce qu'elle dit. J'ai volontairement sauté ces versets pour me concentrer sur l'essentiel.
Il y a une erreur dans ce que j'ai écrit. Il faut corriger: Ora zo Torah. Pas Ora zo Simcha, mais Ora zo Torah. La lumière, c'est la Torah. On enlève donc le premier Simcha, puis: Simcha ze yom tov. La joie, c'est ce qu'on appelle Yom Tov. Yom Tov, c'est la joie.
Troisième degré: Sasson ze mila. Le degré Sasson qui est dit dans la Megillah, c'est la mila.
Le quatrième degré, Yakar, qui se traduit par « quelque chose de cher », ellou tefilin. Ce sont les tefilin.
Alors, en réalité, qu'est-ce qui se passe dans ce verset ? Les Hachamim, dans la Guemara, ont pris ce verset et l'ont séparé en quatre degrés: Ora, Simcha, Sasson et Yakar. Ils ont pris chaque degré et ne l'ont pas laissé dans son sens simple: ils lui ont rattaché quelque chose qui correspond à ce que la Megillah est en train de nous dire.
On va essayer de développer cela. Il me semble qu'on peut expliquer cette parole de la Guemara, concernant ce verset de la Megillat Esther, de la manière suivante.
Lorsque nous avons vaincu la guerre, lorsque nous avons gagné cette guerre contre Amalek, contre Haman, qui est issu de la source même d'Amalek, Israël est monté à une prise de conscience tellement claire, tellement évidente, à tel point qu'ils ont pu comprendre l'essence même de ces quatre termes que la Megillah est en train de nous dire.
Cela veut dire que la Megillah nous donne un verset apparemment simple, qui pourrait se traduire ainsi: les Yehoudim, les Juifs de cette époque, étaient remplis de lumière, de joie, d'allégresse et de chérissement.
Chérissement, cherté, quelque chose qui est au niveau du sens important. Précieux. Ce premier degré, cette traduction que je viens de donner, suffit apparemment. Pourquoi les Hachamim viennent-ils sur cette parole de la Megillah nous donner une explication de chaque terme ?
Eh bien, les Hachamim ont compris quelque chose de beaucoup plus profond que ce premier verset seul. Ils nous disent: ces quatre degrés, la lumière, la joie, l'allégresse et le degré précieux, il faut comprendre ce qu'ils signifient. Pourquoi quatre termes pour définir ce qui s'est passé à cette époque ? Qu'est-ce que ces termes viennent nous apporter de nouveau, qu'on n'aurait pas compris dans ce verset ? Pourquoi ce verset ne suffit-il pas ?
Les Hachamim nous disent dans cette Guemara que les enfants d'Israël de cette époque sont arrivés à un niveau de compréhension tel qu'ils ont compris qu'il n'y a pas d'autre lumière que la Torah. Autrement dit, puisque les Hachamim nous ont dit que la lumière, c'est la Torah, cela veut dire: c'est rien d'autre.
Tu veux avoir de la lumière dans ta vie ? Tu dois avoir de la Torah dans ta vie. Si tu n'as pas de Torah dans ta vie, aucune notion de lumière ne peut t'atteindre. Tu es dans le noir. Tu es dans le doute. Tu es dans l'exil.
Et alors, quelle est la nouveauté ? La nouveauté, ce n'est pas que grâce à la Torah j'obtiens la lumière. Ça, c'est facile à comprendre. Ce que les enfants d'Israël de cette époque ont atteint, c'est que la Torah elle-même est la lumière. Que la lumière elle-même, c'est la Torah.
Ce ne sont pas deux notions qu'il faudrait adopter pour les rassembler, les marier. Non. C'est une seule et même chose. Il n'y a pas de Torah sans lumière, parce qu'il n'y a pas de lumière sans Torah. Il ne s'agit pas de deux degrés différents: d'un côté la Torah, de l'autre la lumière, et on a trouvé une ressemblance entre eux. Non. A tel point que nous devrions associer, rassembler ces deux notions. Non.
Les enfants d'Israël de cette époque sont arrivés à un stade supérieur: ils ont assimilé qu'il y a en réalité une unité dans ces deux degrés. Ce sont deux facettes d'un seul diamant, deux rayons d'un seul soleil. Il s'agit d'une seule et même chose.
Il n'y a rien d'aussi lumineux dans ce monde que la Torah. Il n'y a rien d'autre que la Torah dans ce monde qui soit lumière. Torah égale lumière, lumière égale Torah.
Qu'est-ce que cela vient nous apprendre ? Pourquoi les Hachamim nous disent-ils que la Torah, c'est la lumière, et pas seulement que la Torah est la lumière, qu'il faut les rassembler ? Cela veut dire tout simplement que la certitude dans notre vie ne peut pas venir de nous-mêmes. Elle est obligée de venir de l'Éternel lui-même. Car si elle vient de l'homme, elle est limitée à sa compréhension à lui. Personne d'entre nous ne peut en réalité comprendre les choses par lui-même, si ce n'est que c'est le divin qui est descendu vers ce monde.
Je veux dire par là que nos façons de comprendre les choses sont subjectives. La seule objectivité, la seule vérité, doit venir par la prophétie. Elle doit descendre du ciel. C'est le don de la Torah. Tant que tu n'as pas cette Torah qui est venue du ciel, qui n'est pas la tienne mais que tu reçois, c'est à cette seule condition que tu commences à comprendre et à voir la lumière dans ta vie.
Le monde sans Torah, c'est un monde sans lumière. Le monde, avant le don de la Torah, et je précise, avant sa réception, puisque nous avons reçu la Torah véritablement à Pourim, c'est un monde qui est encore dans le noir.
D'ailleurs, la Guemara, dans Sanhedrin, le précise: le monde, la création, est divisé en trois parties de deux mille ans. Le temps que Dieu a donné au monde, c'est six mille ans. Les deux premiers millénaires, où la Torah n'a pas encore été donnée, s'appellent dans la Guemara tohou, al pnei tohou. Cela veut dire que c'est un monde de tohou vavohou.
Qu'est-ce que le tohou vavohou ? Un manque d'ordre. Il n'y a pas d'organisation, parce qu'il n'y a pas de lumière.
Pendant la création du monde: Bereshit bara Elohim et hachamayim ve et haarets. Vehaarets haita tohou vavohou, vehoshekh al pnei tehom. Haita, pendant la bria, pendant la création, pas avant. La terre était tohou vavohou pendant la création, parce qu'il manquait encore la lumière.
Vayomer Elohim yehi or. Lorsque Dieu dit dans le livre de Bereshit que la lumière soit, on comprend maintenant ce que cela veut dire: que la Torah soit. Ce n'est pas encore le cas, puisque le …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Cours sur Pourim, la Meguila, Amalek et le dévoilement dans l'histoire.
- 8
Pourim, la Méguila d'Esther et la Providence cachéePourquoi Pourim ouvre une ère où Hachem se révèle dans la nature, et non plus par des miracles. - 9
Pourim, la force du temps et le combat contre AmalekLe rav montre que chaque fête porte une énergie présente depuis la création, et qu'Amalek veut nous détourner d'Erets Israël. - 10
Pourim, la force qui revient chaque année et Haman caché dans la TorahComment Haman puise sa force dans Amalek, et pourquoi Pourim réveille le messianisme d'Israël. - 11
Pourim, la force contraire et le dévoilement divinPourquoi chaque fête porte une force opposée, et comment Pourim révèle que Hachem dirige le bien comme le mal. - 12
Pourim : la lumière, la joie, le sasson et le précieuxComment les Sages dégagent quatre degrés du verset de la Méguila et pourquoi Torah et lumière ne font qu'un. - 13
Pourim : la sainteté qui descend jusque dans la matièrePourquoi Pourim cache la lumière divine dans le monde matériel, et ce qui distingue cette fête des autres. - 14
Pourim, les vêtements de l'âme et le serpent déguiséPourquoi la Megillah décrit-elle tant de vêtements, et que dit le serpent qui change de peau ? - 15
Pourim, Amalek et l'art de comprendre son ennemiPourim comme fête de réception de la lumière, Amalek comme sa klipa, et la mémoire active qui relie les moments de la vie. - 16
Pourim, le nez et la bouche : lire la Meguila au présentLe Rav relie Pourim au sens de l'odorat, au souffle et à la parole, et à la lecture de la Meguila au présent. - 17
Pourim, l'odorat et le secret de la GueoulaPourquoi la Guemara ordonne de boire à Pourim : l'odorat, sens resté intact, ouvre la voie du tikkun.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav