Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le bien des méchants et la techouva selon Orot

Pourquoi le bien d'un méchant renforce le mal, et ce que la techouva apporte à la vie.

43 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La morale naturelle et la pesanteur du péché, 44 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le bien et le mal dans le monde

Bonjour tout le monde. Puisque nous nous retrouvons, il n'y a pas de raison de ne pas continuer, alors on y va. Nous sommes dans Orot HaTechouva, dans le chapitre Yod-Alef, dans le paragraphe Vav, si je ne me trompe pas. Vous avez ici des passages qui relèvent parfois ouvertement, parfois secrètement, de fondements kabbalistiques. Là, c'est un point ouvertement affirmé, selon les fondements des secrets. Il s'agit ici de la doctrine kabbalistique: toutes les bonnes actions d'un méchant partent vers le lieu de la méchanceté et de l'impureté.

De quoi s'agit-il ? Vous savez qu'on peut présenter le monde comme l'affrontement entre deux grandes forces, le bien et le mal. Cette idée a d'ailleurs été reprise par le zoroastrisme, par exemple, qui a affirmé que le monde était la scène d'affrontement entre deux grands dieux, un dieu bon et un dieu mauvais, et que la rencontre entre ces deux grands dieux explique tout ce qui se passe dans le monde.

Dans la tradition juive, cette idée se retrouve un peu, mais avec une différence: c'est le même Dieu qui est à l'origine du bien et du mal. Cependant, le bien et le mal sont de grandes forces cosmiques. Ce n'est pas simplement quelque chose qui se produit dans le monde de l'homme, cela se passe dans le cosmos tout entier. Tout être, tout ce qui existe, est fait de deux grands systèmes, un système de bien et un système de mal.

Il va de soi que quand les tsadikim font du bien, cela renforce le bien, et quand les rechaïm font le mal, cela renforce le mal. Mais il y a encore un hidouch, une innovation: lorsque les rechaïm font du bien, ce bien renforce le mal.

C'est-à-dire que si vous avez quelqu'un d'extrêmement méchant qui fait une bonne action, cette bonne action, finalement, c'est malheureux à dire, mais c'est vrai, renforcera le mal. Et pourtant, on ne peut pas dire que Dieu ne tient pas compte de la bonne action du méchant, mais elle sera récompensée uniquement dans ce monde et pas dans l'autre. C'est pour cela que le texte continue en disant: bien que malgré tout, Dieu ne le prive pas de son salaire, et lui paye même dans ce monde le salaire d'une mitsva légère qu'il a faite. Mais tout cela appartient à la part, à l'héritage du mal.

La question de Michael est: le rachaa n'est-il pas défini par ses actions ? Bien sûr, on parle ici de majorité, c'est-à-dire de quelqu'un qui, à 95 %, est extrêmement méchant, même s'il fait de temps en temps quelques bonnes actions. Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer: est-ce qu'un tortionnaire nazi n'a pas parfois donné un bonbon à un enfant ? C'est tout à fait possible qu'il l'ait fait, parce qu'en tout homme, même les pires des hommes, il y a toujours quelques étincelles de bonté et de générosité qui se manifestent parfois, malgré toute l'horreur de la personne. Mais dans l'ensemble, cette personne est orientée vers le mal. Et donc, ce qu'une personne dont l'orientation fondamentale est le mal fait de bien va servir à renforcer le mal.

Mais si elle fait techouva, c'est autre chose. On ne parle pas ici de la techouva, on dit: avant de faire techouva. Kal vahomer a plus forte raison.

Donc, si ce que l'on dit est vrai, que la bonne action du méchant renforce le mal, alors à plus forte raison, on peut dire le contraire. On dit que les tsadikim souffrent dans ce monde parce qu'ils paient le prix pour les quelques petites avérot qu'ils ont réalisées dans ce monde, et ceux qui les entourent sont frémissants.

De quoi s'agit-il ? Vous savez qu'on dit que les tsadikim, ceux qui sont proches de Dieu, paient plus dur que les autres. C'est-à-dire qu'une infraction qui, pour un homme ordinaire, n'est qu'une petite incartade insignifiante, prend, quand elle est commise par un homme de très haut niveau, une tout autre dimension, et il paie très cher. Il peut parfois en payer de sa vie.

— Payer égale souffrir ?

Oui, parfois, évidemment. Il y a un grand principe: ce qui va vers le bien est toujours plus abondant que ce qui va vers le mal. Cela veut dire que si quelqu'un est un juste, même s'il a fait parfois une avéra, une transgression quelconque, finalement, cette avéra servira quand même au bien.

— Est-ce que le bon qui fait une mauvaise action nourrit le bien ?

C'est exactement ce que l'on vient de lire.

Et de là, nous pouvons déduire ce qui concerne les collectivités nationales, les peuples: que tout bien fait par une nation méchante existe. Il y a donc des nations méchantes, il y a des nations bonnes. Une nation méchante, il y en a, cela existe. Pensez tout simplement à la Corée du Nord.

Chez Kol Tova, chez l'Oumah Récha'a, toute bonne action faite par une nation méchante renforce le mal universel. Ici, un verset de Michlé: « La grâce des nations est en soi un péché. » Effectivement, il y a un texte dans le traité de Bava Metsia dans lequel on insiste beaucoup sur les bonnes actions faites par les empires scélérats. Par exemple, on parle de Nabuchodonosor, un empereur très méchant, qui a détruit le Temple de Jérusalem et qui était en vérité un assassin assoiffé de sang, et qui a fait quelques bonnes actions, d'ailleurs sur le conseil de Daniel, qui était son conseiller direct. Et la Guémara dit que ce n'était pas bien que Daniel ait donné le conseil de racheter ses fautes à Nabuchodonosor, parce que quand les nations font de la tsedaka, c'est uniquement pour prolonger leur domination.

Et c'est là qu'intervient le principe « Ḥesed leumim ḥataat »: la grâce faite, la générosité des nations, peut être un péché.

Pour Israël, qui est une nation juste et fidèle à ses engagements, « goy tsadik shomer emounim » — c'est autre chose. Israël est aimé de Dieu, qui tient compte du moindre petit détail, comme l'épaisseur d'un cheveu. C'est-à-dire que le fait d'être aimé par Dieu n'est pas toujours à notre avantage, parce que pour la moindre incartade on est gravement puni.

Et pour l'ensemble d'Israël, il est dit dans le prophète Amos: « Ce n'est que vous seuls que je connais de toutes les familles de la terre. C'est pourquoi je punis pour vous tous vos péchés. » Donc, le fait d'être Israël, d'être aimé par Dieu, d'être connu par Dieu, n'est pas toujours à notre avantage au niveau de la rétribution.

Cependant, malgré tout, un péché qui vient d'une source majoritairement bonne est le symptôme que, dans la profondeur, dans l'intériorité de la chose, c'est entièrement bon. C'est-à-dire que le fait que je sois porté majoritairement vers le bien signifie que dans mon être, je suis bien. Et c'est vrai également pour la nation d'Israël: cela cache, dans les profondeurs de son intériorité, une grande lumière et une grande rédemption.

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

Dans la même série

Étude suivie des Orot HaTechouva du Rav Kook.

  1. 18
    Techouva et Torah : deux efforts qui se complètent
    Le Rav Kook montre que la Techouva affaiblit la vitalité et que la joie de Souccot la restaure.
    43 min
  2. 19
    Le péché comme écran face à la connaissance selon le Rav Kook
    Comment la faute, morale ou non, obstrue la lumière de la connaissance et de la techouva.
    44 min
  3. 20
    Techouva, réflexion et création littéraire selon Orot
    Pourquoi la techouva précède toute pensée limpide, toute littérature et toute création, selon le Rav Kook.
    46 min
  4. 21
    La techouva, mouvement cosmique avant l'homme
    Le Rav Kook montre que le retour commence dans la chute de l'être fini vers sa source infinie, avant toute faute humaine.
    44 min
  5. 22
    Le bien des méchants et la techouva selon Orot
    Pourquoi le bien d'un méchant renforce le mal, et ce que la techouva apporte à la vie.
    En cours de lecture
  6. 23
    La morale naturelle et la pesanteur du péché
    Pourquoi la morale naturelle s'épuise sans la Torah, et comment la faute du public alourdit l'élan des justes.
    44 min
  7. 24
    Le passage Vav 1 et la morale universelle
    Le Rav Kook montre que la grandeur de la création n'exempte pas des petits détails de la vie juive.
    45 min
  8. 25
    Techouva et tentation : la Mishna du pécheur qui se dit « je ferai techouva
    Pourquoi la Mishna refuse d'aider celui qui pèche en comptant sur la techouva, et ce que le Rav Kook en tire.
    46 min
  9. 26
    Orot HaTechouva, partie 26
    Rav Kook montre comment une grande idée nationale descend dans des mains petites, et pourquoi la techouva purifie son attachement.
    42 min
  10. 27
    Techouva, moralité universelle et âme d'Israël selon le Rav Kook
    Comment le Rav Kook relie la réparation morale générale et les mitsvot à l'attachement au Clal Israël.
    45 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav