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Le divorce dans la Torah : l'alliance et le guet

Pourquoi la Torah lie le divorce au mariage, et pourquoi il faut d'abord tenter le Shlom Bayit.

9 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : Yitro, le premier converti et le don de la Torah, 5 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonsoir.

Dans nos émissions précédentes, avec d'autres rabbins, nous avons eu l'occasion de parler du mariage, de la ketouba et de tout ce qui tourne autour de l'engagement marital. Aujourd'hui, nous allons aborder en quelques minutes un sujet encore plus complexe, malheureusement celui du divorce, qui existe dans toute société. Selon la loi biblique, un couple marié n'est délivré du lien matrimonial qu'à travers la transmission d'un acte de divorce, qu'on appelle le guet, donné par le mari à l'épouse.

— Rav Ben Ishaï, où cela trouve-t-il sa source dans la Torah, dans le texte ?

Rav Ben Ishaï: Cet acte, l'acte de divorce, qui s'appelle le guet, s'appelle dans la Torah Sefer Keritout, c'est-à-dire un document qui coupe le lien entre le mari et la femme.

En réalité, la Torah met en rapport les deux processus: celui qui crée le lien entre un mari et une femme, du point de vue formel, ce sont les kidouchin, et celui qui arrête ce lien.

La Torah prend très au sérieux l'alliance contractée entre un mari et une femme. Cette alliance va au-delà de la simple volonté de vivre en commun. Il s'agit d'une brit, quelque chose de très fort, qui met en contact non seulement les personnes, mais leurs âmes. Et la Torah demande une fidélité absolue à cette alliance entre le mari et la femme. Cette fidélité apparaît au moment même où le mariage se fait, et elle doit accompagner la vie des conjoints jusqu'à la fin de leur vie, et même après.

Il y a un engagement physique, moral, spirituel, vis-à-vis de l'autre: le mari vis-à-vis de sa femme, la femme vis-à-vis de son mari. Annuler cet engagement, selon la Torah, est une démarche qui ne doit pas être facile. Très souvent, pour des raisons assez futiles, on a envie de penser que ce serait meilleur autrement. Et très souvent, on regrette, et on essaye de faire marche arrière.

C'est pour cela qu'avant d'arriver à cet acte qu'est le divorce, la Torah encourage et recherche quelque chose de très connu dans le peuple d'Israël, qui s'appelle Chalom Bayit, c'est-à-dire la capacité de renouveler la communication, de refaire naître l'engagement, de lui redonner vie.

Comme vous l'avez dit tout à l'heure, on est désolé de voir combien aujourd'hui les divorces sont fréquents. Ce n'est pas parce que les situations sont plus difficiles, c'est parce que le temps de réflexion et les efforts de récupération sont moins développés. Quand quelqu'un n'est pas content de quelque chose, il veut de l'immédiat, et il pense qu'en se séparant de son conjoint le plus rapidement possible, sa vie va devenir la meilleure possible. C'est une erreur. Très souvent, on voit des gens qui finalement restent seuls et qui n'arrivent plus à retrouver une vie commune.

Parce que si on a commis des erreurs et qu'on n'a pas pris le soin, dans le cadre du couple, de les réparer, il y a de fortes chances que nos défauts et nos erreurs, qui sont très souvent des erreurs de communication, de rapport vis-à-vis de l'autre, de connaissance de l'autre, nous accompagnent toute notre vie. La vie de couple est un laboratoire dans lequel chacun amène tout ce qu'il est, et on doit faire les expériences jusqu'au bout.

Il y a des cas où effectivement, ce n'est pas possible. Cela arrive parce que des gens se sont mariés pour de mauvaises raisons. Ils se sont connus très jeunes, et très souvent ils se sont mariés sans assumer les responsabilités. Le mariage est un engagement de responsabilités énorme, qui réclame beaucoup de l'homme. C'est un travail. Et beaucoup de gens, de nos jours, ne sont pas prêts à des efforts, parfois des efforts difficiles et importants. Ils veulent une vie plus facile. Alors, en divorçant, ils pensent que la vie sera plus facile.

Il est aussi question d'amour, et évidemment il est question d'amour. Finalement, le lien le plus fondamental qui existe entre un mari et une femme va au-delà de la nature. C'est pour cela qu'on hésite, et pour cela qu'on doit réfléchir longuement avant de défaire ce lien, ce nœud. Un homme et une femme qui se sont mariés sont arrivés, en réalité, à quelque chose qui dépasse la nature. Cela commence par quelque chose de naturel: par des sentiments, par le besoin de l'autre, par la volonté de ne pas rester seul, par des choses qui semblent extérieures à l'homme mais qui l'accompagnent.

Mais profondément, en tout cela se cache quelque chose de beaucoup plus essentiel. Ce que vous appelez l'amour, en hébreu, Ahava, a la même valeur numérique que le mot Echad, c'est-à-dire l'Un. Cet amour, c'est le sentiment qui arrive à faire de deux individus une seule et même unité, une entité où va se révéler quelque chose de divin, qui dépasse la nature.

Cela demande beaucoup de réflexion et beaucoup d'effort. Il faut y réfléchir. Le divorce, avec tout le processus qui l'accompagne, y compris le fait qu'il faut aller au beth din, qu'il faut donner les raisons du divorce, qu'il faut passer par un acte religieux très précis, très minutieux, qui ne peut se réaliser que par des spécialistes, des dayanim, qui vont le mettre au point, on peut se demander pourquoi ne pas faciliter tout cela. Parce que précisément, il y a ici un lien qu'il faut défaire et qui n'est pas du tout facile à défaire.

Quelqu'un m'a raconté qu'il travaillait au beth din et qu'il avait assisté à un divorce. Deux semaines après, il voit le couple qui avait divorcé revenir en pleurs. Il dit: « Mais qu'est-ce que vous êtes venus faire ? » Elle dit: « On a essayé deux semaines et on ne tient pas. On est venus se remarier. » Alors il vaut mieux y réfléchir avant, plutôt qu'après.

— Merci beaucoup pour ces explications. On va se retrouver dans un petit moment, dans la deuxième partie de l'émission sur le divorce. Il y a encore plein de questions à ce sujet. Merci de nous avoir suivis, évidemment. Vous êtes toujours invités à commenter et à réagir à nos vidéos. Merci.

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