Identité nationale et Torah dans Orot, chapitre 1
Comment la Torah complète les manques du monde et façonne l'identité morale du peuple d'Israël.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Torah nationale et révélation de la lumière cachée chez Rav Kook, 10 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
René Akrich: Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne du Machon Meir, dans cette nouvelle émission de Tête à Tête, avec mon ami, Bokertov, et moi-même, René Akrich. Continuons d'essayer d'entendre et de comprendre, à travers les écrits du Rav Kook, dans les Chmonè Kevatsim, ces huit recueils. Nous avons commencé avec les premiers alinéas, Aleph, Beth, et entamé tout juste un passage sur lequel j'aimerais revenir, Yoël. Si tu veux, je le relis et puis je t'écoute à ce propos. En tout cas, cette émission a pour but d'échanger entre nous à propos des sujets évoqués par le Rav Kook au début du XXe siècle et qui nous intéressent aujourd'hui, dans leur traduction contemporaine.
René Akrich: Avant que tu t'engages pour nous expliquer ce que nous venons de lire, j'ai l'impression qu'on nous explique ici quelle est la teneur de la Néchama d'Israël. Bien entendu, nous parlons de la Néchama d'Israël, qui n'est en fait ni plus ni moins que la Néchama de la Torah.
Rav Yoël: Car la Torah et Israël sont en réalité une seule et même entité. Le Rav nous explique que ce que la Torah contient, même dans son aspect écrit, cache un dialogue entre l'infini et ce monde, à travers le prisme de ce peuple d'Israël. En réalité, l'Éternel lui-même, qui a créé le monde, nous donne aussi la clé pour compléter tous les manques de l'univers dans lequel nous vivons. Tout ce que nous avons en moins — un manque de santé, un manque de bonheur, un manque de lumière, un manque de savoir, un manque de certitude — tout cela est normalement complété par la teneur de la Torah.
À ce sujet, il mêle bien évidemment Bichla'a outa'ah et la Torah ketouva ve-amesora, c'est-à-dire la Torah écrite et la Torah orale. Yisra[ël] gutea l'anafea: tout ce qui la compose, les particules qui viennent s'agréger, se relier, afin de donner une vue d'ensemble, une perspective. Dans cette perspective, il essaie de nous faire entendre ce que le fond — je dirais presque non pas mystérieux, mais secret — recèle. Et lorsqu'il nous dit que cela est l'aspiration de la nation, il ajoute ensuite un descriptif complet de l'étude de la Torah.
— En fin de compte, cela va bien au-delà du simple entendement de ce que j'avais l'impression d'avoir entendu et compris lorsque j'étais plus jeune, et avec lequel je ne suis plus d'accord aujourd'hui. En tout cas, on avait l'impression que le seul recueillement sur le texte nous permettait d'accomplir ce qu'on nous demandait. Il y avait un recueillement, qui permettait de faire entendre la floraison possible, la fructification possible, que je vois dans le descriptif.
Rav Yoël: Alors, mon cher René, le Rav Kook, dans sa nouveauté, vient nous offrir une Torah profonde, une Torah liée au sens secret, à la Kabbale. Il vient nous dire que la nation devra, à un moment donné, prendre un nouveau chemin dans son étude. Un chemin beaucoup plus élevé, qui donnera en réalité accès à ce que la Torah a à offrir au monde, et notamment, essentiellement, de savoir où se trouvent le bien et le mal. Il dit quelque chose de très explicite ici: la compréhension, l'entendement le plus large qui soit, est lié à tout ce descriptif qu'il écrit et qu'il nous transmet.
— Comme tu dis très bien, toucher à la profondeur de la Torah, ce n'est pas éliminer l'ensemble des éléments constitutifs de l'existence humaine, d'où la Torah doit bien entendu faire émaner le sens de cette identité morale que l'Éternel veut transmettre à l'homme. Dans ce descriptif, il y a une volonté de dire que lorsque j'étudie la Torah, je suis ouvert à toutes les sciences. C'est en fait une explication nouvelle, un nouveau regard sur la vie. Car la Torah n'est pas un texte. La Torah, c'est la vie, et elle traite de la vie dans sa globalité.
Quand on étudie le sens profond, on n'élimine pas le premier sens, bien au contraire. Le premier sens, le sens de la lecture première, vient simplement s'élargir et ouvrir une fenêtre sur autre chose, sur quelque chose de beaucoup plus large, qui ouvre l'esprit de l'homme à des mondes qui jusque-là étaient cachés, qui n'étaient pas révélés à son niveau, mais qui doivent pouvoir être compris par lui, au sens où il est capable de les réaliser concrètement.
— Tout à fait. De les mettre à jour. Ça, ce sera la prochaine étape, c'est-à-dire le chapitre 4, où en réalité on va passer...
— Permets-moi juste de finir le chapitre 3.
— Oui, bien sûr. On a oublié quelques phrases, on va y revenir. Tout simplement, toutes ces valeurs, nous devons en fait les vivre, et non plus seulement les étudier.
— Cet entendement, cette connaissance, cette conscience, cette prise de conscience de la Torah — c'est-à-dire du sens obvie de la Torah — plus elle se révèle, plus elle se dévoile dans la nation. Autrement dit, plus la Torah se révèle pleinement et totalement au sein de l'existence humaine, plus l'âme de cette existence humaine, aussi proche soit-elle de l'homme — et là il termine cet alinéa 3 — lui permet de s'élever, de s'embellir d'une certaine manière.
— Ce qu'il vient de dire ici est extraordinairement essentiel, parce qu'en réalité, d'abord, il nous dit que la Torah s'occupe de tous les sujets de la vie. Et plus cette Torah sera comprise et assimilée par la nation, plus les valeurs de l'âme, qui sont en réalité l'essence, s'installeront dans cette nation. Cela veut dire qu'on vivra un jour pleinement l'âme secrète qui était cachée durant des millénaires.
En étudiant cette dont parle le Rav Kook, nous sommes à même de mieux nous découvrir. Pas seulement de découvrir, mais de guérir le monde de sa dépression. Car le monde a été créé manquant, il a été créé avec un vide. Et lorsque ce vide se complétera par cette étude, l'étude se transformera en acte. L'association de l'étude avec le vécu de cette étude remplira tous les manques de l'univers.
Avec des mots simples, que je voudrais utiliser contrairement à ce que je fais d'habitude: plus je serai capable d'être moi, plus je serai à même d'être en meilleure santé. Pas seulement physique: ma santé morale, spirituelle, identitaire est à même de générer une santé physique améliorée. Et là, on ne parle pas de la santé physique de l'individu seulement, on parle de la santé physique de la nation. Pourquoi ? Parce que ce sont les valeurs divines qui soignent ce monde. Et tant que ces valeurs divines ne sont pas révélées dans ce monde, ce monde manque de sa véritable structure.
— Dans l'alinéa 4, que nous allons commencer, si la Torah relève d'une transcendance, bien entendu divine, elle n'a pour volonté que sa pleine réalisation dans l'immanence existentielle.
— Cela veut dire que grâce à cette étude profonde, qui descend jusqu'à devenir une manière de vivre, la Torah n'est plus seulement une étude, mais une étude vécue, une pensée vécue. Et cette pensée vécue va remplir le monde, …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Orot, Chemonè Kevatsim et la pensée du Rav Kook : identité nationale, âme et cosmos.
- 1
Identité nationale et Torah dans Orot, chapitre 1Comment la Torah complète les manques du monde et façonne l'identité morale du peuple d'Israël. - 2
Torah nationale et révélation de la lumière cachée chez Rav KookComment la Torah, d'idéal, devient réalité nationale et répare l'équilibre du monde, selon les Orot. - 3
Du tout au détail : le lien de l'âme chez le Rav KookLe premier cahier des Shmonek Vatzim : chaque vie n'est qu'un canal du flux de l'âme nationale. - 4
Une échelle entre ciel et terre selon le Rav KookLe chapitre 9 des Orot HaKodech : pourquoi la peur freine l'étude de la Torah d'Erets Israël et des secrets de la Torah. - 5
Orot : les trois forces de la nation, Kodesh, Uma, EnoshihutLe Rav Kook y montre comment religion, état-nation et humanisme doivent se compléter dans la vie du peuple revenu sur sa terre. - 6
Le Rav Kook et la place de l'homme dans le cosmosComment l'esprit relie l'homme au processus d'amélioration du monde, à travers la volonté et le choix.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav