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Yom HaKippurim au pluriel : le double pardon

Pourquoi le jour est nommé au pluriel : réconcilier l'intérieur et l'extérieur, puis réparer le lien avec autrui.

11 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : http www.french.machonmeir.net, 1 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver depuis Jérusalem sur la chaîne de Machon Meir, cette émission que je considère comme éloquente, en tête à tête avec mon ami Aravio Elbenaroch. Shalom, Bokertov. Nous allons discuter aujourd'hui, comme à notre habitude, échanger, quelquefois de manière sereine, ou comme la dernière fois, de manière un peu plus impulsive, d'un sujet qui s'approche lui aussi rapidement.

Yom HaKippourim. Eh oui, je n'ai pas dit Kippour, j'ai dit Yom HaKippourim. Dis-moi, Chaïm, Panim, Kippourim, quel est le sens, je dirais presque volontariste, de l'écriture thoranique, de nous faire entendre le pluriel de ces terminologies-là ?

— Mon cher ami, tu as bien fait de préciser. Il n'est mentionné nulle part dans la Torah le terme que, malheureusement, tout le monde dit, Kippour. Il est toujours dit, absolument toujours, Yom HaKippourim, au pluriel. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous devons ce jour-là associer deux niveaux de notre être: le niveau intérieur, essentiel, idéologique, et le niveau réalisé, le niveau d'en bas, le niveau visible à l'œil.

Et tant que les deux mondes ne sont pas fidèles l'un à l'autre, tant que tu n'es pas à l'extérieur ce que tu es à l'intérieur, tant que tu n'es pas fidèle à ton propre modèle divin, il n'y a pas de pardon.

— Dis-moi, si je réagissais en te disant, et peut-être y trouveras-tu un parallèle d'ailleurs, que dans le pluriel de Kippourim, tu viens de le dire, il y a un double entendement. Moi, je dirais qu'il y a un double rachat. Dans le français plébéien, on dirait un double pardon. Est-ce que ça pourrait s'accorder avec cette idée que je vais émettre, à savoir que Yom HaKippourim nous précise la relation de rachat essentielle qu'il y a entre l'homme et l'Éternel, mais par ailleurs, et qui plus est, entre l'homme et son prochain ? Est-ce qu'il y aurait quelque chose que nous pourrions mettre en parallèle avec ce que tu as toi-même exprimé précédemment ?

— Bien entendu, puisque l'essentiel même de cette journée, de Yom HaKippourim donc, c'est d'abord de se voir face à autrui, avant même de s'adresser à ce que nous avons fait face à l'absolu, à l'Éternel. Cela veut dire que les fautes commises entre l'homme et son prochain, on ne peut rien y faire en priant. Ce n'est pas parce que tu viens prier ce jour, toute la journée, et lire ce pavé énorme, que tu es pardonné des fautes commises envers ton prochain.

— Qu'est-ce qui est le plus intérieur, ou le plus extérieur, alors, par rapport à ce que tu as cité précédemment ?

— C'est exactement cela. En réalité, pour atteindre Dieu, entre guillemets, dans ta vie, plus exactement, je voudrais préciser ma pensée: pour que Dieu puisse pénétrer et se diffuser à travers l'être que tu es, tu dois d'abord corriger l'être vis-à-vis de l'être.

— Je te trouve très maharalien, le Maharal de Prague, Rabbi Yehuda Loew, XVIIe siècle, où il y a cette volonté de nous dire « Aou vel Abriyot, Aou vel Hachem ».

— Tout à fait. Et « Ohev et Hachem, ohev et Abriyot ». Donc, tant que tu n'es pas aimé, entre guillemets, en bas, comment veux-tu que l'absolu te traverse ? Je te rappelle un verset que tout le monde cite, mais que l'on s'arrête malheureusement encore une fois avant de terminer.

— Terminé.

— Non. Lorsque tu aimes ton prochain comme toi-même, alors seulement: « Je suis l'Éternel. »

C'est-à-dire que dans la journée de Yom HaKippourim, où il y a ces doubles dimensions, celles que tu as précisées et celles que j'ai présentées, il doit y avoir à l'esprit de chacun quelque chose de gravé, à la limite: il y a une impossibilité totale, s'il n'y a pas de notre part un respect, une reconnaissance et une acceptation de la création comme de la créature, de pouvoir, tant soit peu, être, comment dire, une voix entendue auprès de l'Éternel.

— Je dirais très simplement que l'Éternel ne se diffuse dans notre monde qu'à travers les êtres que nous sommes. C'est ce qui nous différencie: moi je suis compliqué, toi tu es simple, c'est pour ça que tout est... Et si, malheureusement, les êtres que nous sommes ne forment pas, ne tissent pas un tissu social sain, eh bien l'éternité ne peut pas traverser ce tissu. Et c'est la raison pour laquelle, toute la journée de ce Yom HaKippourim, certains pourraient dire de manière redondante, mais c'est surtout récurrent pendant toute la journée, on récite les treize attributs de l'Éternel.

— Tout à fait, du début à la fin. Lorsque nous parlons des attributs de l'Éternel, qui rejoignent totalement ce que nous avons dit, que les choses soient claires: les treize attributs veulent, du fait de leur récurrence, nous faire entendre quelque chose de très fort. Bien tout simplement, imiter ces attributs divins et les appliquer dans notre vie.

— Et c'est pour ça que les sages nous disent: comment peux-tu te rapprocher de Dieu ? Eh bien tout simplement, vis selon ces critères de Dieu. S'il est rahoum, s'il est miséricordieux, toi aussi deviens quelqu'un de bon. S'il est rahoum, s'il pardonne, toi aussi sache pardonner.

— En disant imiter, tu m'as tout de suite interpellé, parce que c'est incroyable comment la chrétienté s'est servie de cette notion d'attribut. On appelle ça l'imitatio Dei, c'est-à-dire vraiment essayer d'imiter Dieu. Or, moi, le mot imiter me dérangeait toujours un peu, mais je dirais plutôt: pouvoir être.

Parce qu'en fin de compte, la question qui s'est posée chez le Rambam, dans le Moré Nevoukhim, et chez nombre de nos sages philosophes, c'est la connaissance de Dieu. Or, en ce jour qui est Chabbat, Chabbaton, Yom HaKippourim, où il y a une rencontre dialogale, en fin de compte, entre l'Éternel et les enfants d'Israël, il y a chez nous un ressenti qui est d'être, du fait du jeûne, du fait des vêtements que l'on porte, au plus près, dans l'année, de celui avec qui nous discutons.

Et donc je dirais que dans cette quête de savoir qui est l'Éternel, l'Éternel a répondu, parce qu'en fin de compte les treize attributs viennent de cette première rencontre dialogale de Moché avec l'Éternel, où Moché demande à voir l'Éternel. Et l'Éternel lui dit: on ne peut me voir et vivre. Mais par contre, ce que l'on peut voir, c'est incroyable.

Parce que la réponse de l'Éternel, ce que l'on peut voir, les treize attributs, va nous servir dans la reconnaissance subjective de l'autre. Nous sommes amis depuis des années, nous nous connaissons, et nous nous reconnaissons l'un vis-à-vis de l'autre qu'à travers nos attributs. En fin de compte, ce que tu as expliqué, c'est d'être véritablement l'attribut que l'Éternel nous attribue, pour toucher un tant soit peu à quelque chose de ce divin qui est inabordable, bien entendu.

Mais donc là, la résolution se fait ici et maintenant, dans l'immanence du temps. C'est la prise de conscience que nous sommes, encore une fois, une nation, et non pas des individus séparés qui appliquent la Torah et les …

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