L'éducation qui vient de l'enfant, et non du parent
Pourquoi il faut éduquer par la parole douce, le retrait et le regard positif, en réveillant l'enfant à sa racine intérieure.
Machon Meir
Ensuite : Témoignage d'un élève du Makhon Meir, 2 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom 'Ouvracha. Aujourd'hui, nous allons continuer à parler de l'éducation, de l'éducation dans le lien avec le judaïsme, et de la manière dont cette éducation peut être judaïsée, c'est-à-dire intériorisée. Nous allons parler d'un principe appelé, en hébreu, hinouh nov'a, l'éducation qui vient de l'enfant, et non de l'éducation qui vient du parent. Le principe de l'éducation n'est pas un principe de dressage, mais de réveil de l'enfant à sa véritable voix, qui se cache à l'intérieur.
Il faut donc agir sans crier, sans imposer, parce que tout ce que l'on fait en criant et en imposant vient davantage de l'extérieur, et crée moins chez l'enfant des principes intérieurs. Par exemple, si je parle doucement, si je parle de façon que l'enfant me comprenne et fasse lui-même ce qu'on lui demande, je vais réussir à faire deux choses. D'abord, il va faire la chose: il va aider à dresser la table. Mais en plus, il va intérioriser le principe qu'il est bien d'aider papa et maman. Ce que je vais lui dire, par exemple en lui posant une question – « qu'est-ce que tu penses de nous aider maintenant à mettre la table ? » – est beaucoup mieux que de lui dire « dresse la table tout de suite, c'est moi qui te demande, fais ce que je te dis ». Parce que ce que je dis de l'extérieur reste une parole extérieure.
Au mieux, il fera ce qu'on lui dit, mais il n'intériorisera pas l'idée qu'il est bien d'aider papa et maman. Il faut donc essayer de lui dire les choses de façon à ce qu'il puisse les intérioriser, qu'il puisse vivre de l'intérieur ce que l'on voulait lui transmettre.
Le verset dit: « … » Ce verset comprend deux formes. Que tu as senti la possibilité de demander le visage d'Hachem. C'est-à-dire qu'il se passe en toi quelque chose qui crée quelque chose en haut. Je vais donc me permettre de ne pas être en maîtrise de la réalité, et de conduire, comme un berger qui organise son troupeau dans une certaine direction, mais pas de façon dure, pas en s'opposant au troupeau. Il le conduit en créant une dynamique qui fait que le troupeau va dans sa direction. Cette capacité, c'est celle que l'on a en tant que parent: ne pas avoir peur de mourir, ne pas avoir peur de perdre le contrôle, ne pas avoir peur de ne pas être ce que tu aurais voulu être, ne pas avoir peur que, si tu ne fais pas la chose que tu veux faire avec ton enfant, tu ne sois pas un parent positif.
L'enfant, comme on le sait, c'est lui qui va t'apprendre à être parent. Dans une famille, il y a parfois plusieurs enfants, et chaque enfant a sa personnalité. Chaque enfant va te donner un mode de fonctionnement. La question qui suit est: comment faire quand il y a six, sept enfants et que chacun a sa propre façon de fonctionner ? On va comprendre quelque chose de très important: ce qui va me permettre d'agir avec tous ces enfants, de façon que chacun reçoive ce qui lui convient, c'est ce que j'exprime par mon corps. C'est ce que j'exprime parce que je représente quelque chose pour l'enfant. Je peux arriver avec une pose de parent et dire à l'enfant: « Tu ne m'as pas donné un bisou aujourd'hui ? » Je peux arriver avec une pose de parent qui va résonner chez l'enfant comme une parole de rapprochement.
C'est un peu ce que l'on apprend en respectant l'autre. Qu'est-ce que cela veut dire, respecter l'autre, respecter l'enfant ? Je dois éduquer cet enfant, je dois l'amener à une certaine compréhension des choses. Alors qu'est-ce que cela veut dire le respecter ? Le Rav Kouk, le Rav Avraham Its'hak Kouk, a un article très intéressant, où il parle de nég'ativation des influences étrangères. Tout ce qui entre dans la néchama, dans l'âme, par une autre âme, même si cela le fait avancer …
…parce qu'il peut apprendre quelque chose de l'autre, ou bien avoir un pressentiment qui l'aide parfois. De la même manière que je viens aider mon enfant, je viens aussi l'abîmer, le blesser, en venant mettre mon étrangeté dans l'intériorité de l'enfant. Ma démarche de parent consiste donc à savoir me mettre en retrait, à savoir me restreindre. Comme vous vous en souvenez, à la création de tous les mondes, il y avait au départ une lumière infinie, et Hachem a fait une restriction, un tsimtsoum. Les scientifiques ont appelé cela plus tard le « big bang », mais les kabbalistes avaient déjà décrit ce principe de tsimtsoum, de retrait de la lumière. Le monde, en hébreu olam, vient du mot he'elim: il a caché sa lumière, he'elim et ora. Il a caché sa lumière, et donc il a fait sortir cette lumière dans cet espace que l'on appelle le monde.
On comprend donc que, comme Hachem a restreint sa propre personnalité, sa propre présence, nous apprenons à créer des mondes chez l'enfant en restreignant notre présence, en donnant à l'enfant, sans arrêt, l'impression que c'est lui qui décide. Cette étape du hinouh nov'a est très importante, par exemple à deux ou trois ans, quand l'enfant commence à dire « je ne veux pas, je refuse ». Le parent se retrouve alors face à la même position: dire « c'est moi qui décide, fais ce que je te dis », parce qu'il n'a pas le temps, pas la patience. Mais il faut comprendre que cette étape est essentielle à ce qui sera considéré, chez l'enfant, comme sa force de volonté. Quelle est ma capacité de faire un pas en arrière, d'être en maîtrise ?
L'enfant dit: « Je veux mettre mon pyjama tout seul. » Et toi, tu vas lui dire: « C'est bien, fais-le par toi-même. » Il va mettre le pantalon en haut et la chemise en bas. « C'est extraordinaire ce que tu as fait, tu es très grand. » Tout l'inverse: tu vas rire avec lui, glisser avec lui, te conformer à lui. Cette capacité de se mettre à la hauteur de l'enfant, d'être avec lui, c'est la même capacité qui lui apprend à se réveiller à sa propre volonté.
On va le comprendre quand on saura qu'il n'y a qu'une seule possibilité dans l'éducation: juger notre enfant par le mérite, par ses bons côtés. Je peux vous dire que c'est comme ça chez moi, peut-être que c'est aussi comme ça chez vous. Quand on dit quelque chose de mal à un enfant, cela n'aide pas. Cela ne le fait pas grandir, et cela ne fait pas en sorte que la prochaine fois il ne fera pas la même chose. La seule force que l'on a, c'est de pouvoir concentrer notre regard sur les bons côtés de son comportement, sur ses bons côtés intérieurs. Il a un bon avocat, cet enfant-là: c'est papa et maman. C'est la force qui va le faire, qui va le propulser dans la vie. C'est la seule force, on peut dire, …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
128 cours, en direct du Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Histoire d'Israël, Identité juive.
- 13
Nation ET Religion - 14
La Shoah, le langage et le sens du mondePourquoi la Shoah ne doit pas être mise sur le même plan que les autres conflits, et ce qu'elle a changé pour l'État d'Israël. - 15
Le sage d'Israël et le sage des nations ! - 16
Pourquoi fait on la Bar Mitsva à 13 ans - 17
L'éducation qui vient de l'enfant, et non du parentPourquoi il faut éduquer par la parole douce, le retrait et le regard positif, en réveillant l'enfant à sa racine intérieure. - 18
Témoignage d'un élève du Makhon MeirUn ancien élève raconte pourquoi il a choisi la yechiva et ce qu'elle lui a apporté. - 19
La bénédiction devant un roi, des nations à IsraëlPourquoi la Torah prescrit de bénir la vue d'un roi, et ce que la rencontre du pouvoir politique révèle de la Providence. - 20
Yom HaKippurim au pluriel : le double pardonPourquoi le jour est nommé au pluriel : réconcilier l'intérieur et l'extérieur, puis réparer le lien avec autrui. - 21
http www.french.machonmeir.net - 22
29 Novembre 1947🇮🇱 L’ONU vote pour le plan de partage de la Palestine.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav